La curieuse méthode du maire pour promouvoir l’inauguration d’une exposition


Exposition de Balincourt1JPGLe 8 juillet s’ouvrira à la salle Révol la première exposition de l’été. Avec les tableaux d’une artiste-peintre du nom d’Adelaïde de Balincourt. L’inauguration donnera bien évidemment lieu à un vernissage, terme qui désigne, quand on veut faire le savant, « la réception qui inaugure une exposition artistique » (cf la définition du Larousse). La lettre d’information de la mairie d’Oloron (nom quand même plus joli que « newsletter ») convie l’ensemble de ses abonnés à cette manifestation. Le maire y emploie pour rameuter les troupes deux arguments qu’à la place de Madame de Balincourt je n’apprécierais qu’à moitié.

Premier argument surprenant

Dans les quelques lignes qui accompagnent le carton d’invitation ci-dessus, le maire nous présente Madame de Balincourt de la manière suivante :

Expositon de Balincourt2J’ai surligné en jaune un corps de phrase parce que je me pose la question suivante : en quoi le fait de savoir que Madame de Balincourt est l' »épouse d’un investisseur important sur Oloron Sainte-Marie » présente-t-il un intérêt ? C’est l’artiste, non pas « l’épouse de…. » qui nous importe. Sauf à imaginer que c’est sa qualité « d’épouse de…. » qui a incité le maire d’Oloron à l’inviter à présenter ses œuvres ?

Cela étant, comme pas mal d’Oloronais je suppose, j’ignore tout du mari de Madame de Balincourt et des investissements importants qu’il a pu réaliser sur Oloron, probablement pour le plus grand bénéfice de notre commune.Le vernissage donnera j’espère l’occasion au maire de mieux présenter l’ensemble de la famille aux ignorants que nous sommes.

Second argument surprenant

Quelques heures après la réception de la première invitation, les abonnés à la lettre d’information ont reçu un second courriel :

Exposition de Balincoourt3

Pour nous annoncer la « présence exceptionnelle de Murray Head » à l’exposition. Ce qui donnera (ici encore, le surlignage est de moi) « Une occasion privilégiée de le rencontrer« . Donc, si je comprends bien, ce sera Murray Head (pour ceux qui ne le connaîtraient pas, c’est un chanteur qui a commencé sa carrière il y a une cinquantaine d’années) le héros de la fête, celui pour lequel on est appelé à se déplacer. Avec les tableaux d’Adélaïde de Balincourt pour décorer la salle.

En conclusion, je trouve, vous l’aurez compris, que la manière dont les Oloronais sont invités à participer à cette inauguration est assez désobligeante pour l’artiste. Elle devrait pourtant être la seule à être mise en valeur. Car, à moins qu’il n’y ait quelque chose qui m’échappe, ni son mari , ni un chanteur fut-il renommé ne sont pour rien dans le talent qui a conduit le maire à l’inviter à exposer son œuvre en notre ville.

Je décèle également une pointe de misogynie dans  cette invitation : imagine-t-on en effet une telle invitation pour promouvoir l’exposition d’un (et non d’une) artiste peintre, invitation où serait mis en avant, plutôt que les talents de l’artiste, les mérites professionnels de son épouse et la présence d’une célébrité au vernissage ? Non, bien sûr.

Il y a aussi une autre manière d’interpréter les choses : le maire considère les Oloronais tellement hermétiques à la culture qu’il se doit de leur donner de bonnes raisons de se déplacer.Des raisons telles que la présence du mari de l’artiste (style la présence de Sarkozy aux concerts de Carla Bruni) ou celle d’un chanteur que ces béotiens seront mieux à même d’apprécier que l’art pictural.

Post-scriptum qui a à voir avec ce qui précède : si après ce billet je ne suis pas rayé des abonnés de la lettre d’information de la mairie, c’est à désespérer

6 commentaires sur « La curieuse méthode du maire pour promouvoir l’inauguration d’une exposition »

  1. … et j’avais cru comprendre qu’une personne avait été embauchée à la mairie en qualité de « chargé de communication »… Là aussi c’est à désespérer !

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    1. À moins qu’il existe à la mairie des courts-circuits et que le chargé de communication n’ait pas même été informé du texte qui a été expédié aux abonnés de la lettre d’information

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  2. Bien vu ! Et pour en rajouter une couche, Murray Head est largement accessible sur Oloron sans devoir attendre un « moment exceptionnel » pour le rencontrer. Il fréquente avec plaisir quelques établissements de restauration oloronais que je ne citerais pas, et n’envoie jamais bouler personne quand on lui adresse la parole. Quant à la femme de… Sur qu’à sa place je prendrai cela assez mal !

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  3. son nom de jeune fille est Adélaïde de Haldat du Lys épouse du comte Testu de Balincourt.

    j’espere que ses investissements sur Oloron ne sont pas dans la pierre.. de carrières…:)

    c’est vrai que la présentation de cette dame est un peu cavalière voir rustique et provinciale……

    Mais autour du buffet il n’y paraitra plus

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  4. Je n’ai pas eu droit au carton…. J’ai beau être dans les papiers de Monsieur le Maire comme « pseudo-sympathisante » qu’on courtise à chaque réunion pré-électorale, je ne dois pas avoir le profil de l’électrice intellos fan de culture et expo ! 😄…

    Par contre, j’ai bien été clouée sur place par l’argument de Murray Head par la newsletter !!! Alors que dire du carton d’invitation ?…. Comment dire ….. Ils sont payés combien pour rédiger ça, les pros de la comm oloronaise ?….. Pitoyable

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