Le coup de gueule du maire d’Oloron contre la CCPO n’imprime pas


Qu’un maire tire à boulets rouges sur l’intercommunalité dont sa commune est membre, lui reprochant son manque de dynamisme, d’ambition et de perspectives, cela arrive. Que ces critiques soient émises via un éditorial du magazine municipal, éditorial censé refléter l’avis de la majorité municipale, cela arrive aussi. Que cet imprécateur se trouve être la maire de la ville-centre de ladite intercommunalité, c’est déjà un peu moins courant. Mais que la charge du maire se fasse, via le magazine municipal, contre la gestion d’un président d’intercommunalité membre de la même majorité municipale, c’est beaucoup plus rare.

J’observe que seul Oloronblog a relevé cette situation ubuesque. La cible du maire n’a pas encore réagi. Mais je veux croire que de ce côté-là, la réplique, cinglante, arrivera en temps et en heure. En revanche, pas un mot pour le moment dans la presse locale, tout du moins dans celle que je lis, c’est-à-dire celle du groupe Pyrénées Presse. Non, le coup de gueule du maire d’Oloron n’imprime pas, ne fait pas couler d’encre, ne fait pas chauffer les rotatives.

Trois raisons possibles à ce manque d’intérêt immédiat :

  • Première hypothèse : les localiers ne sont même pas au courant de ce papier du maire d’Oloron qui pourtant n’est pas avare quand il s’agit d’informer la presse de ses moindres faits et gestes. Mais, à force d’être ensevelis sous les communiqués et autres dossiers de presse et points-presse, les journalistes ne prêtent peut-être même plus attention à ce qui émane de la mairie. Trop de communication tue en effet l’information. Je ne crois pas à cette raison qui supposerait un manque de professionnalisme de leur part, ce qui n’est pas le cas.
  • Deuxième hypothèse : le peu d’appétence de la presse pour la politique politicienne locale, celle du politicien qui dézingue sans proposer aucune solution concrète. À dire vrai, je ne crois pas non plus à cette raison : les localiers se régalent en général des petites phrases qui leur permettent de pimenter un peu leurs commentaires sur la vie locale.
  • Troisième hypothèse : une réaction du style : « Le maire d’Oloron s’agite pour que l’on parle de lui. On ne va tout de même pas rentrer dans son jeu et lui dérouler le tapis rouge ». Je pencherais plutôt pour cette hypothèse tant le besoin d’exister médiatiquement est manifeste chez notre premier édile.

Si, au final, la troisième hypothèse est la bonne, le maire peut remercier Oloronblog d’avoir relayé son message. L’article que le blog a consacré mercredi à ce sujet a en effet été l’un des plus consultés de ces derniers mois (plus de 500 fois à cette heure-ci). Ainsi, il n’aura pas tout à fait prêché dans le désert.

Mais pour en revenir à la presse, et c’est là une quatrième hypothèse, peut-être aussi que, tout simplement, les journalistes prennent leur temps pour réunir tous les éléments (interviews des différentes parties etc.) avant de consacrer un article à ce sujet. Il serait en effet curieux que, la fusion des intercommunalités approchant, ils passent sous silence tout événement qui touche le sujet de près ou de loin. Cela étant, qui serais-je pour leur donner des conseils sur ce qu’ils doivent faire ?

Un commentaire sur « Le coup de gueule du maire d’Oloron contre la CCPO n’imprime pas »

  1. autre solution: la presse locale est virtuellement morte. plus de correspondants, articles réservés aux abonnés, forums fermés aux commentaires sauf ceux d’une extreme banalité comme les articles sur les chiens écrasés………

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