Clins d’œil et petites piques du dimanche 30 juillet 2017


Dans ce billet dominical, il sera d’abord question, exemple de la maternité à l’appui, du rapport compliqué que Jean Lassalle, notre député, entretient avec le temps. Nous partirons ensuite à la (re)découverte d’un chef d’œuvre en péril. Puis nous relèverons un problème de signalisation avant de nous lancer dans un « combien ça coûte » concernant le magazine municipal. Et nous conclurons, comme de coutume, en rappelant les articles publiés cette semaine sur Retr’Oloron.

Jean Lassalle, un député qui se hâte lentement

Le 10 juillet, la directrice du centre hospitalier annonce la transformation de la maternité d’Oloron en centre périnatal. Dès le lendemain 11 juillet, le maire d’Oloron et un responsable du Collectif santé vont plaider la cause de cette maternité auprès du directeur de l’agence régionale de santé. En l’absence du député Jean Lassalle, retenu à Paris. Le 12 juillet, le directeur de l’ARS publie un communiqué faisant connaître officiellement sa position. Tout s’est donc enchaîné à ce niveau-là à la vitesse grand V. Parce que la situation le justifiait.

Il va pourtant falloir attendre deux semaines pour que notre député se décide à saisir la ministre de la Santé. C’est en effet du 26 juillet qu’est datée cette missive, si j’en crois la République. On savait depuis longtemps que Jean Lassalle n’avait pas la même notion du temps que le commun des mortels. Ici, il fait quand même très fort. J’y vois deux explications : soit il est trop accaparé par ses fonctions d’animateur et d’agent d’ambiance au sein de l’Assemblée nationale pour accorder aux affaires de sa circonscription toute la place qu’elles méritent dans son agenda. Soit il a voulu peser à la balance électronique le moindre des mots de sa lettre à la ministre.

Quant au contenu de son message, au moins celui qui nous est révélé par la presse, il laisse songeur :

  • Mettre en cause la directrice de l’hôpital est un peu facile car Jean Lassalle sait aussi bien que tout le monde que les prises de position de Madame Friot sur un sujet aussi sensible ont dû, avant d’être annoncées, être validées par ses supérieurs.
  • Quand il affirme que des femmes seraient mises par cette décision à 2 heures et demi de la maternité la plus proche, notre Béarnais joue un peu les Marseillais : Mappy compte 1 heure et demie de route entre Urdos et Pau.
  • Enfin, lorsqu’il sollicite un rendez-vous avec la ministre « courant septembre », il montre encore sa relation au temps. Soit il croit à l’urgence du dossier et il « exige » (pourquoi pas tant qu’il y est ?) a être reçu dans les tout prochains jours, soit il est dans l’esbroufe et fait simplement mine de s’agiter histoire de montrer qu’il s’occupe du dossier… alors qu’il n’y croit plus une seconde.

Le pigeonnier du château de Légugnon : un chef d’œuvre en péril

Il faut déjà avoir quelques années derrière soi pour garder le souvenir de « Chefs d’œuvre en péril ». C’était le titre d’une émission de télévision qui connut un grand succès entre les années 1962 et 1975. L’émission visait à encourager, à travers des exemples concrets, la sauvegarde du patrimoine architectural français. Si elle existait encore aujourd’hui, il y a sans doute à Oloron un des éléments du patrimoine oloronais qui mériterait de figurer à son sommaire : le pigeonnier du château de Légugnon.

Jpeg
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Cet ouvrage fait partie du château, une ancienne abbaye laïque des XVIe ou XVIIe siècle. Comme en témoignent les meurtrières de sa façade, le pigeonnier était à l’origine une tour de défense. En 1993, il a été classé monument historique, tout comme les façades et toiture du corps de logis ou la chapelle. Jean-Pierre Boussary, quia pris une large part dans la sauvegarde de la chapelle, vient de me faire parvenir cette photo prise il y a quelques jours. Elle montre bien l’état actuel du pigeonnier, propriété de la commune.

Il semble qu’une somme de 15 000 € permettrait déjà de préserver l’édifice. Même si certains jugeront le rapprochement discutable, je ne peux m’empêcher de le faire : 15 000 €, c’est le coût d’un concert d’été au Jardin public. Un concert qui laissera peut-être des traces ineffaçables dans la mémoire des spectateurs qui y auront assisté. Mais des traces qui ne dureront pas des siècles… Alors qu’il s’agit ici d’entreprendre des travaux pour permettre à ce pigeonnier de durer encore des siècles. De quel droit en effet priverions-nous les générations futures de ce qui appartient au bien commun ?

