En ce 11 novembre, quelques souvenirs de guerre d’un Poilu oloronais


le-carnet-de-la-victoire-1919

 

En ce 11 novembre, voici un document déniché par Gérard Saint-Amans sur le site Europana 1914 – 1918. Ce site met en ligne, en accès libre, des carnets, correspondances, dessins, photographies de la Première guerre mondiale. Et au nombre de ces documents figure un « Carnet de la Victoire », rédigé en 1919 par un Oloronais, Albert Maisonnave, caporal au 1er Tirailleurs.

Dans ce document (dont l’intégralité est reproduite en fin d’article), cet industriel oloronais (Tannerie Maisonnave), mobilisé le 9 avril 1915, arrivé au front le 3 décembre 1915, ayant connu son premier contact avec l’ennemi le 20 mai 1916 à Reims, blessé le 20 juillet 1918, relate les faits marquants d’une guerre,  sa guerre, où les temps calmes alternent avec les combats.

Laissons-lui la parole :

« Arrivé au 298ème d’Infanterie après les grands combats de Verdun – Nous fumes dirigés sur Reims – De là j’obtiens ma 1ère permission – Secteur excessivement calme, mais au bout de 3 mois, direction Chardogne (Meuse) – Puis Vaux-Chapitre – Bombardement terrible – Beaucoup de pertes – Relève du régiment après 48 heures de combat – Affectés au secteur Bois-le-Prêtre – Secteur assez calme quoiqu’en butte aux torpilles très meurtrières – Participation à un coup de main – 12 prisonniers – Hiver excessivement rude

Départ le 1er juillet et le 20 août secteur du Chemin des Dames – Affecté à la compagnie des Pionniers, je ne monte pas en secteur –

Le 23 octobre, attaque de la Malmaison – 40% de pertes – Après du repos, secteur de Berry au Bac d’où départ pour les tirailleurs bataillon – Bonne vie et amusements

7 juillet, départ pour le front – Attaque de Villemontoire le 20 juillet 1918 – Remonté au front le 7 décembre, après la Victoire

En résumé, la guerre a été assez douce pour moi sauf l’hiver 1917 que j’ai passé tout entier et où nous avons subi une attaque par gaz asphyxiants – Beaucoup de voyages de relèves pénibles, mais aussi des heures joyeuses

De tout j’en conserve un souvenir ineffaçable car la guerre 1914 – 1918 a été une suite d’horreurs et de sauvagerie » 

Le Carnet de la Victoire d’Albert Maisonnave

3 commentaires sur « En ce 11 novembre, quelques souvenirs de guerre d’un Poilu oloronais »

  1. Comme pour les lettres des paysans ayant habité dans mon corps de ferme et retrouvés dans leur grenier,Cette stupéfaction de voir des écrits impeccables sans fautes dans un style délié..
    Alors que, sans être péjoratif, c’étaient ce qu’on appelle maintenant des « culs terreux », « des bouseux » ayant quitté l’école très tôt pour aller à l’usine ou aux champs.Et adolescents à la guerre…

    In mémoriam.

    Bien des « maisons neuves « sont maintenant en ruine dans les villages.

    Mon dieu que fais-t-on de la France ?

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    1. et moi d’écrire en faisant une belle faute…! 🙂 ( voir peut être plusieurs)

      « que fait-on »….

      damned je suis contaminé…

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