Projet de mutualisation des restaurations scolaire et hospitalière : pas de quoi en faire tout un plat


Soit une première cuisine, celle de la restauration scolaire, qui produit 900 repas/jour et fonctionne dans des locaux mal adaptés qui nécessiteraient une rénovation coûteuse. Soit une seconde cuisine, celle du centre hospitalier, qui est en sous-capacité de production (production de 2 000 repas/jour pour une capacité de 3 500). Ces deux unités fonctionnent avec l’argent du contribuable. L’idée d’étudier la possibilité de mutualiser les services, c’est-à-dire de faire confectionner tous les repas (scolaires et hospitaliers) dans cette seconde cuisine est-elle si saugrenue ? Non, bien sûr si l’on se place du simple point de vue économique.

Mais derrière les fourneaux, il y a les hommes. Or, on le constate en ce moment en France, toute idée de changement est accueillie avec une grande frilosité. Et, dans la fonction publique peut-être plus qu’ailleurs, les salariés ont peur du changement. Combien de fois ai-je entendu cette réflexion lorsqu’il était demandé aux agents de modifier un tant soit peu leur organisation de travail habituelle : « Oui, mais on a toujours fait comme ça » ? Les mêmes convenaient d’ailleurs bien souvent ensuite que ce nouveau mode de travail (par exemple l’instauration de la journée continue dans les services techniques) était bien plus intéressant et que pour rien au monde ils ne voudraient revenir à la situation antérieure.

Dans le cas présent, si j’en crois la presse de ce matin, la moutarde commence à monter au nez de certains. Alors que rien n’est acté. Que l’on en est à peine à la phase des études de faisabilité. Cela étant, on peut se mettre à leur place : il y a, dans d’autres domaines des études de faisabilité dont on connaît la conclusion avant même qu’elles n’aient été engagées. Ce ne sont pas ceux qui vivent du côté du Bager ou du côté de Soeix qui diront le contraire.

Mais revenons à la réflexion engagée au niveau de la CCPO. Les élus doivent certainement tenir grand cas de l’inquiétude manifestée par les salariés. Mais n’est-ce pas l’intérêt d’une étude de faisabilité digne de ce nom que d’évaluer les avantages et inconvénients de ce projet de mutualisation sur les plans humain, économique, technique (la liaison chaude et la liaison froide), juridique et… politique. Politique dans le sens de gestion de la cité. Une politique qui consistera, si la balance penche en faveur des avantages, à faire en sorte que les inconvénients décelés au cours de l’étude soient réduits au minimum.

Des élus qui disent découvrir aujourd’hui le projet. Soit ils sont de mauvaise foi, soit ils ne connaissent pas leurs dossiers. Il y a quelques semaines, ils ont en effet adopté un « projet de territoire », document qui est censé décrire les futurs objectifs de la CCPO. Or, que trouve-t-on écrit noir sur blanc au nombre de ces objectifs ? « Etude de l’opportunité d’une mutualisation de la restauration collective avec le Centre Hospitalier d’Oloron », avec l’année 2016 comme année de réalisation de cette étude. Pour une fois qu’une administration tient ses délais…..

Il faut être réaliste : les finances publiques sont dans un tel état que tout ce qui va dans le sens d’une gestion plus efficace doit être regardé avec attention. Alors, laissons l’étude de faisabilité aller jusqu’à son terme avant de faire monter la mayonnaise ou de sortir les couteaux.

11 commentaires sur « Projet de mutualisation des restaurations scolaire et hospitalière : pas de quoi en faire tout un plat »

  1. le petit maire d Agnos avoue sincèrement qu il ne connaissait pas le dossier. comme l a dit le président la démarche a été commencée lors de la mandature précédente.les conseillers communautaires de l époque n ont jamais été tenus au courant tant au niveau des discussions avec le capa qu au niveau des discussions avec l hôpital Donc je ne connaissais absolument pas le dossier . cqfd

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    1. Monsieur le maire d’Agnos laisse-t-il entendre à demi-mots qu’il est mieux informé par un président de droite qu’il ne l’était par un président de gauche ? 🙂

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  2. Oui ! J’entends : faisabilité, financement, rationalisation, économie, etc.. et si la question était ailleurs ? Si, nous vous parlons de changement! Le changement est peut-être ailleurs ? Nous vous parlons de nourriture pour des enfants, des malades, etc.
    Peut-être pourrions-nous. Parler circuits courts ? Alimentation saine (bio)? Installation de producteurs de proximités? Ceux ci ne trouvent pas de terre qui dont mangé par les lotissements, routes, bretelles..
    OK. Au changement dans l’attitude des décideurs.. concertation et échange, vision à long terme…

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  3. Dede doit se souvenir qu a l époque de HLB nous avons évité de peu la privatisation A mon avis en plus des arguments de J Adam auxquels je souscris le fait d avoir une cuisine unique dans un établissement public nous protégera de cette possibilité Il est également plus aisé de contrôler la qualité que si c est la Sodexo par ex
    Gerard Hure

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  4. Mr Adam encore une fois dans le mille,très bonne analyse sur l’ensemble du dossier comme d’habitude .A bientôt et grand plaisir à vous lire.

    Philippe GARCIA

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  5. Completement d’accord avec l’analyse de Monsieur Adam même si certains chiffres sont erronés. La production de l’hopital par exemple est de l’ordre de 1000 repas par jours (un peu plus de la moitié pour le midi, un peu moins pour le soir) ce qui fait que la production de l’hopital n’est pas plus industrielle que celle de la CCPO. Petite erreur sur la capacité de production de la nouvelle cuisine de l’hopital egalement mais cela ne change rien. Erreur egalement reprise d’un des articles de la PQR qui déclarait il y a une 15aine de jours que l’hopital fonctionne en liaison chaude. Absolument faux. Il fabrique comme la CCPO en liaison froide. Et pour essayer de rassurer les inquiets, l’hopital s’approvisionne à 90% auprès des mêmes fournisseurs que la CCPO et achete localement la viande fraiche ainsi que le pain.
    Bonne journée et bon appétit.

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  6. Les informations apportées par Monsieur Laborde sont erronées et témoignent d’une méconnaissance totale du sujet de sa part ! A bon entendeur…

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