Devenir du centre hospitalier : la réaction sous forme de quizz d’un médecin hospitalier d’Oloron


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Exagérée, trop pessimiste et contre-productive ? Ou, bien au contraire, très lucide ? Voici en tout cas, reproduite ci-dessous, la réaction sous forme de quizz d’un médecin oloronais à l’adresse du Collectif santé en réponse aux derniers échos parus dans la presse locale au sujet du devenir de notre centre hospitalier. Émanant d’une personne mille fois plus éclairée sur le sujet que la plupart d’entre nous, cette pièce doit contribuer à nourrir notre réflexion (la mise en gras de certains passages est la volonté de l’auteur du quizz)

« La lecture d’un quotidien local m’interpelle et je vous propose un petit quizz …avec réponse !!

  1. savez vous que 26,3 % des postes de praticiens sont vacants en France …certaines zones plus que d’autres !!!
  1. savez vous que la féminisation du corps médical devient prégnante 2/3 pour les trentenaires …ce sont les conjoints qu’il va falloir caser ?? et faire de belles rues avec des magasins !!!
  1. savez vous que les premières lueurs démographiques sont attendues pour 2025 ??? en attendant Pokémon Go !!!!
  1. savez vous que la technicité des plateaux techniques évolue vite, est de plus en plus coûteuse et inaccessible au centre hospitalier général de proximité ???
  1. savez vous qu’un centre hospitalier général est un composé d’unités parfois interdépendantes ( l’une peut déstabiliser l’autre ou les autres ) , qu’une unité technique a besoin d’au moins 3 praticiens ??? Ce ne sont pas un ou une mais des équipes… cubaines par exemple …qu’il vous faut recruter.
  1. savez vous comment fonctionne un hôpital de proximité certains week-ends ??
  1. savez vous que des départs prévus peuvent s’anticiper ??? et amener à de nouvelles réflexions urgentes : certes des praticiens hospitaliers n’ont pas cherché de remplaçant mais la majorité cherche et ne trouve pas !!!
  1. savez vous qu’un praticien lambda a beaucoup de mérite en 2016 de cogiter un avenir , son avenir parfois quand il constate qu’un collectif , un maire et un député  sont à la baguette magique d’une situation où le corps médical est, pour moi , bafoué ???
  1. savez vous que votre maternité n’est que la face visible que vous avez bien voulu mettre en exergue occultant un vrai projet, à savoir la personne âgée dans toutes ses dimensions et un plateau technique adapté aux besoins de cette population et adapté à une démographie médicale réaliste ???
  1. savez vous ce que vous mettrez dans votre maison commune (dont plateau technique ++++) une fois construite ? moi ex OS, je ne sais pas, mais il est vrai que la vraie vie et des  praticiens  de terrain ne méritent pas ou guère d’attention  » citoyen , vous allez voir , ce que vous allez voir « ???

Voilà mon quizz , ne trompons pas la population , les élections ne doivent pas tromper le citoyen ou le mettre en situation d’attente , ouvrez les yeux sur la réalité de la vraie vie et tout le monde s’en portera mieux …la rue que je côtoie ne comprend pas …. »

3 commentaires sur « Devenir du centre hospitalier : la réaction sous forme de quizz d’un médecin hospitalier d’Oloron »

