Transfert du Lidl route de Bayonne : toutes les raisons de l’avis défavorable de la Commission nationale d’aménagement commercial


C’est fou les coïncidences. Jugez-en. Le 15 juillet, Oloronblog publie un article sur la prochaine (?) création d’une résidence seniors au Gabarn. Et ne voilà-t-il pas que La République, qui n’avait réservé à cette opération aucun espace rédactionnel depuis que le permis de construire a été délivré par la mairie il y a plus de deux mois, croit devoir en ce 20 juillet consacrer tout un reportage au sujet.

Mais je tiens ma revanche… en complétant les informations contenues dans un article de La République du 12 juillet 2016. Article faisant état de l’avis défavorable rendu par la Commission nationale d’aménagement commercial (CNAC) sur le projet d’implantation de Lidl en bordure de la route de Bayonne.

On le sait, la surface commerciale Lidl a le projet de quitter son implantation actuelle, près du centre hospitalier, pour construire un nouveau magasin route de Bayonne. La commission départementale d’aménagement commercial (CDAC) avait émis un avis favorable à ce transfert. Mais deux surfaces commerciales exerçant une activité sur Oloron, Netto et Carrefour Market, ont exercé un recours devant la Commission nationale d’aménagement commercial. Et la CNAC a, au contraire de la CDAC, rendu un avis défavorable dans sa séance du 23 mai 2016.

La CNAC est une instance composée de 11 membres émanant de trois collèges : celui des grands corps de l’État (4 membres), celui des personnalités qualifiées (4 membres) et celui des élus locaux (3 membres). Sans que l’on sache qui a voté pour ou contre, la décision de la CNBAC a été rendue à une quasi-unanimité (6 voix pour l’avis défavorable, 1 voix contre).

La République évoque dans son article deux des motifs de l’avis défavorable : l’éloignement du centre-ville et un caractère architectural du bâtiment contestable. L’avis de la CNAC est beaucoup plus fourni. Je remercie le lecteur qui m’a signalé hier qu’il était consultable en ligne. Je vais donc reprendre ici dans le détail toutes les raisons par lesquelles la CNAC justifie sa décision. Étant entendu que le texte intégral de l’avis est consultable au bas du présent billet.

Voici toutes ces réserves (et la liste est longue) de la CNAC face au projet du Lidl :

  • « … le projet contribuera à la création d’un nouveau pôle commercial périphérique et ne participera pas à l’animation du centre-ville.. »
  • « … il engendrera l’imperméabilisation de terrains agricoles »
  • aucun document ne garantit le réalisation certaine du giratoire d’accès des véhicules lors de l’ouverture du projet au public
  • « … le site du projet n’est pas desservi par un réseau de transports en commun régulier »
  • le recours aux modes doux de transport (vélos ?) « … restera théorique compte tenu de l’éloignement du projet par rapport au centre-ville et aux zones d’habitation »
  • une insertion paysagère insuffisante pour « atténuer l’impact du projet sur son environnement »
  • « .. le projet ne s’accompagne d’aucun effort architectural »
  • le parc de stationnement est prévu intégralement de plain-pied

On notera à la lecture de l’avis que deux représentant de la mairie d’Oloron avaient fait le déplacement à Paris pour être entendus par la commission national d’aménagement commercial. Et ont probablement (le document ne précise pas la teneur de leurs interventions) plaidé en faveur du projet. Il s’agit du maire et de sa directrice de cabinet. Je ne doute pas une seule seconde des connaissances de cette dernière en matière d’aménagement commercial, mais je me demande si l’intervention d’un représentant de la CCPO (collectivité qui a compétence en matière commerciale) ou de l’Office de Commerce n’aurait pas eu plus de poids face aux membres de la CNAC.

Et maintenant ? Trois options s’offrent à Lidl

  • Renoncer à son projet
  • Retravailler le projet afin de lever ainsi les réserves exprimées par la commission. Mais on voit mal comment certaines de ces réserves (éloignement du centre-ville, imperméabilisation de terrains agricoles) pourront l’être. Sauf à changer de lieu d’implantation
  • Contester devant la juridiction administrative (cour administrative d’appel de Bordeaux) l’avis de la CNAC. En faisant valoir des arguments juridiques qui seront de nature à annuler cet avis

Et un vrai projet d’animation du centre-ville dans tout ça ? Toujours au point mort ? Si la solution était si évidente, voilà longtemps qu’elle aurait été trouvée. Mais on a un peu le sentiment que rien ne bouge. N’y aurait-il pourtant pas là un domaine qui donnerait l’occasion à la ville de travailler en parfaite concertation, la main dans la main en quelque sorte, avec la CCPO. Sans esprit de compétition… ou de leadership.

Ici le texte intégral de l’avis rendu par CNAC : Lidl

14 commentaires sur « Transfert du Lidl route de Bayonne : toutes les raisons de l’avis défavorable de la Commission nationale d’aménagement commercial »

  1. En Allemagne, beaucoup de magasins Lidl sont implantés… en centre-ville, dans des bâtiments « en dur ».
    Pourquoi pas imaginer un Lidl rue Louis Barthou, couplé à un service type « Drive » amélioré (pas besoin de voiture).
    Ça aurait de la gueule, et ça servirait de catalyseur à la revitalisation de cette artère tellement magique de notre belle ville.
    Je dis ça…

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    1. Tout à fait ! Et on retrouve ce même type d’installation à Paris par exemple. Certes, Oloron n’est pas la capitale de la France, mais a-t-on seulement étudié ici ce genre de solution ? Étant entendu qu’en l’espèce le projet représente quand même plus de 1 400 m²…. et que le stationnement restera quand même un problème vu les habitudes prises par les consommateurs.

