Carrières – compromis de vente : Guillaume Costanzo sort de son silence


On se souvient que la semaine dernière le maire avait dégainé son sabre de bois pour partir en guerre contre les responsables de la publication sur Oloronblog, en démenti de ses propres dénégations, d’un document intitulé « Compromis de vente sous conditions suspensives » visant la vente des terrains du Bager et d’Escout. Depuis ce mouvement d’humeur, il a remisé son arme dans son fourreau. En parallèle, la presse cherchait vainement à connaître la position du porteur du projet sur le sujet.

Et c’est ainsi que l’on trouve dans La République de ce matin la version de Guillaume Costanzo, le patron de GC Conseil, sur cette affaire. Voici ses déclarations assorties de mes commentaires

Citation n° 1 de G. Costanzo : « Le dossier divulgué par le site internet en question est bien un document de travail sur lequel nous avons travaillé avec la mairie, mais il s’agit d’un premier jet, qui n’a pas été signé. Le document contient d’ailleurs plusieurs erreurs »

Commentaire n° 1 du blogueur : un « premier jet, qui n’a pas été signé », déclare Guillaume Costanzo. Est-ce à dire qu’il y a eu un deuxième jet qui, lui, a été signé ? Par ailleurs, il serait intéressant de connaître la nature des erreurs contenues dans ce document. Portent-elles sur des clauses favorables à la mairie ou, au contraire, sont-elles à son détriment ?

Citation n° 2 de G. Costanzo : « Même si ledit document avait été paraphé, il n’y aurait pas scandale, puisque les conditions suspensives stipulent bien qu’un vote du conseil municipal est nécessaire pour la validation de la convention »

Commentaire n° 2 du blogueur : contrairement à ce qu’affirme Guillaume Costanzo, il n’y a dans le document aucune clause suspensive qui stipule « qu’un vote du conseil municipal est nécessaire pour la validation de la convention ». La clause suspensive figurant dans le document vise l’approbation par le conseil municipal non pas de la convention, mais du projet industriel. En clair, si GC Conseil obtient les autorisations d’exploiter, le conseil municipal, si l’on s’en tenait au document, n’aurait pas à se prononcer sur la vente des terrains puisque cette vente est déjà actée par ce compromis de vente.

Citation n° 3 de G. Costanzo : « Je comprends que le maire ait l’intention d’engager des poursuites : il paraît difficile de pouvoir élaborer des projets sans qu’une confiance absolue soit établie avec ses collaborateurs au sein de l’hôtel de ville. »

Commentaire n° 3 du blogueur : je ne peux que partager l’exigence de Guillaume Costanzo : il doit exister une confiance absolue entre un maire et ses collaborateurs. Tout comme il doit exister une confiance absolue entre un maire et ses conseillers et adjoints. Mais qu’est-ce qu’il y avait à cacher dans cette histoire puisque, si l’on en croit le compromis de vente, le document est rédigé en application d’une délibération du conseil municipal, donc au vu et au su de tous ?

On le voit, les explications de Guillaume Costanzo n’apportent guère d’éclairage sur cette affaire. Pour sortir du flou, il me semble qu’il y a une solution toute simple : que le maire et Guillaume Costanzo demandent à leurs notaires respectifs de leur délivrer une attestation où les dits notaires déclareraient sur l’honneur n’avoir en aucune manière prêté la main à la rédaction d’un compromis de vente entre la commune d’Oloron et GC Conseil, de n’avoir reçu en dépôt en leur étude aucun exemplaire d’un tel compromis de vente et de n’avoir participé à la signature du moindre document entre les parties. En leur qualité d’officiers ministériels, les notaires en question ne se hasarderaient pas à délivrer une attestation contraire à la réalité.

Et l’opposition dans tout ça ? Certains à Oloron s’étonnent qu’après avoir lancé le pavé dans la mare elle conserve le silence. On a c’est vrai l’impression qu’elle se contente maintenant de regarder à distance les dégâts causés par sa révélation. Les choses sont sans doute plus compliquées. Peut-être attend-elle son heure, l’heure où, Code de l’urbanisme oblige, le conseil municipal aura à se prononcer par une déclaration de projet sur l’intérêt général de l’opération. À ce moment-là, les conseillers municipaux auront en main tous les documents présentant dans le détail l’opération et, plus particulièrement, ses aspects économiques. Et il semble, d’après les premières informations qui circulent dans certaines sphères, que de ce côté-là le dossier de GC Conseil est pour l’instant plutôt léger et peu convaincant. Wait and see.

11 commentaires sur « Carrières – compromis de vente : Guillaume Costanzo sort de son silence »

  1. Confiance entre le maire et ses collaborateurs ! Confiance entre la municipalité et les citoyens ! Si on met bout à bout, cet article et celui concernant la démocratie participative on mesuré le fossé qui est creusé entre les gens du peuple et leurs représentants !
    Dans cette affaire tout semble secret, chaque information doit être volé, tout opposant devient l’ennemi…
    Démocratie participative ? Ou démocratie en danger?

