Promis, craché, juré, Lucbéreilh abandonne la politique


Dans son parcours politique, Hervé Lucbéreilh nous a habitués à de fréquents changements de pieds que ne renierait pas un ailier ou un centre du FCO Rugby ou, si l’on opte pour une autre comparaison, pour des claquements de portes dignes d’une pièce de boulevard :

  • en 2011, il claque la porte de l’UMP pour rejoindre quelques mois plus tard le Centre national des indépendants et paysans (CNIP), un groupuscule situé à la droite de la droite. Président de la fédération des Pyrénées-Atlantiques, il en a été nommé secrétaire-général adjoint national puis il en est devenu le vice-président national voici peu
  • en septembre 2016 : il met tout son poids dans la balance pour que le CNIP soutienne Nicolas Sarkozy lors des primaires de la droite… tout en décidant de parrainer la candidature de Jean Lassalle aux présidentielles
  • et voilà qu’il nous annonce ce 7 novembre 2016 qu’il claque la porte du CNIP et qu’il abandonne la politique

C’est un article du site Internet de La République qui nous annonce aujourd’hui le scoop. Et nous en donne la raison : l’information publiée par une lettre d’information confidentielle, « La Lettre A », information suivant laquelle le parquet de Paris avait ouvert une enquête préliminaire du parquet sur le financement du CNIP entre 2012 et 2014. Une sombre histoire de tripatouillage de versement de primes à des collaborateurs du secrétaire général de ce micro-parti, primes reversées ensuite au parti sous forme de dons pour profiter de la défiscalisation des contributions aux partis politiques. 60 000 € seraient en jeu.

Hervé Lucbéreilh aurait découvert l’information à la lecture de « La Lettre A ». Dans La République, il jure ses grands dieux qu’il n’était au courant de rien. On veut bien le croire pour une bonne raison : en règle générale, ceux qui se livrent à ce genre de magouilles ne vont pas les crier sur les toits. Il lit donc « La Lettre A » et, aussi sec, il démissionne du CNIP. Là, j’ai un peu plus de mal à suivre sa réaction. Il y a d’abord la sacro-sainte présomption d’innocence qui aurait dû l’inciter à un peu plus de réflexion. Je m’étonne aussi qu’il décide de ce départ précipité, lourd d’importance (encore que… le CNIP… faut tout de même pas exagérer son poids politique) en se fiant à la seule lecture d’une lettre d’information, fut-elle confidentielle.

Non content de démissionner bessif, Hervé Lucbéreilh en rajoute une couche pour faire bonne mesure : il nous assure que les partis politiques le dégoûtent un peu et les primaires encore plus. Et il conclut : « Pour moi, de toute façon, la politique, c’est fini ». Zut, avec cette histoire Sarkozy vient de perdre une voix pour les primaires. Et le CNIP vient de perdre un millième de ses adhérents (oui, le groupuscule en compte 1 000 au plan national… soit une moyenne de 10 par département).

Je tiens à rassurer ceux que cette décision d’abandon de la politique désespèrerait : en de nombreux domaines, sa vérité d’aujourd’hui n’est pas celle de demain. Évoluant depuis plus de 40 ans dans ces milieux avec des fortunes diverses, il ne coupera aucun pont. Et, d’ici peu de temps, on apprendra son adhésion à tel ou tel ancien ou nouveau parti. On parie ?

4 commentaires sur « Promis, craché, juré, Lucbéreilh abandonne la politique »

  1. Lucbereilh qui dit  » Je ne peux pas cautionner ce type de manœuvre. », je rigole doucement, avec tout ce qu’il se passe à Oloron de sont fait.
    Pour les plus récents : Camping Municipal, financement toilettes publiques, compromis de vente de la forêt d’oloron et je ne dois pas tout savoir…

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