Pour en finir avec l’épisode « élections à la communauté de communes »


Je ne vais pas continuer durant 107 ans à tenter de décortiquer les tenants et aboutissants des élections qui se sont déroulées samedi dernier à la communauté de communes. Il reste malgré tout quelques informations à apporter, quelques commentaires à ajouter. Ensuite, promis, je ne parle plus de tout ça. Durant un certain temps.

Démission d’un conseiller communautaire : comment ça marche

Samedi, en fin de matinée, Hervé Lucbéreilh a annoncé son intention de démissionner de son poste de conseiller communautaire. Comment cela va-t-il se passer concrètement s’il va au bout de son projet ? C’est le Code général des collectivités territoriales qui, dans le dernier alinéa de son article L5211-1, lui dicte la conduite à tenir. Je cite : « … la démission d’un membre de l’organe délibérant des établissements publics de coopération intercommunale est adressée au président. La démission est définitive dès sa réception par le président, qui en informe immédiatement le maire de la commune dont le membre démissionnaire est issu. »

En clair, Hervé Lucbéreilh, délégué communautaire, va adresser sa démission à Daniel Lacrampe, président de la communauté de communes. Cette démission deviendra définitive dès sa réception par Daniel Lacrampe. Immédiatement, Daniel Lacrampe, président de la communauté de communes, informera Hervé Lucbéreilh, maire d’Oloron, de la démission d’Hervé Lucbéreilh, conseiller communautaire issu de la commune d’Oloron. Simple comme un coup de fil, non ?

Qui remplacera Hervé Lucbéreilh à la communauté de communes ? Ici encore, le législateur a tout prévu. Oloron comptant plus de 1 000 habitants,le siège libéré sera pourvu par le premier conseiller municipal de même sexe élu sur la liste Lucbéreilh-Lacrampe n’exerçant pas encore de mandat de conseiller communautaire. En application de cette règle, c’est à Jacques Naya qu’échoira cette fonction en lieu et place de Lucbéreilh.

Imaginons maintenant que Didier Castérés démissionne à son tour, c’est André Vignot qui le remplacera. Puis Francis Marquez si un autre délégué communautaire issu de la majorité municipale démissionne. Il ne restera plus ensuite de remplaçant disponible. Dans l’hypothèse d’autres démission, le siège du représentant de la commune d’Oloron restera donc vacant à la communauté de communes.

Que devrait-il se passer maintenant dans la majorité oloronaise ?

Qu’il soit bien clair d’entrée de jeu que si j’étais président de la communauté de communes, jamais je ne confierais à Joël Adam la charge de conseiller politique. Pour une raison bien simple : il n’entend rien à cet art fait de tactique et de stratégie qu’est la politique. Cette réalité rappelée, qu’est-ce que je ferais dorénavant en conseil municipal si j’appartenais à la frange des conseillers municipaux de la majorité qui se sont félicités de la victoire de Daniel Lacrampe à la communauté de communes ? Je m’efforcerais d’exister par moi-même.

C’est une évidence : depuis avril 2014, une seule voix porte l’expression de la majorité municipale : celle d’Hervé Lucbéreilh. Si bien que l’on a quelque peine à se souvenir que cette majorité est le fruit d’une alliance conclue au second tour de l’élection municipale entre les listes Lacrampe et Lucbéreilh. Or s’il y avait deux listes en concurrence au premier tour c’était bien pour exprimer deux sensibilités différentes. Il est temps de retrouver l’expression de ces deux sensibilités différentes.

Des sensibilités qui ne doivent pas nécessairement entrer en conflit. Mais force est de constater qu’aujourd’hui, dans une gestion municipale faite trop souvent d’impréparation, d’improvisation et d’esbroufe, il est temps qu’au sein de la majorité municipale certains sachent plaider en faveur de davantage de rigueur et de réflexion. Je verrais donc d’un bon œil dorénavant que, sur les sujets importants, le monopole de la parole ne soit plus laissé à Hervé Lucbéreilh, que certains, au sein de la majorité, osent s’exprimer pour dire les raisons qui leur font soutenir le projet, ou les propositions qu’ils émettent pour l’améliorer, ou, carrément, les motifs de leur opposition au projet. Si tel avait été le cas depuis l’origine, je pense que nous aurions fait l’économie d’un bon nombre de décisions incompréhensibles ou critiquables et de toute façon préjudiciables (suppression des abattements, projet des carrières, modalités de la vente du camping etc. etc.)

Aujourd’hui, le maire ne tient plus sa majorité. La preuve ? Samedi, sur 23 conseillers oloronais, 7 ont voté Casteres, le candidat du maire, quand 6 (les conseillers d’opposition ont voté Coste ou Bareille. 10 ont donc voté Lacrampe, contrairement aux consignes de Lucbéreilh. Il est temps de faire remarquer au roi qu’il est nu. Jamais l’occasion n’aura ainsi été plus favorable de rééquilibrer (le mot équilibre étant à prendre ici à tous les sens du terme) le pouvoir au sein de la commune d’Oloron. Mais, je le répète, je n’entends rien à la politique.

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