À Oloron, la révolution numérique avance à reculons


Il y a un an, le magazine municipal nous décrivait un « Oloron numérique » plein de promesses : « La création d’une interface de démarches en ligne est une évolution pour notre commune surtout que sous cette forme (d’une grande simplicité d’utilisation) et avec autant de possibilités techniques, elle est unique dans le département ! ». Cette proclamation résiste-t-elle à l’épreuve des faits ? Yves Cazaux nous fait part ici, avec une pointe d’ironie, de son expérience de la révolution numérique à l’oloronaise (son billet date du 14 mars).

Quelques lignes pour faire le constat navrant de ce qu’est la révolution numérique à la Mairie de notre commune. Qu’est-on en droit d’attendre de cette révolution ? Le commun des mortels pense que la technologie va lui simplifier la vie, plus de courrier papier mais des courriels. On rédige, on appuie sur le bon bouton et hop (comme on dit à Oloron) c’est parti, votre correspondant reçoit dans l’heure qui suit votre missive. C’est super !.. surtout qu’en plus c’est gratuit. Si on ajoute à cette avancée, le fameux pacte de simplification, alors là, le contribuable est aux anges… Un fonctionnaire lui adresse une demande par courriel et il reçoit sur l’heure le papier nécessaire à la régularisation du dossier, c’est réglé.

Mais tout ça, c’est sans compter sur la pugnacité de nos techniciens farouches pourfendeurs des failles de sécurité informatiques qui pourraient s’abattre en masse sur notre charmante municipalité… J’en ai fait par deux fois les frais ce mois-ci.

Tout d’abord, chacun aura remarqué que depuis quelques temps, lorsque l’on adresse un quelconque courriel à la Mairie, il nous est fait retour d’un mail nous demandant d’entrer un code. C’est récent et je pense qu’il s’agit d’un filtre anti-spam… Première question est-ce vraiment utile ? La Mairie croule-t-elle sous les spams ? Mais bon si les Techniciens ont pensé que c’était nécessaire, alors quoi dire de plus ?

Mais si cela s’était arrêté là… Une employée m’a demandé par courriel un document nécessaire à la mise en forme d’un dossier. Aussitôt, le document est parti. Quelques jours plus tard, même demande mais par téléphone au motif que le premier envoi ne lui est jamais parvenu. N’ayant pas reçu de notification de rejet de mon envoi, je pensais qu’il avait bien été réceptionné par son destinataire. Nouvel envoi du même document… Inquiet du précédent échec, je téléphone : « non, nous n’avons rien reçu mais faudrait me rappeler plus tard car souvent les courriels nous parviennent qu’en fin d’après-midi » (ça laisse rêveur!). Quelques jours plus tard, toujours pas de réception du document, donc voiture, transport jusqu’à la mairie et dépôt dans la boite à lettres dudit document comme au bon vieux temps. Au moment de glisser mon enveloppe, une petite angoisse quand même m’envahit : est-ce que la boite à lettres a été informatisée par le même informaticien ? Mon enveloppe ne va-t-elle pas tomber directement dans le bac à ordures car je n’ai pas le code ? Tant pis, je tente le coup.

Aujourd’hui deuxième transport à la Mairie où j’ai laissé une clé USB contenant un autre document que j’avais envoyé la veille et qui lui aussi s’était perdu dans les méandres de notre grande Mairie.

Voilà, tout ceci pour dire qu’il existe toujours des personnes qui pensent que lorsque ça va bien, il y a anguille sous roche et que par conséquent il faut impérativement que ça aille moins bien.

Ce qui, comme je le disais plus haut aurait dû être simple, rapide, efficace et bien sûr gratuit m’a coûté plusieurs appels téléphoniques et deux transports en voiture.

Mon côté charitable ose penser que nos techniciens sont à la tâche pour corriger tous ces inconvénients, mon côté optimiste pense que ça ne saurait tarder et mon côté pessimiste se demande si ce sera fait avant le 22ème siècle !

Yves Cazaux

Un commentaire sur « À Oloron, la révolution numérique avance à reculons »

  1. Hélas, quand on installe un outil comme celui dont dispose la ville ( on dit gestion relation citoyens) on doit simplifier les processus et supprimer les étapes papiers, les parapheurs, les validations en cascade et surtout pas recopier le processus administratif paperassier dans le nouvel outil. Enfin, on nous explique qu’oloron va être une ville intelligente et on continue avec la même culture en installant un éclairage public pas intelligent et une navette pas intelligente qui ne prend pas en compte les demandes des usagers potentiel. Ça ressemble à  » le changement c’est maintenant » et il n’y a pas de changement…

    Aimé par 1 personne

Les commentaires sont fermés.