« Plan Marshall-Barthou » : il faudrait arrêter de prendre les Oloronais pour des idiots


Oui : « Il faudra bien un jour arrêter de prendre les Oloronais pour des idiots ». C’est la première pensée qui m’est venue à l’esprit en lisant dans La République de ce matin l’article intitulé « Le maire dévoilera à la rentrée un « Plan Marshall » pour revitaliser la rue Barthou ». Quelle autre réaction avoir en effet à l’égard de ce énième effet d’annonce lucbérien qui, comme la plupart des autres, ne sera suivi d’aucune réalisation concrète. Car il s’agit, n’en doutons pas, d’une simple opération de communication. Reprenons l’article du quotidien local par le détail.

Nous y apprenons d’abord qu’un audit sur la situation du commerce dans la cité a été commandée à la Sepa (Société d’équipement des Pyrénées-Atlantiques). Par parenthèse, sans que le conseil municipal en ait délibéré. Constat rendu : « Le secteur de la rue Barthou est en difficulté sur de nombreux points » (accessibilité et attractivité par exemple). Question : était-il bien nécessaire de payer, on ne sait quel prix, une étude parvenant à des conclusions que n’importe quel habitant de la ville est capable de tirer par lui-même sans l’aide d’aucun cabinet spécialisé ?

Nous apprenons ensuite que le maire va rencontrer cet été les propriétaires des locaux commerciaux pour leur faire, le cas échéant, des propositions de reprise, voire de rénovation des logements. Pourquoi pas ? Mais que l’on m’ôte d’un doute : c’est la commune qui va financer les acquisitions et travaux ? Avec quel argent ? Selon quel plan d’ensemble ? Tout cela a un petit côté improvisation peut-être sympathique. Mais question efficacité…

Le maire révèle alors son plan : « L’idée est de lancer un Plan Marshall-Barthou, avec des mesures assez révolutionnaires ». Rappelons qu’on a dénommé Plan Marshall le programme d’aide économique des États-Unis pour favoriser le relèvement de l’Europe au lendemain de la Seconde guerre mondiale. Mais dans ce Plan Marshall-Barthou, qui jouera le rôle des Américains ?  Les contribuables oloronais ? Quant aux « mesures révolutionnaires », on attend avec impatience le mois de septembre pour apprendre de la bouche du maire ce qu’il nous a concocté.

L’idée de ménager des ouvertures sur le gave, en réalisant un belvédère à la place de l’immeuble Rousseau, est séduisante. Mais qui achète l’immeuble ? Qui le détruit (problèmes d‘amiante) ? Pour quel coût ? Comment animer ce secteur une fois les trois questions précédentes résolues ? J’ai entendu aussi parler du projet de créer un genre de balcon courant, côté gave, sur tous les immeubles longeant le cours d’eau. Il n’est pas interdit de rêver…

Autre point qui mérite d’être relevé : la conférence de presse du maire s’est tenue sans qu’à ma connaissance ni l’association des commerçants oloronais, ni la communauté de communes n’y aient été associés. Rien d’étonnant en ce qui concerne les commerçants : on sait l’intérêt qu’il leur porte ! Au moins s’agissant des commerçants du centre-ville.

Il est en revanche plus étonnant qu’une telle réflexion sur le commerce ne soit pas entreprise en étroite concertation avec la communauté de communes. En effet, depuis le 1er janvier 2017, c’est elle qui, en application de la loi, « conduit les politiques locales du commerce et de soutien aux activités commerciales d’intérêt communautaire ». Il reste certes à la communauté de communes du Haut-Béarn à décider si la revitalisation de la rue Louis-Barthou est d‘intérêt communautaire, c’est-à-dire si elle relève de son champ d’intervention ou bien si elle en laisse la compétence de la commune. La question doit être obligatoirement tranchée avant fin 2018, mais le sera plus probablement au niveau local d’ici la fin de l’année. En attendant, il est parfaitement hasardeux de se lancer dans des réflexions et opérations d’envergure. Sauf à ce que les deux collectivités le fassent en parfaite intelligence. Ce qui n’est manifestement pas le cas.

Je suis persuadé que le maire, comme tout Oloronais, souhaite que la rue Louis-Barthou trouve un second souffle. Pourquoi se sent-il donc obligé de gérer le dossier de façon à la fois aussi brouillonne, aussi peu crédible et aussi personnelle ? Pourquoi, sur un sujet aussi important, ne pas associer dans une même réflexion élus, simples citoyens, représentants associatifs, riverains, propriétaires etc. ? Peut-être l’ignore-t-il, mais il peut exister des idées intéressantes ailleurs qu’à l’étage de l’immeuble dominant le bassin de la place de la place Clémenceau.