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  2. Que voulez-vous, il y a encore des élus pour penser qu’à partir du moment où ils ont remporté les élections les citoyens leur ont donné un blanc-seing pour la durée du mandat et que, par voie de conséquence, ils peuvent faire ce que bon leur semble sans avoir à en référer à quiconque. Ça, c’est de la politique à l’ancienne. Et, croyez-moi, elle n’est pas près de disparaître. Une seule manière pour la contrer : notre bulletin de vote

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  3. heureusement que via internet l’information peut circuler comme par exemple avec ce blog…c’est aussi ça la démocratie participative.Les romains avaient déjà leurs forums . on attends toujours que Hervus Lucberus prenne la parole..:)

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  4. Les propos de Mr Costanzo dans la presse sont fort bien repris et décortiqués comme le blogueur nous a habitué à le faire.

    Je rajouterais tout de même une chose en ce qui concerne la citation n°2 :
    Si Mr Costanzo est si sûr que ce compromis n’a pas été signé, pourquoi avec le bagou que nous lui connaissons ferait-il état de l’éventualité que celui-ci aurait pu être signé : « Même si ledit document avait été paraphé ».
    C’est tout de même curieux pour un professionnel tel que lui (à méditer)…

    Quant à la transparence que nous attendrions dans la mesure où le responsable de GC conseil dit que se compromis aurait été retoqué, c’est que nous puissions voir le définitif qui n’a aucune raison de rester secret à présent…

    Puis concernant la confiance des collaborateurs, il est vrai qu’elle doit être réciproque et cette affaire, tout comme bien d’autres montre bien que le roitelet d’Oloron décide de tout lui même et impose son point vue. Comment ne pas s’attendre avec une telle attitude à ce qu’un jour plus personne ne croit en lui, même pas ceux qui l’entourent? …

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  5. Au final la CCPO sera obligé de se prononcer car la CCPO à les compétences : urbanisme, tourisme, économique. Comment le président pourrait faire autrement que de mettre le débat en délibération. Et je pense que de nombreux élus communautaires voterons contre. Oloron Blog pourrait lancer une consultation.

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    1. … sauf si le conseil municipal d’Oloron délibère favorablement d’ici le 31 décembre. La CCPO qui héritera du bébé à partir du 1er janvier 2017 devra alors en tenir compte. Cela étant, du côté de la place Clémenceau on ne semble ps pour le moment avoir l’intention de saisir le conseil municipal de ce projet très sensible. Mais peut-être que le maire va réunir son conseil municipal pour délibérer entre le 25 et le 31 décembre ???

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  6. Bonsoir
    Pour ce qui est de la démocratie participative, comment peut-on parler de « démocratie participative » lorsqu’une assemblée est constituée par l’exécutif, dont les membres sont chapeautés par le même exécutif, dont les sujets sont approuvés toujours par l’exécutif qui décide enfin seul de la suite à donner aux propositions émises par cette assemblée… J’avais proposé plutôt de constituer une assemblée citoyenne, composée d’individus qui se réunirait et débattrait de sujets touchant à l’agglomération Oloronaise, sans avoir besoin de l’aval de qui que ce soit, avec un observateur de la municipalité qui servirait de courroie de transmission avec l’exécutif et qui pourrait également saisir cet assemblée de sujets particuliers. Je pense que là nous aurions pu appeler ce dispositif « démocratie participatif ». Mais ceci restera un rêve dans la mesure où pour participer à ce type d’assemblée, il faut être, comme je le suis, ou tente de toujours le rester « intellectuellement honnête », sans carcan politique, sans apriori.
    Pour ce qui est des carrières, je reste encore sur ma faim. Si M. Costanzo avait fait ce commentaire à proximité d’un cheval de bois, il aurait certainement pris un coup de sabot…. J’attends que l’on produise le document signé pour émettre un avis. Les suppositions entretiennent certes le dialogue mais ne font pas avancer le débat.
    Bonne soirée

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    1. @ cazaux. Non, lui non plus ne se souvient plus d’avoir signé un tel document. A croire qu’une Etude de notaire est un club de rencontres ou on se fait de fausses promesses pour conclure..:)

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      1. ben oui, pourquoi ? C’est relativement simple à mettre en place… D’abord on réunit tous ceux qui veulent participer à ce type d’assemblée, ensuite on détermine un rapide règlement, enfin on constitue officiellement l’assemblée… et après on le fait savoir…

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  7. J’espère fortement que les conseillers d’Oloron auront eu le temps d’étudier l’impact d’un tel projet, sans se contenter de lire les document publicitaire du bureau d’étude et de lire également le document des projets portés par l’ACCOB pour prendre une sage décision.
    NON aux carrières
    OUI au tourisme et développement durable.

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