Une signalétique toc

J’ai reçu vendredi ce message d’un lecteur du blog : « Ce matin, passant devant le Lycée

Barriérage
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du IV septembre, j’ai été un peu surpris de constater que les travaux empiètent sur la chaussée, protégés par des barrières, mais sans aucune signalisation. Les artisans sont souvent ennuyés par des règles de sécurités drastiques, alors qu’ils paient pour certaines rues, mais là que fait la police municipale ou bien la gendarmerie ?… ».

Le reporter-photographe d’Oloronblog a été dépêché sur les lieux (cf cliché). Il a constaté que le barrièrage, à l’évidence nécessaire, empiète bien sur la moitié du côté droit de la chaussée et n’est précédé d’aucune pré-signalisation, comme le voudrait la règle. À qui incomberait la responsabilité si un malheureux cycliste, motard ou automobiliste avait la fâcheuse idée d’aller s’emplafonner les barrières ? Mais pourquoi toujours penser au pire ? Il n’arrivera rien bien sûr d’ici lundi. Ce n’est pas une raison…

Un numéro d’Inf’Oloron, combien ça coûte ?

J’ignore de combien d’agents est fort le service communication de la ville. Mais une chose est sûre : ils sont bien plus nombreux que ceux de la police municipale. Loin de moi cependant l’intention d’insinuer pour autant que la célébration du maire et des hauts faits de la municipalité (c’est souvent la même chose)  est plus importante aux yeux de notre premier magistrat que la tranquillité et la sécurité des Oloronais.

Si je ne connais pas le nombre d’agents, je sais en revanche que coût de la communication municipale, si l’on cumule tout, dépasse allègrement les 100 000 €. Un seul exemple de dépense pour aujourd’hui : le tirage de l’Inf’Oloron n°4 au nombre de 7 000 exemplaires a été facturé 3 216 € à la commune. À cette somme, il convient de rajouter de nombreux coûts annexes : le salaire des fonctionnaires du service affecté à la confection du magazine, la recherche d’articles, de photos, d’illustrations, leur rédaction, la mise en page du magazine. Et après l’impression, il faut payer la distribution. Concernant ce dernier poste, il faut savoir que la distribution de 5 250 documents dans toutes les boîtes aux lettres de la commune (y compris celles estampillées « stop pub ») en distribution exclusive ou solo a été facturée 1 156,80 €.

Le coût d’un seul numéro d’Inf’Oloron revient donc au bas mot à 6 000 €. Sachant qu’il y a eu 5 numéros au cours de l’année 2016… je vous laisse faire le calcul.

Cette semaine, dans Retr’Oloron

Deux nouveaux articles rédigés à partir des articles de presse de l’époque :

  • le premier évoque Ketty Lapeyrette, cette Oloronaise au caractère bien trempé, artiste lyrique, qui fit toute sa carrière à l’Opéra de Paris
  • le second revient sur un fait divers survenu en 1941, en pleine guerre : l’effondrement de l’escalier de la mairie, un accident qui a fait de nombreuses victimes

13 commentaires sur « Clins d’œil et petites piques du dimanche 30 juillet 2017 »

  1. Quoi qu’il en soit de lassalle et lucky où est le front pour maintenir la maternité? Estce qu’uthurry, gaillat, barbet, costes, berdou et gaston au lieu de facebooker des histoired ss importance ne pourrait pas sortir du bois en place d’attendre les elections suivantes….. Et dire ce qu’ils en pensent!!!!! Alors qu’ils auraient du s’en occuper deja avant 2014!!!

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  2. Pour ce qui est du pigeonnier, si il y a un chantier de jeunesse ( « jeunesse » me concernant 🙂 ) pour le préserver, j’arrive…. car vu la photo, le lierre n’attend pas, lui…Je laisserai aux autorités politiques le soin de figurer sur la photo officielle de l’ouverture du chantier, là ils savent faire.C’est souvent la seule façon qu’ils connaissent de donner leur corps à la science..politique.