24 commentaires sur « « Plan Marshall-Barthou » : il faudrait arrêter de prendre les Oloronais pour des idiots »

  1. Le même maire qui, dans un souffle, autorise toutes les extensions de grandes surfaces commerciales possibles, veut nous faire croire qu’il est possible de sauver la rue Louis Barthou. Les habitudes ont changé, les gens ont changé. Les petits commerces encore viables sont généralement des spécialistes, et il n’y aura jamais 3 fromageries bio dans la rue Louis Barthou…

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    1. Il reste à la rue Louis-Barthou 2 boucheries qui, parait-il, marchent bien. Mais c’est vrai que le petit commerce de centre-ville n’est plus d’actualité. Il faut faire appel à l’imagination pour trouver d’autres activités. Car si la plupart des petites villes connaissent le même souci d’attractivité de leurs commerces de centres villes, certaines ont su trouver des solutions. À nous de trouver les nôtres

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      1.  » Il faut faire appel à l’imagination pour trouver d’autres activités. »
        Sans vouloir réinventer le monde, peut être pourrions nous prendre exemple sur la ville jumelée avec Oloron, Jaca. Qui semble avoir un commerce vivant intramuros, (PM: 81 restaurants répertoriés à Jaca),mais qui n’ a qu’ une seule véritable grande surface en périphérie, qui de plus n’ est pas très fréquentée.
        A moins d’ être une ville d’ importance, avec un fort pouvoir d’ achat, on ne peut avoir un commerce intramuros et de périphérie florissant comme ce qu’ espèrent
        certains pour Oloron.
        Pour Oloron la réflexion ne doit pas se limiter au problème du commerce, mais à
        l’analyse de l’ ensemble de ses atouts et faiblesses et à partir de là on pourra construire un projet commercial. Peut être qu’ à ce moment là les réponses pour
        l’ amélioration du commerce, seront tout autre que celles qu’ on attend traditionnellement.
        Peut être qu’ avant d’ améliorer le commerce, il faudra donner priorité à autre chose.
        ( Accueil, Imposition, Amélioration du stationnement et de la circulation, Espaces verts, Service navette, Signalétique des monuments etc, etc,…..)

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  2. petit rappel pour les plus vieux d’entre nous !
    HL devait sauver la rue L Barthou lors de son premier mandat en sortant les commerces de bouche…(drôle d’idée)
    puis HL devait racheter tous les commerces vides pour faciliter la venue de nouvelles enseignes en baissant le prix des loyers (programme de mandat 2014)…
    maintenant ouverture sur le gave et stationnement….
    merci au blogueur pour ce coup de gueule et carton rouge à notre presse locale qui n’a aucun sens critique et aucun recul.

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    1. Merci de ce rappel qui a le mérite de démontrer qu’il n’existe chez notre édile aucune analyse de fond. Ce ne sont que propositions au fil des impulsions et changeant avec le temps

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  3. Avant de rêver , il serait peut être temps de faire des propositions concrètes
    d’ amélioration et de transformation aux propriétaires de magasins. Seuls eux peuvent dire s’ ils souhaitent ou non voir la revitalisation des commerces.
    Devant le poids des charges et des normes préfèrent’ ils laisser leurs biens péricliter.
    D’ autre part, pourquoi systématiquement la rue Louis Barthou, alors que d’ autres quartiers ont autant de problèmes.
    Avant de parler de plan Marshall du commerce Oloronais (action sur le terrain), il serait plus qu’ utile qu’ il y ait un Grenelle du commerce( réflexion avant action) avec l’ association de tous les Intéressés. Il serait souhaitable qu’ y ait un audit avec un échéancier sur l’ ensemble de la ville, afin de définir les zones prioritaires à prendre en compte et non un traitement sectoriel, qui peut accentuer rapidement les problèmes dans d’ autres quartiers de la ville.
    N’ oublions pas qu’ on n’ attrape pas les mouches avec du vinaigre ….

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  4. Et le CESEL qui n’a quasiment plus d’existence, ne pourrait il pas être associé à la réflexion? C’était bien l’un des objectifs de la mairie en le créant ou j’ai rêvé ?