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      1. Pas sûr !
        1) une analyse statistique de la fréquentation du Lidl actuel (très facile à réaliser) pourrait montrer le lieu de résidence des clients. Admettons que 80% viennent de « loin », et 20% du « centre-ville ». Ces 20% n’ont pas besoin de voiture si le magasin est transféré en centre-ville.
        2) pour les 80% qui viennent de plus loin, prenons comme hypothèse que 20% sont sur le parcours de la Navette. Couplé à un service de livraison à domicile, ils pourront aller au magasin grâce à la Navette, faire leurs emplettes et discuter le bout de gras, et rentrer chez eux les mains dans les poches, toujours avec la Navette.
        3) pour les 60% qui restent, on peut imaginer que 20% sont prêts à s’abonner au service de livraison à domicile, pour un surcoût marginal comparé à la perte de temps (et d’argent – carburant) occasionnée par le déplacement sur le site actuel.

        On est là en plein dans l’Aménagement du Territoire et le Développement Economique.

        TOUS les outils existent aujourd’hui, pour réaliser ces analyses fines des déplacements et des besoins des clients, pour organiser les services de transport « à la demande », et pour améliorer l’expérience-utilisateur.

        Cela participe de la fameuse « Ville Intelligente ».

        Un magasin Lidl rue Louis Barthou serait une formidable occasion de mettre toutes ces idées et solutions en pratique. Et au-delà.

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        1. Je suis entièrement d’accord avec vous : ces outils existent. Il suffit de consulter le dossier de permis de construire accordé récemment pour une surface commerciale à Oloron. Mais qui lancera ce type d’étude ? Car, si Lidl ou d’autres préfèrent envisager une implantation en périphérie, c’est qu’ils y trouvent davantage d’intérêt (et de profit) que dans une implantation en centre-ville

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  2. je ne comprends rien mais cela doit être de ma faute. La ccpo avec ses plu nous a bassiné avec les dent creuses qu’il fallait absolument remplir pour densifier l’habitat ( et cela dans tous les villages dont le mien) et que vois t on à oloron notamment devant l’hotel Alysson des sociétés qui n’ont rien à y faire notamment de service comme Comptadour ou la société de btp derriere ainsi que le cabinet d’architecte… Il eut été préférable de mettre des magasins du type de lidl et densifier avec de l’habitat autour…On aurait eu un coeur de ville pres de la cathédrale.

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  3. il existe un terrain parfaitement approprié ,a proximité immediate du centre ville, avenue ch et henri Moureu ou un projet comme celui ci pourrait parfaitement s’edifier. il faudrait decaisser pour permettre l’acces au park.ing qui se situerait sous la surface commerciale . le batiment en surface, qui n’occulterait pas la vue des riverains devrait etre traité architecturalement de façon a s’integrer dans le site

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    1. Comme quoi il existe bien d’autres solutions. Si Lidl veut bien les considérer d’un peu plus près. Mais si l’enseigne retenait cette solution Charles Moureu, ne serait-elle pas une concurrente directe de Carrefour Market qui est implantée du côté du Jardin public ? Carrefour Market qui est l’une des deux enseignes dont le recours a entraîné l’avis défavorable de la CNAC. Mais, après tout, ne sommes-nous pas dans un système d’économie libérale ?

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  4. Bonjour
    Sans vouloir polémiquer, pourquoi et toujours des installations de magasin sur… Sainte-Marie. Ce serait bien que ces magasins s’installent enfin sur Notre-Dame, quartier populaire qui n’a aucun commerce de ce type et qui pourtant est très « populeux »… Peut-être à méditer.
    Bonne journée

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    1. Oui, question surfaces commerciales de ce type, le quartier Notre-Dame est aussi le parent pauvre. Puisque la ville souhaiterait que les friches industrielles Dupeyrou soient un espace destinées à être urbanisées (cf les informations qui nous ont été données en réunion de comité de quartier par un représentant de la commune), pourquoi ne pas imaginer là un lieu d’implantation ?

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  5. Peut-être, pourrions nous, prendre en compte la réouverture des petits magasins .. au quartier Notre Dame, il y a l’épicerie de Stéphane.. pour la rue Louis Barthou, je serais d’avis de faire le test de la mettre en rue piétonne pendant quelques mois d’été et d’en faire un lieu festif…

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  6. Bonjour, Joël, le projet de résidence seniors au Gabarn avait été évoqué dans les colonnes de La République le 16 septembre 2015, un papier sur les projets de la ville qui accompagnait un entretien avec le maire (dans le cadre d’une série d’entretiens avec les « nouveaux maires » de Béarn et de Soule, un an après leur élection). Voici l’extrait en question : « Une résidence service pour les personnes âgées au Gabarn. Un « partenaire privé » est intéressé par la construction d’une résidence service (sorte de foyer logement) pour les personnes âgées au Gabarn (capacité estimée de 80 logements). La reconstruction de deux Ehpad (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) est également envisagée. »

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