Coup de projecteur sur le personnel communal oloronais


Rarement à l’honneur, sauf lorsqu’il s’agit de fustiger son temps de travail, ses pauses café à rallonge ou son absentéisme, le personnel communal est, plus que les élus, indispensable au bon fonctionnement d’une commune, à Oloron comme ailleurs. On se pose souvent des questions sur ces agents municipaux dont le seul patron est le maire : combien « coûtent-ils » ? combien sont-ils ? quels avantages en nature leur sont accordés ? quel est leur temps de travail ? Un décret ministériel tout récent fait obligation d’intégrer ces informations dans le rapport d’orientation budgétaire qui est débattu en conseil municipal avant le vote du budget. Que contient ce document pour ce qui concerne le personnel communal oloronais ?

Combien coûtent-ils au contribuables oloronais ?

En 2016, le chapitre des dépenses consacrées au personnel a représenté une somme globale d’un peu plus de 6,6 millions d’€. Cette somme représente plus de la moitié (55% pour être plus précis) des dépenses réelles de fonctionnement de la commune d’Oloron.

En 2017, il est prévu que ces dépenses de personnel diminuent très légèrement (-0,37%). Ce qui les maintiendra dans les eaux des 6,6 millions d’€. Il faut savoir que ces dépenses comprennent notamment les rémunérations des agents (qu’ils soient titulaires, stagiaires, apprentis, en insertion, en remplacement) etc., les cotisations sociales, la médecine du travail, les chèques déjeuners…

Quels sont les éléments de leur rémunération ?

Pour ne pas vous abreuver de chiffres, je vous fais grâce ici du détail. Vous pourrez le trouver sur le site de la mairie le jour où le document d’orientation budgétaire sera mis en ligne. Sachez cependant qu’en plus de leur rémunération indiciaire, tout ou partie des agents titulaires perçoivent un complément de salaire au titre du régime indemnitaire, des heures supplémentaires ou d’astreinte (quand ils en effectuent !), de la participation de l’employeur à leur mutuelle, de chèques déjeuner etc.

Combien sont-ils ?

En 2015 (derniers chiffres officiels connus !), ils étaient au nombre de 190 correspondant à un effectif temps plein de 182. Un peu plus des trois quarts d’entre eux (148) avaient le statut de fonctionnaire, les 42 autres étant des agents non titulaires, c’est-à-dire non fonctionnaires. Les hommes représentent 55% de l’effectif global. Le document d’orientation budgétaire indique que cet effectif global passe à 184 en 2016 pour parvenir à 182 en 2017. Difficile pour autant d’affirmer qu’il y a une baisse, car le document précise que ces chiffres sont « hors remplacements ». Précision qui me laisse perplexe

Comment se répartissent-ils ?

Retour aux derniers chiffres officiels, ceux de 2015 qui, rappelons-le, atteignent un total de 190 agents. Ce sont les services techniques qui remportent la palme (122 agents), suivis par les administratifs (33), par le service animation (21) et par la filière médico-sociale (11). Le service patrimoine (2) et la filière sportive (1) sont les parents pauvres.

Comment évoluent leurs effectifs ?

En 2016, il y a eu, toujours d’après le document d’orientation budgétaire, deux recrutements : celui d’une chargée de mission « énergie » et celui d’un responsable de la communication. Deux agents chargées de l’entretien des locaux de l’Hôtel de ville sont parties à la retraite et n’ont pas été remplacées. En contrepartie, le temps de travail d’un agent a été augmenté de 7 heures par semaine. 70 heures en moins d’un côté, 7 heures de plus de l’autre = rapport de 1 à 10 pour exécuter la même tâche ? Faudra m’expliquer (mais là j’avoue un peu de mauvaise foi puisque, très certainement, il y a eu une réorganisation du service à la clé). Deux agents du service environnement sont également partis à la retraite. Une réorganisation du service a permis de ne pas les remplacer.

En 2017, le poste de directeur général adjoint sera supprimé, son occupant étant promu à la fonction de directeur général. Mais en parallèle, la commune continue de rémunérer l’ancien directeur général, débarqué l’an dernier, mais qui n’a toujours pas trouvé de poste dans une autre collectivité. Le responsable de la communication recruté en 2016 a quitté la mairie et ne sera pas remplacé. Un agent des services techniques partira à la retraite et ne sera pas remplacé. 2017 devrait être aussi une année de réorganisation pour plusieurs services (état civil, direction générale et secrétariat du maire, direction des services techniques)

Quelle est la durée effective de leur temps de travail ?

J’ai passé trop d’années dans des collectivités locales pour ignorer qu’il vaut mieux parler de « durée théorique » plutôt que de « durée effective ». Mais « effective », telle est l’appellation officielle. Le document d’orientation budgétaire nous dit que la durée hebdomadaire de travail de la collectivité est de 35 heures, que l’année 2015 a compté 252 jours ouvrés, que le nombre de jours annuels accordés par la collectivité s’établit à 29 et que le nombre de jours travaillés dans la collectivité se monte à 249. Ce dernier chiffre ne signifie pas que les agents communaux de la ville d’Oloron travaillent 249 jours par an. Ce serait un record de France. Il signifie que 249 jours dans l’année, on peut trouver à Oloron des agents au travail dans tel ou tel service.

Voilà les principales informations que le rapport d’orientation budgétaire 2017 nous permet d’obtenir sur le personnel communal. Mais il s’agit là d’éléments comptables froids et abstraits qui ne peuvent traduire la conscience professionnelle, le sens du service public que la plupart d’entre eux (j’en ai été maintes fois le témoin) mettent dans l’accomplissement de leur tâche.

3 commentaires sur « Coup de projecteur sur le personnel communal oloronais »

  1. Pour être proche de la famille de l’une de ces agents, je suis entièrement d’accord avec votre appréciation de leur conscience professionnelle et je vous remercie de dire la réalité du travail de ces gens, alors que la mode, en France, est de considérer que les fonctionnaires, d’état ou municipaux, sont inutiles et passent leurs heures de présence à se reposer.
    Mais, c’est vrai que pour certains, de rabaisser les autres, leur permet de se rehausser eux-mêmes…

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