Le personnel municipal a bien augmenté entre 2014 et 2015


Des élus peu intéressés par les questions budgétaires

Dans la communauté de communes où j’exerçais avec talent ( ???!!!) mes fonctions, la commission des finances était celle qui était le moins prisée par les élus. Il arrivait même que, lors des réunions consacrées au budget, les fonctionnaires soient plus nombreux autour de la table que les délégués communautaires. À Oloron, la question ne se pose même pas. Et pour cause : il n’y a pas de commission des finances. Et pas uniquement depuis 2014. On peut se demander dans ces conditions dans quelle concertation est élaboré le document qui définit annuellement l’action municipale, mais là n’est pas le sujet du jour.

Un document très instructif

Pour qui veut s’en donner la peine, la lecture du budget se montre pleine d’enseignements. Dans les années 60, l’un des plus grands magasins de France avait lancé le slogan : « On trouve de tout à la Samaritaine ». On pourrait presque le reprendre ici à notre compte pour affirmer : « On trouve de tout dans le budget municipal ». On y trouve bien sûr dans le détail les diverses dépenses et recettes de la commune. Mais on y trouve plus que ça.

Une mine d’informations

Grâce aux annexes qui forment une bonne partie du document, on peut connaître de façon précise (et la liste n’est pas exhaustive)

  • tous les emprunts contractés par la commune, taux, durée, montant compris
  • tous les emprunts contractés par des tiers (Fondation Pommé, La Haüt, le Pact du Béarn, le Festival des Pyrénées (!) et garantis par la commune
  • le montant et les destinataires de toutes les subventions versées par la commune
  • les taux et bases des impôts communaux
  • l’état du personnel communal

Les créations supplémentaires d’emplois, objet d’une polémique récurrente

Les créations d’emplois nouveaux, voilà l’occasion d’une passe d’armes régulière entre majorité et opposition. Devant l’augmentation continue des effectifs municipaux, chaque partie se retourne vers l’autre en l’accusant d’avoir embauché à tour de bras, bien entendu par seul intérêt clientéliste. Attaqué comme son prédécesseur sur la question, le maire actuel a répondu qu’il allait faire en sorte de prendre des mesures au fil du temps. Ainsi, les départs en retraite ne seraient plus obligatoirement compensés. Qu’en est-il aujourd’hui ?

2014-2015 : + 7 emplois

Méthode suivie : à partir des documents budgétaires mis obligeamment à ma disposition par la mairie, j’ai relevé le nombre d’emplois budgétaires au 31 décembre 2014, au 31 décembre 2015 et ceux qui étaient prévus dans le budget primitif 2016. Le résultat est sans appel : entre 2014 et 2015, 7 emplois nouveaux ont été créés. Et le chiffre restera le même en 2016 : 192 emplois à la Ville. Non compris les agents qui travaillent à la régie assainissement, à la régie des eaux ou au CCAS qui, pour les deux premiers (je n’ai pas les chiffres du CCAS) représentent une vingtaine de personnes en plus.

 

Nombre d'emplois au budget
Nombre d’emplois à la Ville d’Oloron

L’augmentation de la précarisation

Quand on regarde le tableau d’un peu plus près, on s’aperçoit, pour les résultats définitifs, c’est-à-dire ceux de 2014 et 2015, que, si les emplois de titulaires-fonctionnaires ont légèrement diminués (- 3, soit 150 titulaires fin 2015), ceux des non-titulaires ont fortement augmenté (+ 10, soit 42 non titulaires fin 2015). Au contraire des fonctionnaires, la quasi-totalité de ces non titulaires ne sont pas garantis de conserver leur emploi d’une année sur l’autre. Ils font partie de l’une des trois catégories suivantes : les apprentis, les contrats à durée déterminée, les emplois aidés (ces derniers ayant été embauchés soit dans le cadre d’un CAE – contrat d’accompagnement à l’emploi – soit dans le cadre du programme Emplois Avenir).

Tentative cynique d’explication

Vu du côté de la municipalité, ce recours à des emplois précaires plutôt qu’à des emplois à durée indéterminée peut présenter un double intérêt :

  • il vaut mieux s’attacher les services d’un agent de façon temporaire. Il ne pèsera pas sur le budget de la collectivité tout le long d’une carrière de plusieurs dizaines d’années.
  • vu les aides apportées par État, il vaut mieux pour le budget communal recruter des « emplois aidés » plutôt que des fonctionnaires

Les questions qui se posent alors : que fait-on de ces personnes à la fin de leur contrat ? On les renvoie vers Pôle Emploi ? Pour en recruter d’autres sous le même statut ?

2 commentaires sur « Le personnel municipal a bien augmenté entre 2014 et 2015 »

    1. C’est un choix volontaire : celui de comparer la situation à un an de différence pour la même équipe municipale. Si j’avais pris le 31-12-2013 pour référence, on aurait eu beau jeu de me dire que, l’année 2014 ayant été gérée pour partie par l’équipe Uthurry et partie par l’équipe Lucbéreilh, rien ne permettait de déterminer ce qui était imputable à l’une et à l’autre.
      Cela étant, je suis prêt, pour le fun, à ajouter une colonne à mon tableau. À condition que quelqu’un me fournisse le compte administratif 2013 de la ville 🙂

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