Responsable de la communication à la ville d’Oloron : un siège éjectable


Pas évident d’occuper un poste de responsable de la communication et des relations publiques dans une mairie. Surtout quand le maire, obnubilé par sa propre image, a un peu trop tendance à confondre sa communication personnelle avec celle de la commune. Mais qu’on ne se méprenne pas sur ces propos : ils ne font bien sûr en aucun cas référence à une situation oloronaise. Ce soupçon d’arrière-pensée levé, il n’est pas évident non plus d’être chargé de communication à la ville d’Oloron.

Pourquoi s’agit-il d’un poste exposé ? Parce que l’on est en contact quasi permanent avec le maire. On est le porteur des bonnes, mais surtout des mauvaises nouvelles. Et, comme le disait déjà Sophocle dans Antigone (merci à Wikipédia de m’avoir permis l’accès à la citation qui suit) : « Personne n’aime le messager porteur de mauvaises nouvelles ». Un administré mécontent qui vient dire son fait au maire ? Un article de presse que l’édile ne juge pas assez complaisant à son endroit ? Un loupé dans la transmission d’une information ? Un communiqué mal rédigé qui met la pagaille dans un quartier de la ville ? Une animation ratée ? Fatalement, c’est le collaborateur situé à proximité, c’est-à-dire le chargé de communication dans 9 cas sur 10, qui est le premier à prendre les éclats. Et au bout d’un certain temps, ça finit par lasser, et le collaborateur, et l’élu.

Qui, dans le cas présent, a craqué le premier ? Je l’ignore. Toujours est-il qu’au début du mois de décembre, la ville d’Oloron a lancé un appel à candidature en vue du recrutement de son responsable du service communication et relations publiques. Ce sera le/la quatrième à occuper ce poste depuis le mois d’avril 2014. Pas mal pour une fonction qui nécessite une bonne connaissance du terrain et, par voie de conséquence, un minimum de stabilité.

Ce poste de responsable de la communication avait été créé par un conseil municipal unanime le 29 février dernier. Il s’agissait d’un contrat à durée déterminée courant du 27 janvier 2016 au 26 janvier 2017. Étant précisé dans la délibération (cherchez l’erreur par rapport avec la phrase qui précède) que « Ce type de contrat est conclu pour une durée maximale de 3 ans renouvelable par reconduction expresse dans la limite de 6 ans ».

Le maire a donc décidé de ne pas le renouveler. Et a lancé début décembre un appel à candidature pour remplacer l’occupant actuel du poste. Cette annonce a été publiée au moins sur deux supports : Pôle Emploi et emploi-territorial. Dans le premier cas, il s’agit de pourvoir un CDD de 12 mois (sans doute avec cette possibilité de prolongation offerte par la délibération). Dans le second cas, il s’agit de pourvoir un emploi permanent de fonctionnaire ou de contractuel. Deux durées de contrat différentes, 12 mois d’un côté, permanent de l’autre, pour le même emploi. Là encore, cherchez l’erreur.

Si le cœur vous en dit, vous pouvez consulter ces deux annonces ici et ici. Mais dépêchez-vous si vous souhaitez faire acte de candidature : la date limite de dépôt est fixée au 30 décembre. Et, si vous voulez mon avis, le choix est déjà fait. Je souhaite dès maintenant bon courage au kamikaze qui va aller au-devant du sacrifice en se disant prêt à s’asseoir sur ce siège éjectable.

2 commentaires sur « Responsable de la communication à la ville d’Oloron : un siège éjectable »

  1. Il y a des postes qui sont occupés par des personnes qui servent de bouc émissaires. Ça évite une remise en question qui serait salutaire. Mais comme dit le dicton, il n’y a pire sourd que celui qui ne veut entendre, ni pire aveugle que celui qui ne veut voir!

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