Pierre Serena, un adjoint au maire tout feu tout flammes


D’un joueur de rugby qui vient de réaliser un match exceptionnel, les journalistes sportifs, qui ne sont jamais avares de clichés, écrivent qu’il a « mis le feu aux tribunes ». Je ne sais si l’une des prestations de Pierre Serena lorsqu’il maniait le ballon ovale a mérité cette expression. En tout cas, il peut se vanter d’avoir allumé une belle polémique après les propos qu’il a prononcés à la suite de l’incendie qui a détruit la tribune principale du stade Saint-Pée le 6 mars dernier.

L’adjoint aux sports s’en est immédiatement pris aux incivilités à répétition dont se rendraient coupables les élèves des deux établissements scolaires voisins du stade. Et sur sa lancée, il a fait feu de tous bois, dénonçant la présence « de jeunes dans les tribunes, au moment de l’incendie, alors que c’est interdit », laissant ainsi clairement entendre que les responsables du sinistre ne pouvaient se trouver que parmi eux. Et, pour faire bonne mesure, en remettant une couche pour fustiger le laxisme des directions de ces deux établissements qui laissent les jeunes traîner dans les installations sportives en dehors des heures de cours. Tout cela alors qu’aucun élément de l’enquête n’a, encore aujourd’hui, permis d’établir l’origine de l’incendie et donc, a fortiori, d’identifier le moindre responsable.

Cette intervention pleine de mesure a, on l’imagine, fait fumer les directions de ces établissements. Elles ont immédiatement pris la défense d’élèves montrés du doigt sans la moindre preuve et ont rappelé le rôle éducatif qu’elles menaient au jour le jour. De son côté, le syndicat national des personnels de direction de l’éducation nationale vient de remettre vertement à sa place Pierre Serena. Par un communiqué, il lui reproche de contribuer par ses déclarations à donner une image négative des deux lycées. Réaction de l’élu à ce communiqué : « Ça ne m’intéresse pas ». Réplique qui me fait penser au « Et alors ? » de Fillon lorsqu’on lui a parlé de ses costumes à 6 500 € pièce offerts par un ami.

Si l’on excepte l’échange entre nous de quelques civilités et autres banalités, je ne connais pas personnellement Pierre Serena. Tout juste ai-je pu me rendre compte lors d’une ou deux interventions en conseil municipal en réponse à des remarques de l’opposition qu’il faisait montre d’une certaine impulsivité. Je sais aussi qu’il peut se montrer un rien chambreur : quelques commentaires laissés sous pseudonyme sur Oloronblog en réponse à d’autres commentaires de lecteurs qui n’avaient pas eu l’heur de lui plaire en portent témoignage. Mais qui n’est pas impulsif ou chambreur à ses heures ?

Pour autant, je crois Pierre Serena rempli de bonne volonté dans l’accomplissement de ses fonctions municipales. Comme il est jeune, sans doute apprendra-t-il avec le temps que le rôle de l’élu, surtout dans des situations de crise comme celle dont il a été le témoin le 6 mars, n’est pas de jeter de l’huile sur le feu. Au contraire, il lui faut savoir prendre la mesure des évènements… surtout face à des sujets brûlants. Il lui faut apprendre qu’en situation de crise mieux vaut pour un élu se comporter en pompier plutôt qu’en pyromane. Il a pour lui la jeunesse. Il lui reste à acquérir un peu plus de maturité. Ça lui évitera d’être à l’origine de conflits bien inutiles entre des structures (la mairie et les établissements scolaires) qui ont tout intérêt à travailler dans l’harmonie.

7 commentaires sur « Pierre Serena, un adjoint au maire tout feu tout flammes »

    1. oui enfin euh…il faut se méfier de ce genre de citations malgré que je ne sois pas un amoureux des juges et des Tribunaux. Car a faire ce genre de parallèle on peut tomber dans une autre sorte de loi: celle du Milieu.

      car à cramer une école et maintenant des tribunes on n’est plus dans la primo délinquance d’adolescents en crise pubertaire comme nous l’avons tous été.

      donc wait and see mais pas sans rien faire

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      1. Votre deuxième paragraphe laisserait-il entendre que le feu dans l’école (de Lédeuix ?) et dans les tribunes du stade ont été causés par des primo-délinquants adolescents en crise pubertaire ? Rien lu de tel à ce jour dans la presse

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  1. non rien de tel. Puisque je précise que l’on n’ait plus dans la primo délinquance d’adolescents. en crise pubertaire.Après on peut toujours épiloguer entre la jeunesse physiologique que l’on peut dater facilement et celle mentale beaucoup moins.

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