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    1. Oui, c’est là un dossier prioritaire dont le Cesel aurait dû être saisi sitôt constitué. Il faut croire que cette opportunité n’a même pas traversé l’esprit du maire.

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  5. les oloronais savaient et connaissaient les « états d’âme » de cette personne (ça peut arriver hélas à n’importe qui) Il ne fallait simplement pas laisser les clefs de la commune à quelqu’un qui a des impulsions comme vous le dites ; un jour blanc, le lendemain noir ; les années qui arrivent vont être difficiles pour les habitants, entre les problèmes locaux (déjà en place…) et les lois nationales qui vont arriver….je crains le pire !!!

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    1. Aux Oloronais à être inventifs et à surmonter le problème. Un inconvénient peut se révéler être un atout si l’ on arrive à en tirer le maximum, mais à condition qu’ il y ait
      concertation et envie de faire aboutir le projet. C’ est bien pour ça qu’ avant toute chose il faut faire un état des lieux et définir des priorités.
      A coeur vaillant rien d’ impossible.

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  6. Je n’ai pas suffisamment de connaissance sur le commerce local de la rue Barthou, mais si cette rue est aussi triste avec son manque de commerces …..peut-être en sommes nous responsables, nous les consommateurs ! Il est agréable (quoique) (et simple) d’aller dans les grandes surfaces ou faire nos achats sur internet au détriment du commerce local !

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  7. Quand aurons nous une étude économique fiable sur le potentiel centre ville d’Oloron ?
    Qui va encore prendre le risque de lutter contre les marques et les franchises extérieures?
    Mais au fait ce sont toutes les villes de France et de Navarre qui merdouillent ?
    Mais que font les autres?
    Chapeau et respect pour ceux qui sont en place .
    Qu’en pensent ils eux ?
    N’est- il pas trop tard pour se réveiller?
    Courage !!! 😈😈😈

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  8. Je me rappelle d’un article pas si ancien où tu parlais de la liste citoyenne (collectif citoyens)… Pas de programme… Pas de tête de liste !!
    Nous sommes au cœur du sujet ! Nous avons un avis ! Nous avons des réponses.. faisons un projet de ville ? Et nous choisirons les personnes prêtes à nous représenter !
    Il nous reste 3 ans! Prenons notre temps (sans le perdre)!

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  9. Allez, j’y vais de mon grain de sel :
    1 : concernant les projets de commerces, ayant eu affaire à notre édile sur ce point, et pour la rue Barthou de plus, je sais à quel point il s’en bat l’oeil (je reste poli….). D’autres commerçants ou porteurs de projets l’ont vécu comme moi.
    2 : je crois que notre édile ne veut surtout plus entendre parler de démocratie participative, le concept lui passant au dessus de la tête. Et comme il sait qu’un petit groupe de citoyens à la prétention de réflechir sur le sujet sans son contrôle, ne serait-il pas possible qu’il considère cette dangereuse troupe de citoyens (sûrement des gauchistes bobo) comme pouvant lui faire de l’ombre, voire du tort… Et il sort l’arme absolue : la com à grands coups d’éolienne. hypothèse…

    De toute façon, ses annonces ne sont jamais suivies d’effet. Au moins les grands titres de journaux pourront être ressortis dans trois ans… J’ai hâte de voir venir les prochaines échéances municipales !

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    1. Bien vu Bertrand ! Cela étant, si son objectif était uniquement de faire parler de lui, c’est gagné… au moins sur le blog. Quant aux commerçants du centre-ville, de la rue Louis-Barthou et d’ailleurs… ils attendront les prochaines annonces, les prochaines idées dont la réalisation est aussi improbable que celles qui nous seront jetées en pâture au mois de septembre.