  1. Comme tous les écrits que j’ai pu parcourir sur le sujet, cette intervention est pour moi, et je suppose pour la majorité des citoyens ignares des choses de la médecine, encore une fois écrit en Volapük.
    Sur le devenir (ou la mort programmée, ou la mort inéluctable) de l’établissement public de soins d’Oloron, on entend s’exprimer pêle-mêle :
    – Des médecins adhérents ou non à un Collectif Santé auto-proclamé de référence (ceux-qui-comprennent-et-qui-savent)
    – Des hommes politiques locaux, aux arrière-pensées souvent plus tournées vers la prochaine échéance électorale que vers la gestion de la chose publique à l’instant T
    – Des journalistes qui j’en suis persuadé ne comprennent pas grand-chose à ce qui se passe mais ont un papier à faire, qu’importe ce qu’il y aura dedans pourvu que ça remplisse x colonnes dans la prochaine édition
    – Des représentants de l’ARS, bien dressés et payés pour décliner servilement et sans état d’âme les politiques essentiellement budgétaires venues d’en haut (on reboucle avec les politiques)
    – Des groupes de pression divers et variés issus ou cousinant avec des associations ou syndicats de toutes sortes, soucieux avant tout de communication vers l’externe .
    Bref, l’individu lambda, utilisateur de services publics à l’occasion et contribuable toujours, regarde tout ce cirque en se disant qu’au bout du bout, c’est lui et ses semblables qui se feront … avoir !
    Et pourtant : qu’est-ce qu’il veut l’habitant moyen du Haut-Béarn, qu’est-ce qu’il attend ce(tte) malheureux (se) contribuable de base ?
    Ce qu’il (ou elle) veut c’est vachement simple : c’est pouvoir se faire soigner pas trop loin de son domicile et des siens quand son petit cœur a des ratés. C’est se faire amener aux urgences quand il rate la marche de la palombière et se crashe au pied de l’arbre. C’est aller faire son bébé à une distance raisonnable et non dans une grosse usine à bébés à 1 heure ½ de chez elle.
    OK diront les ceux-qui-savent : ça c’était bon il y a 30 ans, aujourd’hui on est au 21e siècle, et ma bonne dame au 21e siècle ça ne marche plus du tout comme ça. Mais rendez vous compte !
    – Les médecins qui arrivent sur la marché sont en nombre insuffisant, il va en manquer partout, et de plus en plus ! (Qui est-ce qui a instauré le numerus clausus, et surtout qui sont ceux qui l’ont maintenu année après année ?)
    Pardon, il y en aura toujours en nombre suffisant, à Neuilly-Auteuil-Passy, à Nice, à Cannes ou à Biarritz. Bien sûr, les dépassements d’honoraires sont indispensables pour vivre décemment n’est-ce pas ?
    – Les médecins qui arrivent sur le marché sont à 2/3 des femmes, et vous comprenez elles ne veulent plus travailler à partir de 17 h, le mercredi, le samedi, quant à assurer des gardes, mais vous n’y pensez pas !
    – Il faut une vie culturelle riche sur le site, des beaux magasins et des beaux restaurants, une vie sociale animée entre gens du même monde
    – Pour faire fonctionner un service dans un hôpital, il faut 3 ou 4 spécialistes par spécialité, plus 2 ou 3 anesthésistes eux aussi spécialisés, un plateau technique à plusieurs millions d’euros, et le tapis rouge déroulé tous les matins à la prise de service.
    Bref à mon sens tout pourra aller droit quand les seigneurs de la médecine seront nationalisés, quand un Etat fort, qui ne l’oublions pas paye leurs études et les paye en grande partie via la bonne vieille Sécu, leur imposera des affectations de début de carrière en fonction des besoins de la population et non de leur désir individualiste et égoïste. Quand les mutuelles arrêteront de couvrir en tout ou partie les excès tarifaires de trop de ces messieurs-dames de la classe supérieure qui ont paraît-il prêté le serment d’Hippocrate.
    Bon je sais, tout ça c’est hors sujet, on est au 21e siècle voyons !
    Ben moi je suis un pur produit du 20e, imprégné de vieilles valeurs tout à fait désuètes aujourd’hui.
    Alors faites ce que vous voudrez, faites ce que vous pourrez, ce siècle n’est plus le mien.

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  2. Une solution sinon LA Solution est le déploiement de la e-Santé, ou « télé-Santé » (à ne pas confondre avec « télé-Médecine »), ici à Oloron, Haut-Béarn & Soule, comme ailleurs dans le pays hors les grandes agglomérations (et encore…).

    La e-Santé, c’est un ensemble de solutions techniques, aujourd’hui très simples à mettre en oeuvre et économiquement viables (lire : rentables pour l’Etat et la Sécurité Sociale et le Corps Médical et les Citoyens), permettant le suivi médical à distance (consultations, contrôles périodiques, etc.) et le maintien des personnes à domicile.

    Pour les médecins, généralistes et spécialistes (ophtalmologistes, médecins du sport, etc.), la e-Santé permet d’inverser la proposition : Au lieu de passer 80% de leur temps à traiter la Bobologie et remplir des papiers pour 20% de leurs revenus, ils peuvent s’occuper de ces 80% de leur clientèle « récurrente » en seulement 20% de leur journée, et se consacrer ainsi pleinement aux patients qui nécessitent une véritable attention (maladies graves, accidents, etc.).

    Pour les citoyens, la e-Santé permet entre autre d’économiser du temps : Au lieu de perdre 1 heure ou 2 dans une salle d’attente pour 10 minutes de consultation, on peut réaliser le check-up de chez soi, son médecin à l’autre bout du Skype (ou plutôt de la plate-forme dédiée), au lieu d’attendre 6 mois le rdv chez l’Ophtalmo on va chez l’Opticien du coin qui dispose de l’équipement ad-hoc, et le médecin se contente de valider… etc.

    Pour les personnes âgées ou à mobilité réduite, la e-Santé c’est aussi l’assurance d’être presque totalement en sécurité chez soi, grâce à la surveillance permanente des différents capteurs placés au domicile de la personne. Par exemple, si Mamie glisse sur le sol mouillé de sa salle de bain, les détecteurs de chute déclencheront l’alarme chez les proches et le personnel médical. Si son frigo reste fermé pendant plus de 6 ou 8 heures alors qu’on sait, grâce au capteur de présence, qu’elle est chez elle, une alarme va se déclencher chez ces proches et ce personnel médical. Etc, etc…

    En final, à la fin de la journée comme disent les Américains, la Sécurité Sociale aura réalisé de nombreuses et substantielles économies, alors que les médecins, eux, verront leurs revenus augmenter tout en ayant passé moins d’heures au travail…

    Le problème de l’Hôpital d’Oloron et plus largement de la couverture de Santé sur notre territoire est l’opportunité idéale pour déployer de telles solutions. En faisant de notre territoire un modèle d’excellence.

    Les techniques sont là, les produits, les équipements sont là. Reste la Volonté.

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