Non-non au ni-ni


Où allons-nous si Oloronblog se pique maintenant d’évoquer les sujets de politique nationale ? D’autant que son rédacteur n’a aucun sens politique. Oui, mais voilà : si l’on s’en tient à la grande majorité des commentaires laissés au pied de l’article consacré dernièrement à la décision de Jean Lassalle de voter blanc lors du second tour des présidentielles, on pourrait croire que l’immense majorité des lecteurs du blog partagent (pour diverses raisons) le même choix que notre député. À savoir le ni-ni : ni Macron, ni Le Pen.

Un autre lecteur m’a fait remarquer que toutes ces prises de positions m’avaient laissé sans réaction. Il a raison, je suis sidéré. Mais quels arguments opposer à des citoyens qui considèrent que « peste brune » (c’est le qualificatif donné au Front national par certains de ces ni-nistes) et « libéralisme financiarisé » (c’est le qualificatif donné à Macron par certains autres de ces ni-nistes) sont à mettre dans le même panier ? Pour qui s’intéresse un tant soit peu à l’histoire du siècle dernier, un tel aveuglement a pourtant de quoi surprendre.

Oui, rester à la maison ou glisser dans l’enveloppe un bulletin blanc ou nul dimanche prochain, c’est contribuer indirectement à faciliter l’accès au pouvoir des représentants d’un parti qui s’est construit et prospère sur la peur (la peur de l’autre, la peur du lendemain…) et le rejet (l’Europe, l’étranger…), un parti qui a érigé la haine, le populisme et la démagogie en idéologie. Même si question démagogie, il est bien d’autres partis politiques qui n’ont pas grand-chose à lui envier.

En bref, et quitte à me fâcher avec des copains qui en font partie, j’ai le sentiment que les ni-nistes, lorsqu’ils refusent de faire le distinguo entre Macron et Le Pen, mélangent un peu tout. Et qu’ils souffrent d’une certaine confusion des valeurs. Cerise sur le gâteau, imaginons que le pire arrive dimanche, ils seront les premiers à déplorer la situation… alors qu’ils n’auront rien fait pour empêcher qu’elle survienne.

Un ami communiste me confiait il y a quelques jours que fort de l’adage : « Au premier tour on choisit, au second on élimine », il votera dimanche prochain pour Macron. Sans aucun enthousiasme certes, mais parce qu’il s’agit là du jeu démocratique. Et ils seront nombreux dans ce cas. Et tout aussi nombreux à repartir dès lundi au combat car leur vote ne vaut pas allégeance. Je trouve que c’est là la seule attitude responsable.

J’ai bien conscience que les lecteurs d’Oloronblog n’ont que faire de l’étalage ici de mes états d’âme électoraux. Mais il fallait que ça sorte. Quitte à déclencher une nouvelle avalanche de commentaires. Alors, voilà, c’est fait.

147 commentaires sur « Non-non au ni-ni »

  1. Après les dernières nouvelles de l’ex-futur 1erM, les dernières de celui que l’on traite (au mieux) de « nomade politique » du côté de la Canebière-peuchère :
    «Quand on change 5 fois d’implantation politique en 8 ans, c’est qu’il y a un problème, une incapacité à se fixer. C’est un nomade politique», a dénoncé encore Patrick Mennucci qui «propose un débat» à son futur adversaire. «Il a pu penser que cela allait être facile, je peux vous dire que ça va être compliqué».
    http://m.leparisien.fr/elections/legislatives/legislatives-a-marseille-mennucci-previent-melenchon-l-affrontement-sera-complet-11-05-2017-6937926.php

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  2. au sujet du « nomade politique », piqure de rappel :
    « En 2012, Mélenchon critiquait les parachutages au nom de la «noblesse de la politique» À l’époque candidat aux législatives face à Marine Le Pen à Hénin-Beaumont, le cofondateur du Front de gauche s’était vanté d’aller disputer une circonscription peu favorable, plutôt que d’aller dans une «planque».
    http://www.lefigaro.fr/elections/presidentielles/2017/05/12/35003-20170512ARTFIG00049-en-2012-melechon-critiquait-les-parachutages-au-nom-de-la-noblesse-de-la-politique.php

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