Aux frais de la princesse Iluro


Hier soir, le conseil communautaire votait les indemnités de fonction de ses président, vice-présidents et conseillers délégués. L’occasion pour moi de rappeler que, contrairement à une idée trop largement répandue, les élus municipaux et intercommunaux n’acceptent pas ces fonctions pour ce qu’elles leur rapportent sur le plan financier. La plupart d’entre eux en sont même de leur poche si l’on s’amuse à comptabiliser tous les frais (déplacements, heures prises sur leur temps de travail, repas  etc.) qu’engendrent pour eux l’exercice de leurs fonctions.

En contrepoint de ce qui précède, une anecdote. Authentique, bien entendu, sinon elle n’aurait aucun intérêt. Midi, ce mercredi. Un petit restaurant où l’on sert une bonne cuisine familiale. Lorsque je rentre dans la salle, un élu haut, très haut, très, très haut placé de la mairie est déjà attablé, face à la cheminée. Face à lui l’un de ses copains, non élu.

Lorsqu’arrive le moment de régler l’addition, nous nous retrouvons en même temps à la caisse. Je sors mon carnet de chèque. Pas de carnet de chèque ou de portefeuille pour l’élu haut etc…. Il exhibe un stylo et signe la facture qui lui est présentée. Mu par une curiosité indiscrète, je regarde la facture. Elle est libellée à l’ordre… de la mairie d’Oloron. Conclusion implacable : l’élu très haut etc… et son ami ont déjeuné aux frais de la collectivité.

On pourra me réfuter qu’il s’agissait sans aucun doute d’un repas de travail et que dans ces conditions il n’y avait rien à redire. Un repas de travail ? En plein milieu d’une salle bruyante ? Et quel pourrait être le sujet du « travail » avec cet ami-là ? Et puis cela voudrait dire (à Oloron il ne manque pas de mauvais esprits dont les langues se délient) qu’il y a ainsi plusieurs repas de travail par semaine.

Il faut bien sûr relativiser : il n’y a jamais là en jeu que quelques dizaines d’euros par jour à la charge de la commune. Mais comme on dit : les petits ruisseaux etc… Et si sans doute nombre de personnes trouveront normale cette situation, je me rappelle que les deux présidents d’intercommunalité avec lesquels j’ai eu l’honneur de travailler n’ont jamais, je dis bien jamais pratiqué de la sorte. Qu’est-ce qui me permet de l’affirmer ? Je voyais passer toutes les factures mises à la charge de la collectivité et, en cas de repas de travail, était indiqué sur chacune d’entre elles le nom de tous les participants ainsi que l’objet de la réunion de travail justifiant le repas. En est-il bien ainsi à Iluro ? Vite, une réponse !

9 commentaires sur « Aux frais de la princesse Iluro »

  1. Parfait monsieur Adam.Très bien de le dire de temps en temps.Merci pour cette espèce encore présente dans les collectivités. Amitiés

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  2. C’est tout à l’honneur de tous les membres de l’intercommunalité de voir qu’il agissent par conviction et non par intérêt, c’est devenu si rare…
    Par contre, que l’élu très très haut placé (on se demande bien qui c’est…) profite
    de toutes les occasions de rapiner quelque chose, ne me surprend guère. Il y a bien longtemps qu’il a perdu toute conviction et n’agit que pour ses intérêts personnels. Savoir que j’ai payé ne serait-ce qu’une miette de se repas m’en couperait presque l’appétit.

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  3. Monsieur Adam, je ne souscris pas tout-à-fait à votre analyse, même si j’aimerais bien… Et la remarque de Monsieur Coste dans la République d’aujourd’hui ne va pas dans votre sens. Venant d’un élu qui touche déjà une indemnité de conseiller départemental (environ 2000 euros si je ne m’abuse), je trouve cela déplacé. Par contre, la décision du conseil communautaire me semble exemplaire.

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  4. Fabien, j’ai dû mal m’exprimer. Ce que je voulais dire, c’est que la plupart des élus (je pense en particulier aux maires et adjoints des petites communes) ne volent pas (dans le sens : méritent bien), l’indemnité de fonction que leur verse la commune, ce compte tenu du travail qu’ils font pour leurs administrés, souvent sans autre aide administrative et technique que celle que leur apporte une secrétaire de mairie quelques heures par semaine.
    Quant à Jean-Claude Coste, si vous me permettez une pointe d’ironie, il a eu, en déplorant que l’indemnité des élus de la CCPOVHB ne soit pas plus importante, une prise de parole tout à fait désintéressée puisque, malgré les efforts qu’il a déployés avec le concours du maire d’Oloron, il n’est pas parvenu à décrocher le moindre poste de responsabilité au sein de la nouvelle communauté de communes

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  5. Il est quand même bien interessant d apprendre que ce Monsieur ,présenté comme proche des elus PS sauf erreur de ma part, déjà detenteurs d au moins deux autres mandats qui plus est, se plaigne du faible montant indemnitaire….Effectivement, si j avais du temps, je pleurerai devant tant d abnegation envers les citoyens.
    Concernant les « additions »municipales, c est tellement courant a Oloron depuis le retour que….ca n etonne plus personne.Les rincages municipaux sont fréquents, tous les jours y compris le dimanche et les jours fériés. Dailleurs, je me ferai peut etre payer un coup dimanche au stade comme certains!

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  6. Monsieur Adam, nous sommes d’accord. Je mesure bien la difficulté des maires des petites communes, qui doivent être multi-tâches, sans services dédiés, et avec une indemnité presque symbolique au regard du travail à fournir et des responsabilités.
    Dans les grandes communes (déjà le cas pour une petite ville comme Oloron) le maire peut se reposer sur les services, empocher son indemnité, placer ses collaborateurs en prévision des prochaines élections, et passer beaucoup de temps en représentation…. En ésperant conserver son niveau de vie confortable, voire en l’améliorant encore avec quelque mandat supplémentaire.
    MAIS il peut AUSSI s’employer à travailler réellement au bien de la commune, de son territoire, et de ses habitants (si si ,c’est possible, j’en suis sûr!!). Malheureusement, je ne ressens pas cette impression chez nous.

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  7. Je pense qu’il manque la précision, au niveau national, des orientations de gestion vers lesquelles devraient tendre toutes ces structures, de la commune, à la région afin de produire de la cohésion dans les politiques fiscales et d’investissement. Ainsi, disparaîtront entre autres, les commentaires sur le niveau des indemnités, qui pourraient être fixées en fonction de règles élaborées.

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    1. Peut-être que votre suggestion enfreindrait alors une règle, qui est celle de la libre administration des collectivités locales. La loi se contente d’établir des normes générales, à charge pour structure de les moduler si elle l’estime nécessaire.

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      1. Nos organismes sociaux ont des orientations de gestion fixées au niveau national, ce sont des objectifs à atteindre, il faut tendre vers…… Ils les respectent, il y a de la visibilité, de la cohésion, de la transversalité. Nous devrions formuler les mêmes exigences au droit de nos collectivités.

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