Projet de regroupement des cuisines centrales : les parents d’élèves s’inquiètent


Ami élu local, tu aspires à un mandat tranquille, à l’abri de tout stress et de toute contrariété ? Une solution radicale s’offre à toi : ne fais rien. Ne te permets aucune initiative, ne sors de tes tiroirs aucun projet, ne prends aucune mesure de nature à bousculer un tant soit peu les habitudes de tes administrés. Et, si cela se trouve, ils te ficheront alors une paix royale. Une paix royale, voilà le comble de la félicité pour un élu républicain.

Au contraire, si tu commences à envisager, pour ce que tu crois être le bien commun, telle ou telle pratique nouvelle, attends-toi à être secoué. Constitution d’une association de défense, signature de pétitions, organisation de manifestation peuvent vite venir sur la place publique. Veux-tu un exemple ? Regarde la poussée de fièvre que suscite en ce moment l’étude (car ce n’est pour le moment qu’une étude) du regroupement de la cuisine centrale gérée par la CCPO avec celle du centre hospitalier.

Ça n’a pas traîné. En l’absence apparemment d’une information appropriée en provenance de ceux qui sont à l’initiative du projet, les représentants des parents d’élèves manifestent leur inquiétude. Et invitent les autres parents à signer d’ici le 20 juin une pétition. Pourquoi le 20 juin ? Pour avoir le temps de la transmettre aux élus de la CCPO qui se réunissent le 22 juin. Voici le texte de cette pétition :

Pétition regroupement cuisines

On peut trouver dans cette pétition quelques arguments discutables. Ainsi, pourquoi ne serait-il pas possible, dans une fabrication des repas à la nouvelle échelle de tenir compte des filières bio et des circuits courts ? Et puis, en l’état actuel, les enfants bénéficient-ils de repas « faits maison » dans une cuisine qui en produit 900 par jour ? Enfin, le rapprochement repas pour les enfants/repas pour le service gériatrie s’apparente à de la caricature. Mais, après tout, une pétition ne force-t-elle toujours pas le trait ?

Cela étant, ce mouvement traduit une crainte que les élus concernés auraient bien tort de laisser prospérer. J’ignore si ces parents d’élèves ont déjà été destinataires d’une information, si leurs représentants ont été consultés. Si, comme ils l’assurent, tel n’a pas été le cas, sans doute est-il temps de le faire. C’est aussi cela, la démocratie participative. Et comme nous avons affaire ici à la CCPO, et non à la mairie, les possibilités de concertation sont beaucoup plus ouvertes.

2 commentaires sur « Projet de regroupement des cuisines centrales : les parents d’élèves s’inquiètent »

  1. Je suis étonné qu’il y ait si peu de commentaires à ton article .. je vais apporter, si tu veux bien une petite contradiction à tes affirmations !

    Un élu serait une personne qui « connaitrait le bien commun »?? Sans concertation, sans information.. qui choisirait l’été pour changer le fonctionnement de la cantine scolaire, tellement au fait de ce qui est bon et bien pour le petit peuple !!!

    Au nombre des personnes inquiètes tu oublies le personnel..

    En ce qui concerne les repas, non!!
    Plus la cuisine est grande et moins il y aura de cuisiniers.. les repas seront de types. Industriels ..

    Pour finir , je te rejoins sur un point 900 couverts, c’est déjà trop.. je propose de ré ouvrir les cuisines des écoles… (ça créerait plus d’emplois que l’ouverture de 4 carrières)

    Excusez-moi, Joël, je suis d’accord aussi sur le fait qu’il n’y a pas de besoins différents entre un enfant, une personne âgée ou un malade.. ils ont besoin de manger une nourriture saine..

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    1. Il y a eu un peu plus de commentaires lors de la publication du premier article que j’ai consacré à ce projet de mutualisation.
      Oui Serge, un élu est censé agir et croit souvent agir au nom du bien commun. Ce qui ne doit pas être exclusif de toute concertation.
      Tu me fais remarquer que j’oublie l’inquiétude du personnel. Reporte-toi à mon article précédent sur le sujet, tu verras que ce n’est pas le cas.Ces inquiétudes doivent être prises en considération mais dans un cadre plus large qui est celui de la prise en compte de l’intérêt général. Or il faut être réaliste, le temps des cuisines décentralisées pour la confection des repas des enfants, c’est fini. Les normes d’hygiène sont telles aujourd’hui que le coût de telles installations n’est plus supportable. C’est cela aussi gérer une collectivité : prendre la mesure du possible.

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