Amélioration notable de la situation financière de la commune en 2015 ?


« Quoi ? Alors que le mois d’août n’est pas encore fini, le blogueur veut déjà nous bassiner avec les finances et le budget communal ? ». J’entends déjà le cri de réprobation de certains lecteurs qui, compte tenu de l’aridité du sujet, ne poursuivront pas leur lecture au-delà du titre de l’article du jour. Pourtant, pour une fois qu’ils pourraient trouver sous ma plume une appréciation positive (certes à dose homéopathique, il ne faut tout de même pas exagérer) de la gestion municipale, ils ne devraient pas s’en priver.

Il y a quelques jours, le ministère de l’Intérieur a publié les comptes 2015 de la commune d’Oloron, comme ceux d’ailleurs de toutes les autres communes de France. Voilà la première année pleine de la gestion de la municipalité Lucbéreilh puisque la gestion 2014 était imputable pour partie à deux équipes municipales différentes. Voilà donc l’occasion de vérifier si, comme l’affirme son maire, Oloron est sur la voie du redressement. Nous allons tenter de le vérifier au travers de l’analyse critique de quelques tableaux reprenant les principaux postes budgétaires.

L’encours de la dette

Encours de la dette

Le capital de la dette restant à payer a diminué de 1 300 000 € entre 2014 et 2015, soit de près de 10%. La dette des Oloronais revient ainsi à son niveau de l’année 2010. Néanmoins, elle représente encore aujourd’hui une charge de 1 122 € par Oloronais. Ce qui est supérieur au montant moyen pour les communes de la taille d’Oloron (944 €). C’est à partir de l’année 2010 que les Oloronais ont commencé à avoir une dette plus importante que celle supportée par les communes de la même strate.

L’annuité de la dette

 Annuité de la dette

Le remboursement des emprunts (capital + intérêts) a diminué en 2015 de 70 000 € par rapport à l’année précédente, soit une baisse d’un peu moins de 5%. Si on compare Oloron aux villes de la même taille, ce remboursement a représenté 121 € par Oloronais contre 124 € en moyenne. Nous sommes donc dans le juste milieu.

Les dépenses de fonctionnement

Dépenses de fonctionnement

Les crédits nécessaires à la bonne marche au jour le jour des services municipaux a augmenté de 370 000 € entre 2014 et 2015. C’est une augmentation de 2,8%, supérieure donc à l’inflation. On verra un peu plus loin dans l’article que cette hausse est principalement due à l’augmentation des frais de personnel. Ces dépenses de fonctionnement représentent en 2015 un montant de 1 156 € par Oloronais, contre 1 223 € pour l’ensemble des communes de la même strate de population.

Les dépenses d’équipement

dépenses d'équipement

L’an dernier, la ville d’Oloron a consacré 2 391 000 € à la réalisation d’opérations structurantes, destinées à durer dans le temps. C’est 450 000 € de mieux que l’année précédente, soit + 20% par rapport à 2014. Mais cela reste bien en deçà des investissements réalisés annuellement par la commune au cours des deux précédents mandats. Il ne faut donc pas s’étonner que le montant des dépenses d’équipement, avec 211 € par Oloronais soient plus faible que celui des communes de tailles correspondantes (268 € par habitant)

La capacité d’autofinancement

CAF nette

La capacité d’autofinancement du remboursement en capital des emprunts peut se définir comme le montant des recettes de fonctionnement que la ville peut consacrer au financement des opérations d’investissement une fois déduit le remboursement du capital des emprunt. C’est en quelque sorte l’épargne nette. Cette capacité était négative en 2014 (- 30 000 €). C’est-à-dire qu’Oloron n’avait même pas l’épargne nette suffisante pour rembourser le capital de ses emprunts. En 2015, la situation a été redressée puisque cette capacité s’établit à 691 000 €. Pour autant, avec 61 € par Oloronais, elle reste nettement inférieure à la moyenne des communes de taille comparable (90 € par habitant).

Les charges de personnel

 Charges de personnel.JPG

Avec un total de 6 511 000 €, les charges de personnel ont augmenté de 300 000 € entre 2014 et 2015, soit + 4,7%, un taux nettement plus important que celui de l’inflation. Ces charges représentent un montant de 575 € par Oloronais contre une moyenne de 664 € pour les communes de même strate.

Les impôts locaux

Impôts locaux

En 2015, les Oloronais ont été mis à contribution à hauteur de 4 196 000 €. Cette somme représente une augmentation de 570 000 € par rapport à 2014, soit + 15,7%.  À titre comparatif, on rappellera que les impôts locaux ont augmenté de 1 239 000 € entre 2008 et 2014. En une seule année, Hervé Lucbéreilh a donc accompli la moitié du chemin parcouru par ses prédécesseurs sur les six ans de leur mandat. Pour autant, les impôts locaux par habitant représentent à Oloron un montant très inférieur à celui supporté par les habitants des communes de même importance (370 € par habitant à Oloron contre 532 € par habitant en moyenne).

 

Sachant que par nature tout commentaire de ce type de chiffres est contestable (surtout pour ceux auxquels ils sont défavorables), quels enseignements est-il possible de tirer de cette vue d’ensemble des comptes 2015 de la ville d’Oloron ?

  • La situation s’améliore sur le front de la dette
  • Elle se détend également du côté de l’épargne nette
  • Il convient néanmoins d’observer qu’il eut été de bonne politique que les améliorations constatées ci-dessus soient imputables à une baisse des dépenses de fonctionnement de la commune. Il n’en est rien. Ces améliorations ont été permises par une forte augmentation des impôts. C’est là une solution de facilité, même si, rappelons-le, les impôts pèsent moins sur les Oloronais que sur les habitants des communes de taille semblable
  • Tout comme une hirondelle ne fait pas le printemps, les résultats constatés sur un seul exercice ne font pas une analyse budgétaire. Il conviendra donc de vérifier si les tendances constatées au cours de l’exercice 2015 se confirment en 2016, 2017 etc. Mais tout cela nous donne déjà une base d’appréciation.

2 commentaires sur « Amélioration notable de la situation financière de la commune en 2015 ? »

  1. Merci pour cette analyse.
    comme le disait notre cher édile il y a peu dans la presse, une commune c’est comme une entreprise, il faut faire rentrer de l’argent.
    Dans une entreprise, on le comprend c’est pour payer les actionnaires, mais qu’en est- il pour une commune ?

    Les recettes ont augmenté considérablement ( hausse de la fiscalité par le tour de passe passe des abattements sur les bases, mise en place de la taxe transport, mise en place de toutes les taxes possibles y compris taxation des morts)
    Les dépenses ont augmenté également considérablement sans que pour autant de nouveaux services publics soient créés.
    Les investissements sont au point mort. Contrairement au règne Lucbereilh 1 qui a vu la ville changer et connaitre un nouvel élan, il semble aujourd’hui que ce mandat sera bien différent et sans ambition.
    On peut également s’étonner de cette obstination à ne pas recourir à l’emprunt quand les taux sont au plus bas.
    Pire, le niveau d’investissement des deux dernières années laisse à penser qu’il ne permettra pas de maintenir le patrimoine communal ( bâti et voirie).

    Faire rentrer de l’argent c’est fait…
    Mais pour faire quoi ?

    La question mérite d’être posée.

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    1. Pour quoi faire ? Bonne question. Je crains d’avoir un début de réponse : 1/ pallier la diminution des aides de l’État (mais ça, toutes les communes y sont confrontées…. sans pour autant augmenter leurs impôts locaux de façon aussi massive qu’Oloron) 2/ permettre la rémunération des nombreux personnels recrutés par la commune depuis 2014

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