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  3. Notre ami Chourrout a raison, il faudra qu’on lui détaille tout ce que nous avons fait, en liaison étroite et sans médiatisation, avec les préfets et les ARS successifs, avant 2014, pour faire face: 1/ au retrait de la smam de la polyclinique. 2/ aux tentatives de de Kapa santé, amenés par J.Lassalle pour « sauver la maternité » mais, ce qui n’était pas dit, en s’appropriant les services « rentables » de l’hôpital, autrement dit en le condamnant. 3/ A faire face au dépôt de bilan de Kapa santé et au reclassement dans la fonction publique hospitalière de tous les salariés (es) de la polyclinique, ce qui reste comparé à d’autres situations, une réussite commune tant à l’administration hospitalière que aux élus Oloronais de l’époque, en premier lieu Bernard Uthurry. Tout ce travail et toutes ces démarches ont eu lieu dans la discrétion, gage de réussite, la preuve, et en lien quotidien avec les responsables hospitaliers, administration et médecins dont on ne saluera jamais assez le sens des responsabilités et l’intense travail. C’est à partir de là que le centre hospitalier a pu se projeter dans la réunification sur site et dans son projet immobilier.
    Mais notre ami Chourrout a raison, on aurait dû faire de la communication tous azimuts, d’abord pour nous approprier le résultat, mais aussi pour que ces infos parviennent à Sarrance….

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  4. Juste déjà je ne suis pas le maire de sarrance. Mais votre réaction me fait plaisir car elle prouve que tous les politiques ont tiré (à peu près) dans le même sens car les silences des uns sur ce sujet (mr LACRAMPE également) m’inquietait. J’espère donc que tous les politiques et les pros de la santé pourront aider à garder l’hôpital et la maternité. PS:autant ce maire communique à coup sur trop autant votre équipe aurait mérité de l’emporter en 2014 et un minimum de com vous a sans doute manqué…

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  5. Les générations futures auront-elles le droit de contempler le pigeonnier? Les générations présentes ont-elles le droit de profiter d’animations gratuites l’été? cela fait 2 fois en très peu de temps que vous soulignez le coût de certains concerts organisés pendant les Quartiers d’été Monsieur Adam. Il y a des personnes très compétentes dans les services, capables de négocier au mieux les prix des cachets et prestations techniques, et je pense que c’est le cas. Pour ma part, je ne crois pas qu’il faille privilégier la sauvegarde du patrimoine au détriment de l’animation (estivale ou non). Je ne souhaite pas vivre dans un musée à ciel ouvert, bien que j’apprécie moi aussi l’architecture et le bâti ancien.
    Ne serait-il pas plus légitime d’interroger le coût de l' »embellissement des ronds-points », ou de l’achat par la ville, récemment, de je ne sais plus combien d’oeuvres d’un artiste natif d’ici…? Cordialement.

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    1. Bonjour Fabien. Si vous avez compris que je souhaitais que la préservation du patrimoine soit privilégiée au détriment des animations estivales, c’est que je me suis mal exprimé. Je pense seulement qu’il convient de trouver un juste équilibre. Entre nous, qu’est-ce que cela changerait à la vie d’Oloron si notre été comptait un concert de moins… et, en contre partie, un pigeonnier classé monument historique réhabilité ?
      Par ailleurs, je suis persuadé que, si une association avait organiser le même type de spectacle avec un budget beaucoup plus contraint, elle y parviendrait. D’une part parce que les agents des artistes ont moins tendance à négocier avec une ville. D’autre part parce que, et ce n’est pas là remettre en cause les personnes qui ont en charge le dossier, la négociation pure et dure n’est pas dans la culture des collectivités locales. Tiens, une question toute bête : est-ce qu’avant de choisir tel ou tel prestataire de service une consultation est lancée sur la base du cahier des charges technique qui est certainement annexé au contrat signé avec l’artiste ?
      Cordialement à vous

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    2. Monsieur Fabien ,
      Oui, les générations futures auront le DROIT de contempler le pigeonnier ! et de quel droit faudrait-il les en priver ?
      Vous ne voulez pas vivre dans un musée à ciel ouvert !…..mais Monsieur, le musée à ciel ouvert , vous l’avez devant-vous tous les jours en parcourant la ville d’OLORON….et si vous ne le voyez pas , je vous conseille de feuilleter le livre de P-L Giannerini :____La Magie d’OLORON____
      Je n’apprécie pas votre critique acerbe envers Monsieur Adam et je la ressens plus pour moi que pour lui , puisque c’est moi qui lui aie envoyé la photo.
      Les vieilles pierres , elles nous « parlent » et les fadas comme moi…..les caressent parfois ! Pour cela, vous avez encore du chemin à parcourir……
      Avec mes salutations
      J-P Boussary

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      1. Bien sûr, on commence comme ça, « un concert de moins ». Et on finit 3 ans plus tard avec la suppression des Quartiers d’Eté, ou bien des spectacles payants. Sincèrement, je suis très surpris que vous, Monsieur Adam, avec la connaissance que vous avez du fonctionnement des collectivités, mettiez en opposition (de manière si subjective) une animation d’été qui vous semble superflue et la réhabilitation d’un pigeonnier, qui manifestement, vous tient à coeur, ce qui en soi, ne me pose aucun problème.
        Je réaffirme, à votre intention, qu’à Oloron, nous avons quelqu’un de particulièrement compétent pour évaluer les fiches techniques et les prestations des artistes (renseignez-vous, je ne le souligne pas par hasard).

