Le coût de la campagne des municipales 2014 pour les 3 équipes candidates à Oloron


 

Avoir découvert, grâce à La République que la Commission nationale des comptes de campagne avait publié les comptes des candidats aux dernières élections départementales de 2015 (cf. l’article d’hier sur Oloronblog) m’a incité à vérifier si, de la même manière, cette Commission avait publié les comptes des candidats s’étant présenté aux élections municipales de 2014. Bien m’en a pris : ces comptes ont été publiés au Journal Officiel le 24 juillet 2015. Semble-t-il dans une indifférence générale. Voici donc ce qu’ont dépensé les trois équipes qui se sont présentées aux suffrages des électeurs oloronais.

Mais commençons par apporter quelques précisions. Le dépôt des comptes auprès de la Commission nationale est obligatoire pour tous les candidats se présentant dans les communes comptant une population supérieure à 9 000 habitants, ce qui est (encore) le cas d’Oloron. Ces comptes retracent l’intégralité des dépenses et recettes effectuées par le candidat au cours de la campagne électorale.

  • Exemple de dépenses: la location d’une permanence (assurance, téléphone etc. compris), la création d’un site internet, la publication d’un journal de campagne et de tracts, le coup à boire payé à des électeurs, tout, absolument tout doit être comptabilisé
  • Exemple de recettes: les dons reçus des particuliers (ceux des personnes morales sont strictement interdits), l’apport personnel de la tête de liste et de ses colistiers, les avantages en nature (prêt d’un matériel, mise à disposition d’un véhicule etc.), ici aussi, tout doit être comptabilisé

La Commission contrôle ensuite la sincérité de ces comptes et détermine, selon des critères fixés par la loi, le montant du remboursement d’une partie des dépenses par l’État. Venons-en maintenant à Oloron.

Le tableau ci-dessous résume la situation pour les trois candidats qui sont entrés en lice lors des dernières municipales :

Comptes de campagne municipales

Quels commentaires appelle ce document ?

  • Les dépenses totales: il faut rappeler que Daniel Lacrampe, bien que qualifié pour le second tour de scrutin n’a effectué qu’un tour de piste. Normal donc que ses dépenses soient inférieures à celles de ses deux concurrents. La palme de la dépense revient à Hervé Lucbéreilh. Avec 22 146 €, il tutoie le plafond des dépenses auxquelles la loi l’autorisait (22 429 €) et au-delà duquel il risquait d’être déclaré inéligible. De deux choses l’une : soit il s’agit là d’une coïncidence heureuse, soit calculer avec une telle précision les dépenses engagées pour éviter de crever le plafond révèle qu’Hervé Lucbéreilh est un grand artiste. À titre personnel, j’opte pour la seconde hypothèse.
  • Les recettes totales : à peu de choses près, elles correspondent aux recettes. Bernard Uthurry est même dans l’égalité parfaite.
  • Les dons : avec un total de 11 755 €, Hervé Lucbéreilh s’est révélé le meilleur collecteur d’argent auprès des sympathisants.
  • Apport personnel: Bernard Uthurry et Hervé Lucbéreilh ont tous les deux, peut-être avec le concours de leurs colistiers, mis la main à la poche à hauteur d’un peu plus de 10 000 €. Daniel Lacrampe a été bien plus économe (1 600 €).
  • Le remboursement de l’État(cf. l’avant-dernière colonne du tableau titrée RFE): pour les candidats, il correspond à leur apport personnel, diminué le cas échant du solde positif de leur compte de campagne.

 Deux dernières remarques :

  • Comme je n’imagine pas une seconde qu’un candidat ait « oublié » d’inclure dans son compte de campagne l’intégralité des dépenses et recettes auxquelles ont donné lieu ces élections municipales, j’observe que, compte tenu du remboursement effectué par l’État, la campagne ne leur a rien coûté à titre personnel sur le plan financier. Leur dépense personnelle a été d’un tout autre domaine : il leur a fallu déployer tout leur dynamisme, leur capacité de conviction, leur force de proposition pour décider les électeurs à voter pour eux. Et cela, ça n’a pas de prix.
  • Par voie de conséquence, les seuls auxquels la campagne aura coûté au plan financier sont, si l’on excepte les contribuables via le remboursement par l’État d’une partie des dépenses des candidats, les généreux donateurs. Oui, mais… Ceux qui paient l’impôt sur le revenu ont pu bénéficier d’une réduction d’impôt à hauteur de 66% du montant de leur don. Tout est donc bien qui finit bien.