La rue Louis-Barthou morte pour le commerce ? L’expérience vécue par un porteur de projet (2ème partie)


Rue Louis Barthou un 1er MaiSuite et fin du témoignage de Bertrand Liocourt. Après avoir dans le billet d’hier dressé un état des lieux de la rue Louis-Barthou et exposé ses handicaps sur le plan commercial, il formule ici quelques idées dont nos élus seraient bien inspirés de s’emparer. À tout le moins pour examiner leur faisabilité et commencer à engager la réflexion globale sans laquelle la rue Louis-Barthou ne sera bientôt plus qu’une friche commerciale.

II –  Rue Louis-Barthou : quelques propositions

Peut-on faire quelque chose malgré tout pour cette rue ? Que font nos élus ? Il y avait l’idée, pas saugrenue de notre maire actuel de créer une société qui rachèterait les biens à vendre pour les louer à des entrepreneurs désireux de s’installer. J’aime bien l’idée, mais cela dit, dans les autres locaux à vendre de la mairie, la location n’est pas proposée… Quand les élus pensent comme les propriétaires et préfèrent voir leurs biens à la vente se dévaloriser avec le temps…

C’est aux élus d’être acteurs du changement, et d’adopter l’attitude qui avec. Il faut qu’ils se transforment en « commerciaux » de cette rue en faisant déjà en sorte de :

  • Proposer des possibilités de stationnement (interdire le stationnement résidentiel la journée par exemple). Zone bleue.
  • Faire la promotion du stationnement qui se trouve de l’autre côté de la passerelle pour créer une habitude d’utilisation.
  • Tenter de mettre en valeur les locaux vacants qui sont à louer ou à vendre. Ce qui suppose de rencontrer les propriétaires. Faire en sorte d’éliminer l’affichage sauvage.
  • Scénariser la rue ? Mais supprimer ces haut-parleurs hurleurs de mauvaise qualité qui diffusent une musique lourdingue ; et modifier l’éclairage.
  • Toujours concernant ces propriétaires, tenter d’identifier avec eux les freins à la location, à la mise en vente et même à l’absence de location ou de vente… Qu’est-ce qui pourrait les inciter à le faire ? Des aides ? Opération Façade par exemple. Des contraintes ? Taxer les propriétaires de locaux vides. Plusieurs Conseils Municipaux ont franchi le pas pour revitaliser leurs centres-villes (Châteauroux ).
  • Proposer des animations commerciales, mais pas uniquement avec l’union des commerçants, il faut solliciter l’office de tourisme et pourquoi pas les acteurs culturels. La Boutique éphémère est une bonne idée, mais pourquoi ne pas l’avoir installée dans cette rue ?…
  • Accompagner les repreneurs : support technique ayant une parfaite connaissance des normes à respecter et des aides possibles et qui conseilleraient sur le terrain, pas depuis leurs bureaux. Ne pas se contenter d’afficher du soutien sur le site Internet, mais le faire réellement… Mettre les repreneurs en contact avec les propriétaires et jouer le rôle de facilitateur. C’est ça être proactif.
  • Tenir un fichier à jour (et transmissible par courriel) des locaux vacants et des locaux qui le deviendront dans les trois années à venir.
  • Utiliser les réseaux sociaux pour promouvoir l’activité commerciale. Mais ça, c’est une finition, pas un début… Sans avoir réalisé ce qui précède, ça ne sert pas à grand-chose.

Voilà, c’est loin d’être complet, mais je cesse là ma démarche de donneur de leçons 😉 Sinon on pourrait finir par croire que cette rue peut réellement être sauvée… En attendant, je cherche ailleurs.

Bertrand Liocourt

10 commentaires sur « La rue Louis-Barthou morte pour le commerce ? L’expérience vécue par un porteur de projet (2ème partie) »

  1. Plein d’idées intéressantes, mais pour cela il faut une réelle volonté d’agir pour redynamiser la ville, le centre-ville.
    Non pas en voulant créer un lotissement à quelques kilomètres et en dissipant ses forces pour des projets de carrières qui vont dans le sens opposé.
    L’idée de boutiques d’artistes me plait bien aussi.

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    1. tout à fait. il faudrait faire aussi un état des lieux des logements vacants dans la périphérie de cette rue et dans celle ci. Il y avait il y a quelques années des immeubles entiers rue labaraque pour pas cher…qu’en est-il ?

      Par contre taxer les propriétaires….je ne crois pas que ce soit incitatif. Vous me direz que l ‘on a ou avait eu l’idée saugrenue de taxer les propriétaires de maisons ayant fini de rembourser leur emprunt….

      sinon pourquoi aussi ne pas couvrir cette passerelle sur le gave et certains tronçons de cette rue pour en faire une galerie semi marchande ?oui il faut des sous mais quand je vois le fric dépensé dans les passerelles de la médiatheque au dessus du gave..Combien de personnes l’empruntent depuis la rue rocgrand ?