        Monsieur Boussary, je suis ouvrier en charpente-couverture en vallée d’Aspe, et si je n’aimais pas les vieilles pierres, je ferais un autre métier. Je n’ai rien contre vous ni contre le pigeonnier, et si vous êtes un expert du patrimoine architectural oloronais, c’est tout à votre honneur. A chacun ses passions et ses spécialités.
        Je persiste à dire que la vie des pierres, aussi passionnante soit-elle, ne suffit pas à animer notre chère ville d’Oloron. Sinon, le fameux CIAP attirerait bien plus de monde que ça, et effectivement, on pourrait remplacer tous les concerts par des conférences et des ateliers patrimoine, hors, on en est loin….
        « Musée à ciel ouvert » : traduisez par « c’est beau quand on y vient en touriste l’été, mais qu’est-ce que c’est triste quand on y vit »…. Voilà le risque dont je parle, et la raison pour laquelle je n’ai pas très envie de remettre en question l’engagement de la commune dans l’animation.
        Cordialement,
        Fabien

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  6. Bonjour Fabien,
    Je crains que nous ayons deux réflexions parallèles. Et, comme vous le savez, les parallèles ne sont pas faites pour se rencontrer. Mais je ne désespère pas que nos réflexions finissent par faire un bout de chemin l’une vers l’autre.
    Concernant les animations, fort d’une certaine expérience du sujet, je persiste et signe : organisé par une collectivité un concert coûte toujours beaucoup plus cher, et ce quelles que soient les qualités de négociateur du fonctionnaire chargé du dossier. Et ce qui est vrai pour les animations l’est aussi dans beaucoup d’autres domaines : il est reconnu que dans le domaine des travaux publics par exemple, il vaut mieux être particulier que collectivité publique pour bénéficier de prix compétitifs. Et que l’on ne vienne pas me parler des appels d’offres et autres consultations. Les ententes, ça existe…
    Je veux bien passer pour un vieux con obnubilé par les vieilles pierres. Mais tel n’est pas le cas. Je suis simplement persuadé qu’il y a dans le budget municipal possibilité de faire place à la fois aux animations et au patrimoine.Les deux y ont leur place car d’une part il faut en effet que nous ayons une ville qui vit, mais d’autre part il est important de préserver notre bien commun car il faut « savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va »

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  7. « « savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va »

    je m’associe totalement à cette remarque. »je ne suis pas une salade » à l’habitude de dire une connaissance s’apercevant d’instinct que l’on essaie de nous couper de nos racines quelques qu’elles soient , bonnes ou mauvaises.

    Nous arrivons à la croisée des chemins sentant bon la noisette: ya pus de sous!..et .le pigeonnier est vide car les pigeons sont partis picorer chez les qata-ris (z)

    Mais les » gens sans terre » commencent à lever les piques.Voir Bougereau dans la REP reprendre les mêmes arguments que Bld Voltaire est encourageant 🙂

    espérons pour, en revenir au sujet, que nous puissions être de concert

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  8. Je comprends le fil de votre réflexion. Cela m’intéresse, non pas pour m’opposer à vous, mais pour voir justement comment les parallèles peuvent se rejoindre.

    S’il y a à Oloron des gens qui savent organiser des concerts et autres animations via leurs associations (à moindre coût pour eux que pour une ville, je connais également la question pour avoir été des 2 côtés du manche), peut-être aura-t-on la joie de voir un jour un chantier participatif, ou en tout cas, une forme de chantier différente d’une attribution de marché suite à appel d’offre, pour rénover le pigeonnier…?
    Manière d’éviter que les économies suggérées sur l’animation soient finalement dépensées sans regard pour le patrimoine.

    Cordialement,

    Fabien

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    1. Voilà exactement le type de proposition à creuser. Et ce serait là un beau sujet de réflexion (avec émission de propositions concrètes à la clé) pour un Cesel digne de ce nom. Cordialement

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