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  10. Avec du recul désormais sur les commerces locaux à Oloron puisque mon activité de photographe se situe désormais essentiellement avec la presse nationale, des portraits de particuliers, des entreprises et expositions bien au delà du contexte local, la vie commerçante des « centre ville » ne peut se relever qu’à plusieurs conditions :
    – valorisation de ces commerces de proximité notamment pour leur sens de l’accueil-qualité des produits et services… On se doit de parler d’eux avant de parler des GMS qui ont des forces de communication redoutables,
    – animer la ville et pas seulement en concerts ou « braderies » mais inciter les gens à faire 20, 30, 40 km et plus pour venir à Oloron. je prends exemple sur ce que je connais avec des évènements photos devenus désormais incontournables sur des petits territoires : http://www.festivalphoto-lagacilly.com (400 000 visiteurs) avec le soutien de la Fondation Yves Rocher mais aussi de nombreux partenaires locaux, régionaux… http://barrobjectif.com/?page_id=26 (350 habitants dans ce village) et plus de 10 000 visiteurs pendant la période du festival… je cite déjà cela. Une ville doit nécessairement s’ouvrir à l’extérieur, proposer… Ce n’est pas seulement de la responsabilité des élus locaux mais des volontés à l’image du festival de Jazz qui permet (même si les concerts ont surtout lieu le soir) d’amener une population qui consomme en plus. OLoron et le territoire ont des atouts, des acteurs locaux ont des compétences mais souvent cette faculté française à aller chercher ailleurs plutôt que sur place.
    Je ne tire donc sur aucun élu ou municipalité mais sur la nécessité d’avoir une réflexion globale sur Oloron qui n’est connue régionale, nationalement que pour le Russe, un peu le béret…
    Provoquez une dynamique locale autour d’évènements, c’est aussi amener sa population locale à en être fière, à réinvestir les rues d’Oloron plutôt que les caisses des GMS où nous continuerons à acheter nos packs d’eau ou de bières, nos bidons de lessive mais pour le reste, nous avons tout dans les rues, il suffit de les valoriser et pas dans des actions commerciales mais des incitations à se réapproprier l’espace : parcours fléchés, évènements originaux, dynamique sur les réseaux sociaux…

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    1. Vôtre remarque est pertinente.
      Pendant des décennies Oloron de part sa situation géographique à l’ entrée de trois vallées a eu la chance d’ avoir  » un commerce de rente » , car la population locale
      n’ allait pas ailleurs ou très peu. Le commerce Oloronais satisfaisait ses besoins.
      Aujourh’ hui tout cela a volé en éclat de part les mouvements de population, les changements des modèles de consommation et bien sûr Internet.
      L’ erreur serait de vouloir chercher à recréer en totalité ce type de commerce.
      De  » commerce de rente » le commerce Oloronais doit devenir un  » commerce de vente » mais de vente de lui même, avant tout. Ce n’ est pas en attendant le client devant la porte, comme cela se pratiquait dans le temps, que ça réussira.
      Le commerce se doit de ne plus attendre le client, mais d’ aller le chercher , le solliciter par tous les moyens, mais surtout de l’ accompagner dans sa démarche et et même au delà.
      Le commerce ne doit pas s’ arrêter au tiroir caisse, surtout s’ il est petit.
      En amont de la rénovation des locaux commerciaux, il faut faire ce travail de rénovation philosophique, sinon on ira une fois de plus à l’ échec.

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  11. C est dommage de ne pas connaître les entreprises à oloron certaines ce sont installée et vendent dans le monde entier avec sucess

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  12. … Aller, moi aussi j’en mets une couche. « Qu’on parle de moi en bien ou en mal, peu importe. L’essentiel est qu’on parle de moi »…

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  13. Il y a le problème de la rue Barthou, et celui du commerce de proximité. Ils sont liés, mais néanmoins distincts. J’attire votre attention sur un phénomène qui me semble très intéressant: Gina a repris l’épicerie de sainte-Croix, Martine a environ 2 ans avant ré-ouvert l’épicerie de Pondeilh, Tony a ouvert un primeur bio, Un jeune couple vient d’ouvrir une épicerie vrac bio-café associatif place Clémenceau, Tot de Casa a ouvert relativement récemment également, sans oublier le nouveau magasin bio en face de Jouéclub. Et je ne parle pas de ceux qui sont déjà en place depuis plus longtemps. Alors..? y’aurait pas quelque-chose qui se passe à Oloron en ce moment?! Y’aurait pas une dynamique un peu diffuse autour de l’alimentation, le manger-local et le lien épicerie-proximité?? Il y a quelque-chose là, à soutenir, à faire mûrir, à porter en étendard! Des gens sont en train de se bouger pour qu’à Oloron, nous ayons le choix et le bonheur de pouvoir acheter nos fruits, nos légumes (et pas que), dans des BOUTIQUES, avec ces liens privilégiés (et précieux) que l’on peut créer avec le commerçant de proximité. Pour moi, ça ça créé de la richesse, ça engendre des rencontres, et ça participe à réanimer une ville! J’en profite pour leur dire bravo et merci. Les « GMS » n’ont pas réussi à « bouffer » toute l’âme d’Oloron, et faudrait peut-être une vraie action commune (le terme est choisi hein) pour consolider tous ces ferments de bon augure…

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