Marcel-Paul Combellas, peintre de l’École de Paris et Oloronais d’adoption


Considérations générales

Autoportrait
Autoportrait

Il y aurait sans nul doute matière à créer un blog entièrement dédié à toutes ces Oloronaises, à tous ces Oloronais qui, avec plus ou moins de fortune, se sont illustrés ou s’illustrent encore dans le domaine artistique : peintres, musiciens, écrivains, plasticiens etc. Tel n’est pas l’objectif d’Oloronblog ou de Retr’Oloron. Pour autant, une incursion de temps en temps dans ce monde qui ne m’est pas familier n’est pas pour me déplaire.

C’est pourquoi je voudrais évoquer ici en quelques mots et une quinzaine de tableaux (en fin d’article) un peintre qui a compté et qui continue toujours de compter dans le paysage culturel oloronais : Marcel-Paul Combellas. Pierre Castillou, en artiste averti lui-même (peintre, sculpteur, romancier, conférencier… ), a bien voulu m’en parler. Mais avant de lui laisser la parole, revenons en quelques mots sur la biographie de Marcel-Paul Combellas.

Éléments biographiques

Fils d’une famille aisée (son père est petit industriel), Marcel-Paul Combellas est né à Paris en 1906. Il est très vite attiré par les Beaux-Arts et comprend tout aussi vite compte que la peinture ne nourrit pas son homme. Pour faire bouillir la marmite, il entreprend des études en chirurgie dentaire qu’il complètera ensuite aux États-Unis. En parallèle, il fréquente les Académies et l’École des Beaux-Arts et il est auditeur à l’École du Louvre.

Ses diplômes en poche, il entame sa carrière artistique. Les expositions se succèdent. Dans le Sud-Ouest surtout (Toulouse, Pau, Bayonne…), mais également au Salon des Indépendants dont il est sociétaire depuis 1947. À la fin des années 1940, il s’installe à Oloron pour exercer son métier de docteur en chirurgie dentaire et continue d’assouvir sa passion pour la peinture. Il expose à Saint-Sébastien, à Bilbao, à New-York, à Dallas, à Tokyo etc. Maurice Chevalier, François Mauriac et de nombreux musées en France et à l’étranger acquièrent ses œuvres.

Il meurt à Oloron en 1989. Ses œuvres seront dispersées en 2008, après le décès de son épouse intervenu le 31 août 2006. Elles enrichissent les collections de nombreux particuliers et quelques-unes d’entre elles sont stockées dans les réserves de la mairie d’Oloron.

L’œil de Pierre Castillou

« Je garde l’image d’un Marcel-Combellas qui dans son apparence vestimentaire jouait les artistes : chapeau et écharpe à la Aristide Bruand, lavallière. J’avais également eu l’occasion de l’apercevoir lorsque je travaillais à Paris. Il venait régulièrement exposer à la mairie du XVIIIème avec les artistes de Montmartre. Il exposait aussi au Salon des Indépendants.

Rares sont les Oloronais qui ont pu acheter l’une de ses œuvres de son vivant. Désir de préserver sa cote ou raison plus personnelle, il ne vendait que rarement ses tableaux.

Son style pictural, toujours figuratif, a évolué dans le temps. On peut y reconnaître des influences successives. Il a connu une période expressionniste dans les années 1950 : les traits de caractère de ses personnages sont exagérés pour exprimer leurs sentiments et souligner leur émotion. On trouve par la suite dans ses œuvres, dans certaines de ses marines par exemple, l’influence de Vlaminck. D’autres œuvres font référence à Matisse, en particulier certains  portraits de femmes, ou encore des scènes d’intérieurs  avec l’omniprésence  de figures féminines. Marcel-Paul Combellas a eu aussi une période religieuse ou mystique dans laquelle transparaît l’influence de Rouault (gros traits, empâtements, couleurs froides, crues). Enfin, il y a aussi comme pour parachever son amplitude de style, un peu de Turner dans certaines de ses marines, diluées, vaporeuses, évanescentes…

En réalité, je crois que Marcel-Paul Combellas a longtemps cherché son style, alors qu’il le possédait depuis longtemps : un expressionnisme léger et explicite, inspiré par tout ce qui tourne autour du symbole, fait de couleurs assez froides. »

À quand une rétrospective Combellas ?

Au mois de septembre 2004, la mairie d’Oloron avait consacré le mois de septembre à Marcel-Paul Combellas. Avec une rétrospective de son œuvre picturale (37 tableaux), une conférence donnée par Hervé Lucbéreilh et la remise de la médaille de la ville à son épouse. Une quinzaine d’années plus tard, n’y aurait-il pas lieu d’envisager une nouvelle exposition de cet artiste qui a honoré sa ville d’adoption ?

Marcel-Paul Combellas nous explique pourquoi il peint

« Pourquoi peindre ?

Je peins pour effacer de ma mémoire les réalités de tous les jours, pour accéder à la sérénité,

je peins pour prolonger les effets de la méditation journalière,

Je peins pour fuir l’écoute des dialectiques saugrenues des aliénés de l’idéologies

je peins pour ne plus entendre les vociférations des détourneurs de la Liberté,

je peins pour faire disparaître de mon champ de vision ces parasites dévoreurs de temps… les chronophages…

je peins pour moins lire, pour moins entendre, pour moins parler de la peinture, pour mieux vivre avec mon moi profond.

 Il me faut peindre pour vivre seul…

Car c’est bien provocant de déclarer non pas la guerre mais la Solitude aux autres.

C’est dérangeant.

C’est montrer un personnage granitique, abrupt dans un monde politisé, fiché, surveillé, contrôlé, dévoyé, néantisé…

Un monde privé de l’essentiel : l’amour des humains et de l’Être infini… »

 

Merci à Pierre Castillou, Pierre-Louis Giannerini, Jean-Pierre Boussary et merci à Mademoiselle, grâce aux informations et aux documents desquels la rédaction de ce billet a été rendue possible. Place maintenant à une quinzaine d’œuvres du maître.

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Rue du Paradis (Musée de Tarbes)

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Fête foraine la nuit (Place de la Cathédrale à Oloron)

 

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Près d'Oloron
Près d’Oloron
Christ
Christ
Nativité
Nativité
Oloron Place Saint-Pierre
Oloron – Place Saint-Pierre
Oloron rue Louis-Barthou
Rue Louis-Barthou à Oloron

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M-P Combellas et des amis
Marcel-Paul Combellas (à droite au premier plan) et un groupe d’amis

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