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  2. Galerie ? Bonne idée, mais il faudrait que la rue soit piètonne (et donc déclassée). Taxer les propriétaires ne me choque pas par contre ; il ne s’agit pas de taxer tous les propriétaires, seulement ceux de locaux commerciaux vides. Mais comment par mettre propriétaires et entrepreneurs en relation pour négocier serait déjà une première démarche non coercitive. Pour la taxation voir ici :

    https://www.service-public.fr/professionnels-entreprises/vosdroits/F22422
    et ici :
    https://directioncentreville.wordpress.com/2016/08/10/une-taxe-sur-les-friches-commerciales-pour-redynamiser-le-commerce/

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    1. mettre en relation les protagonistes bien sûr et connaitre les raisons de ces boutiques vides désolantes ( loyers trop chers? mais aussi peu « d’aventuriers »,? environnement peu favorable au commerce ?
      A l’époque pas si lointaine je craignais que la nouvelle route oloron poey lescar soit le coup de grâce pour le commerce oloronais en général en mettant les zones commerciales à 15 mn d’oloron.

      j’ai lu votre commentaire sur les mises aux normes inapplicables. Le mieux étant l’ennemi du bien, cela ne souffre pas d’exceptions quand les lieux ne peuvent s’y prêter ? on en arrive à l’idiotie de gites de haute montagne fermant à cause de ces lois pour handicapés. je ne le suis pas mais je ne m’oblige pas a faire des choses qui sont au dessus de mes capacités !

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  3.  » À tout le moins pour examiner leur faisabilité et commencer à engager la réflexion globale sans laquelle la rue Louis-Barthou ne sera bientôt plus qu’une friche commerciale…… »

    Si réflexion globale il doit y avoir, elle doit être sur l’ ensemble de la ville et non sur un secteur , notamment par un plan de circulation global au niveau de la CCPO,
    avec création de parkings relais aux entrées principales de la ville, reliés entre eux et au centre ville par des navettes routières. La navette actuelle coûte 300000 euros
    à la ville pour transporter peu de monde, mais beaucoup d’ air ….
    Une véritable politique globale du stationnement, qui actuellement est assez proche de la jungle, devrait venir en complément des parkings relais.
    Ce plan de circulation, à l’ époque municipal ,avait été promis, lors du premier mandat de Mr Hervé Lucbéreilh.
    A mon point de vue, il a été abandonné par toutes les Municipalités, qui se sont succédées depuis environ 20 ans, au profit d’ une ville entièrement ouverte à la voiture, avec toutes les conséquences qui en découlent aujourd’hui’ hui.
    Cela pour justifier la déviation Gabarn / Gurmençon sensée résoudre les problèmes de circulation Oloronais. Alors qu’ il n’ en sera rien, car cela touchera seulement
    20 à 30% du trafic global, avec sûrement la création de nouveaux problèmes. ( Voir actuellement le problème du Lycée Agricole de Soeix) Mais pas seulement, car il y aura aussi l’ isolement économique du centre ville par rapport aux liens traditionnels avec les vallées et le tourisme de passage vers la vallée d’ Aspe, qui se posera tôt ou tard.
    Aujourd’ hui aucun de nos responsables locaux ne semble prendre conscience de cela, trop occupés à faire cocorico d’ avoir obtenu le financement d’ un projet vieux de 30 ans.Il serait plus qu’ urgent que le monde commercial et économique Oloronais prenne conscience des problèmes qui se préparent et fasse des propositions concrètes auprès de la municipalité pour redynamiser Oloron, mais pas seulement son centre.
    Des exemples réussis d’ autres villes moyennes qui ont fait cette révolution existent, on pourrait peut être s’ en inspirer pour Oloron. Rien ne sert de réinventer le monde en permanence, si ce n’ est créer de nouveaux problèmes.

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    1. a ce propos qu’en est il de l’immeuble « lafouresse  » à l’entrée d’oloron. le toit a été bâché , des travaux avaient l’air de débuter puis plus rien…rasée cette verrue ferait un beau parking relais et là vu la promiscuité du centre ville pas besoin de navette..ou pas que.

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    2. Pas d’ accord avec vous, il ne faut pas être une grande ville pour que ça fonctionne, de multiples exemples le prouvent. Allez ne serait ce qu’ à Jaca ville jumelée à la nôtre et à peu près équivalente en taille pour constater que le coeur de ville est resté bien plus vivant, sans guère plus d’ atouts économiques.
      Mais également allez à St Jean Pied de Port qui sûrement a bien moins d’ atouts
      qu’ Oloron, mais qui est bien plus vivante, même en plein hiver sans touristes.
      L’ un des atouts d’ Oloron est justement d’ avoir eu un centre ville très vivant, mais que l’ on a laissé dépérir au profit des commerces de périphérie, qui eux aussi devant cette démultiplication exagérée commencent à avoir des problèmes.
      Malheureusement à Oloron on ne veut voir le dynamisme qu’ au travers du seul levier commercial direct, alors que c’ est tout un contexte culturel, social, associatif, qui doit être mis à contribution en même temps, pour arriver à créer une dynamique. Agir sur un seul levier n’ est plus suffisant, mais pour cela il faut une forte volonté et
      une vision globale du devenir d’ une ville.

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