Maternité d’Oloron : deux chiffres que notre député Jean Lassalle n’a pas le droit d’ignorer


 

Cher Jean Lassalle,

Permets-moi de te tutoyer. Cette familiarité vaudra échange de bonnes manières, toi qui me tutoyas de même la seule fois où nous nous sommes adressés la parole, il y a de cela une dizaine d’années. Je constate par la presse l’application que tu mets à t’intéresser au devenir du centre hospitalier d’Oloron et en particulier à sa maternité. Mais, est-ce en raison de tes multiples occupations, la préparation de ta candidature à la prochaine présidentielle figurant au premier rang, que tu sembles dans tes prises de positions médiatiques sur le sujet ignorer quelques chiffres officiels qui devraient pourtant être de nature à te faire adopter un point de vue un peu plus nuancé. Si tant est que la nuance figure au nombre de tes capacités. Voyons cela dans le détail.

Tu fulmines contre le nombre de lits prévu pour la maternité lorsqu’elle sera transférée d’ici le 1er juillet sur le site de Légugnon. Cinq lits, cela te parait bien peu au regard des 15 lits existant sur le site de Saint-Pée. Mais sais-tu quel est le taux moyen d’occupation de ces 15 lits à l’heure actuelle ? 22%. Un simple et rapide calcul arithmétique arrondi à l’entier supérieur suffit à s’assurer que 22% correspondent à 4 lits. Par voie de conséquence, 5 lits couvrent sans problème les besoins. Tu n’as donc à nourrir et à partager aucune inquiétude dans ce domaine, surtout si tu prends en compte le second chiffre qui va suivre.

Sais-tu (il te suffirait pour cela de te rendre sur le site Internet Périnatalité) que, depuis des décrets du 9 octobre 1998, les maternités sont classées en trois types en fonction du niveau de soins aux nouveau-nés :

  • Les maternités de type I disposent d’une unité d’obstétrique. Elles sont destinées à la prise en charge des femmes dont la grossesse ne présente pas de risque particulier et des nouveau-nés qui ne nécessitent que des soins de puériculture.
  • Les maternités de type II disposent d’une unité d’obstétrique et d’une unité de néonatalogie. Elles sont destinées à la prise en charge des grossesses à risque modéré et des nouveau-nés nécessitant une surveillance particulière, mais pas de soins en réanimation.
  • Les maternités de type III disposent d’une unité d’obstétrique, d’une unité de néonatalogie et d’une unité de réanimation néonatale. Elles sont destinées à la prise en charge des grossesses à haut risque et des nouveau-nés présentant des détresses graves.

Sais-tu (il te suffirait pour cela de te rendre sur le site Internet Scope Santé de la Haute Autorité de Santé) que la maternité d’Oloron est classée au niveau 1. Elle ne devrait donc pas, au titre de la règlementation suivre les grossesses à risque. Or sais-tu que les grossesses à risque représentent 16% de son activité ? Alors qu’elle n’est pas dotée de tous les équipements nécessaires (unité de néonatologie en particulier). Cette situation ne t’interpelle-t-elle pas ?

Que la population oloronaise souhaite conserver un service hospitalier de proximité, quoi de plus normal ? Que les hommes politiques, par souci de récupérer le maximum d’électeurs, se laissent porter par l’opinion en évitant soigneusement un discours de vérité, là encore, mais malheureusement, quoi de plus normal ? Mais comme tu te défends d’être un candidat normal, j’espère que tu feras fi dans cette affaire de ton intérêt immédiat. Alors, cher Jean Lassalle, souviens-toi de ces deux chiffres que le maire d’Oloron connait : 22% et 16%.

Post-scriptum : une information qui, à moins que tu n’en dispose déjà, devrait t’intéresser : le directeur de l’Agence Régionale de Santé, celui qui a entre les mains l’avenir de la maternité, sera au centre hospitalier le 27 juin 2016. Pour quelle raison ? Je l’ignore à l’heure où je t’écris ces quelques lignes.

(Billet actualisé le 9 juin à 16 heures) grâce à un lecteur du blog : la réunion se tiendra le 27 juin à 15 heures au centre hospitalier. Elle aura pour objet un « point d’avancement sur le plan d’action visant au maintien de l’activité d’obstétrique au centre hospitalier d’Oloron ». Je sais que les représentants syndicaux y sont conviés, tout comme Robert Bareille pour le Collectif Santé.Concernant les autres participants, on peut penser qu’au moins  Jean Lassalle, le maire d’Oloron et des représentants du corps médical ont également été destinataires de cette invitation.