Quel jugement la romancière Zoé Shepard porte-t-elle sur Hervé Lucbéreilh ?


Avant d’entrer dans le vif du sujet, commençons par planter le décor. Zoé Shepard était l’invitée d’honneur du Salon du livre qui s’est tenu à Oloron samedi et dimanche dernier. Zoé Shepard, c’est le pseudonyme sous lequel une jeune fonctionnaire du Conseil régional de (Nouvelle) Aquitaine a écrit un roman à clé qui lui a valu une notoriété nationale. Un roman écrit sous le titre évocateur de « Absolument dé-bor-dée » dans lequel elle dénonçait avec un humour féroce les travers de fonctionnement d’une collectivité territoriale : élus incompétents, gaspillages en tous genres, personnel d’encadrement arrogant, comploteur et pléthorique.

Comme « Absolument dé-bor-dée » s’inspire de la collectivité et des élus et fonctionnaires du Conseil régional, certains ont cru s’y reconnaître. Mais ignoraient qui se cachait sous le pseudonyme de cet auteur qui semblait particulièrement bien renseigné. L’un de ses collègues de travail, qui était dans la confidence, sans doute soucieux d’une promotion, l’a révélé à sa hiérarchie. Résultat pour Zoé : une mise à pied. Qui a eu pour effet de faire encore plus de publicité à son livre.

Aujourd’hui elle continue à écrire (elle en est à son troisième roman) et à travailler au Conseil régional où elle a quitté le service « Relations internationales » pour le service « Transport » où elle trouve sa tâche passionnante. Venons-en maintenant au sujet de ce billet.

En achetant l’un de ses livres, j’ai échangé quelques propos avec Zoé Shépard durant une dizaines de minutes. Nous avons commencé par parler de son patron, Alain Rousset, que j’ai eu l’occasion de côtoyer durant ma vie professionnelle. Puis, ayant appris qu’elle avait participé la veille à une table ronde avec Hervé Lucbéreilh, je lui ai demandé ce qu’elle pensait de notre maire. Dans un premier temps, sa réponse a tenu en un mot : « Droit ».

A-t-elle perçu un bref haussement de sourcil de ma part ? L’a-t-elle interprété comme un signe d’étonnement voire d’incrédulité à l’écoute de ce qualificatif ? Elle a tout de suite ajouté : « C’est quelqu’un qui, au contraire de son prédécesseur, ignore tout des ficelles qui permettent à un maire de recruter, par clientélisme ou par opportunisme, qui bon lui semble en contournant la réglementation ».

Là, mon sourcil a dû prendre la forme d’un accent circonflexe. Je lui ai répondu que si Bernard Uthurry n’avait sans doute pas grand chose à apprendre en la matière, Hervé Lucbéreilh n’était pas en reste. Il suffit de voir la forme prise par les derniers recrutements auxquels il a procédé ainsi que de considérer les noms des heureux bénéficiaires de ces postes. Et, pour faire bonne mesure, j’ai également cité un autre exemple. Celui du camping municipal et du rabais sur le prix de vente que le conseil municipal s’apprêtait à consentir sans justification (c’est du moins le sous-préfet qui l’estime) à une personne réputée proche du maire.

Mes considérations ont-elles porté ? En tout cas, Zoé Shepard a conclu à propos du maire : « Vous savez, je ne l’ai croisé qu’un quart d’heure ». Talleyrand était un grand homme d’État. Cela ne l’empêchait pas de dire parfois des bêtises. Comme tout le monde. Ainsi en est-il du mot qu’on lui prête : « Méfiez-vous de votre première impression, c’est la bonne ». Quitte à choisir, je préfère la formule de Jules Renard qui était, comme son nom l’indique, un écrivain mordant : « On gagne à être connu, on perd à être trop connu ». Et ce n’est pas Zoé Shepard que je pense en rappelant cette citation.

 

3 commentaires sur « Quel jugement la romancière Zoé Shepard porte-t-elle sur Hervé Lucbéreilh ? »

  1. «  »c’est partout pareil » voila l’excuse que l’on entend le plus souvent pour justifier ou excuser ce genre de comportements.

    j’ai moi aussi relevé quelques bizarreries et hasards demandant confirmation…:)

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      1. oui assurément mais je m’en suis ouvert déjà à des responsables de l’accob mais pas par le biais « ouvert au public » dans la mesure ou les rouleurs de cailloux viennent y faire leur marché…:)

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