Projet de carrière du Bager : les dits et les non-dits de Monsieur Costanzo


La presse quotidienne locale fait ce matin le point sur l’état d’avancement d’un volet des études commandées par la société GC Conseil en vue de l’exploitation d’une carrière de pierres au Bager. Elle se prête ainsi à une belle opération de communication du patron de ladite société, Monsieur Guillaume Costanzo. Opération de communication, à ne pas confondre avec information.

Information et communication
Information, c’est lorsque vous faites le point sur l’état d’avancement d’un dossier en évoquant les éléments qui vous sont favorables sans pour autant éluder ceux qui le sont moins. Communication, c’est lorsque, comme dans le cas présent, vous convoquez la presse pour lui faire passer un message où vous mettrez en avant les seuls éléments qui sont favorables ou que vous voudrez présenter comme favorables à votre projet. Au lecteur de gratter la surface des choses, étant entendu que le plus intéressant n’est pas dans la partie de l’article de La République présentant une nouvelle batterie d’études géologiques, mais dans les propos tenus en annexe par le patron de GC Conseil. Démonstration.

La taille du gisement
Monsieur Costanzo considère que « le gisement oloronais de la forêt du Bager est énorme ». Traduction : l’exploitation concernera donc une superficie très supérieure à celle que le maire annonçait lors du conseil municipal du 5 octobre. Rappel de ses propos d’alors : « La carrière fera effectivement 8 ou 9 hectares. Sûrement, pas davantage. ». L’exploitation intéressera aussi une superficie bien supérieure à 20 hectares, chiffre avancé par Monsieur Constanzo dans Sud-Ouest le 9 mars dernier. Dommage que la question ne lui ait pas été posée… ou qu’il n’ait pas souhaité y répondre.

L’intérêt départemental et régional du gisement
Toujours selon Monsieur Costanzo, on pourrait couvrir les besoins du département (200 000 tonnes par an) durant plus d’un siècle et ceux de la région (plusieurs millions de tonnes par an) durant plusieurs dizaines d’années. Traduction : en faisant valoir que l’exploitation présente un intérêt départemental voire régional, Monsieur Costanzo pense pouvoir s’attirer les bonnes grâces des services de l’État qui seront davantage enclins à faire montre d’une attention compréhensive ou, si l’on préfère, d’une compréhension attentive devant la demande d’autorisation d’exploitation présentée par la société GC Conseil.

Remarque annexe : les drôles de calculs de Monsieur Costanzo
Soit, ce qui n’est pas exclu,  je ne sais pas compter, soit les chiffres de Monsieur Costanzo sont…. approximatifs. Si l’on considère, comme il l’affirme, que l’importance du gisement permet de couvrir les besoins du département (200 000 tonnes par an) pendant plus d’un siècle (disons 115 ans), cela signifie que le volume du gisement est évalué à 200 000 X 115 = 23 millions de tonnes. Si l’on considère, comme il l’affirme, que l’importance du gisement permet de couvrir les besoins de la région (plusieurs millions de tonnes par an, disons 3 millions minimum) durant plusieurs dizaines d’années (disons 30 ans minimum), cela signifie que le volume du gisement est évalué à 3 X 30 = 90 millions de tonnes. Alors, 23 millions ou 90 millions ? Soit le journaliste l’a mal compris, soit il nous raconte n’importe quoi en faisant état de volume du gisement allant du simple au quadruple.

Conclusion consensuelle
Nous serons tous d’accord là-dessus, nous avons avec la forêt du Bager une véritable mine d’or. Mais le consensus s’arrête à cette constatation. Les divergences commencent lorsqu’il s’agit de définir la nature de la mine d’or en question. Pour les uns, la mine d’or, c’est le patrimoine culturel et environnemental que représente cet espace. Pour les autres, c’est le bénéfice potentiel qu’ils pourront retirer de l’exploitation économique de cet espace. Points de vue irréconciliables. Qui l’emportera ? Réponse dans les prochains mois.

15 commentaires sur « Projet de carrière du Bager : les dits et les non-dits de Monsieur Costanzo »

    1. Bonjour,
      Non, rien à cette heure-ci. Le maire a bien évoqué la passation d’un contrat de fortage qui permettrait à la commune de percevoir une redevance sur chaque mètre cube extrait. Mais cela reste pour l’heure bien nébuleux (quel serait le montant de la redevance ? pour quel volume estimé ? quelles seraient les autres conditions fixées par la commune ? le terrain resterait-il propriété communale ou serait-il vendu à GC Conseil ? etc.)

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  1. Pour ce qui concerne le volume, les chiffres ne sont peut-être pas exagérés, si on considère qu’il est question de raser deux pics :; pain de sucre et cerisier (entre autres) – Pour la question des exercices de math : 200.000 tonnes par an, sachant qu’un camion transporte 15 à 20 tonnes combien de camions circuleront sur nos routes (environ 13.000 par an) – si on applique le calcul pour fournir la région, on est à 200.000 camions par an soit 800 par jour. On comprend mieux la bretelle de contournement d’Oloron. Nous ne faisons pas entrer dans ce calcul la carrière de Soeix, La carrière de Bugangue, la tourbière d’Escout, la carrière de Laborde, la carrière de Daniel et la carrière Duturry… tous ces camions, avec leurs lots d’accidents, de pollutions en tous genres, seront là pendants des décennies pour rappeler à chaque habitant d’Oloron sa responsabilité à ne pas avoir agis et réagis au bon moment. Bien entendu, certaines personnes auront une part plus lourde à porter (que les camion) et je pense en premier lieu à nos élus. Les décisions concernant ces dossiers seront prisent bientôt (peut-être au conseil municipal de juillet?! pendant les vacances) Alors, rejoignez l’Association Contre les Carrières d’Oloron et du Bager (ACCOB) ou/et venez casseroler tous les lundi de 17h30 à 18h30 devant la mairie d’Oloron avec le collectif d’opposant aux carrières. C’est notre responsabilité à chacun….aujourd’hui pour préserver notre demain!!

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  2. Mis à part l’opération de greenwashing fait par Mr Costanzo comme il a l’habitude de le faire depuis qu’on le voit sur la presse et ailleurs.
    Je reprends la comptabilité de Serge, que j’ai tout de même contrôlé 🙂
    pour aller un peu plus loin.
    Sachant que le responsable de GC Conseil minimise toujours les choses pour ne pas effrayer la population, mais intéresser suffisamment les politiques décideurs.
    Les 800 camions journalier de l’éventuelle carrière du Bager, si l’on considère que pour accéder à la ligne TGV ou les infrastructures utilisant cette roche feraient en moyenne 250km allé/retour, ceci ferait une émission de CO2 de 320 tonnes jour, soit 80 000 tonnes/an.
    Additionné aux autres carrières, je n’ose me lancer dans le calcul…
    C’est terrifiant !
    On doit considérer également qu’il y aurait plusieurs dizaines, voire centaine d’hectares de forêt en moins pour régénérer cet air pollué de bien d’autres cochonneries que ce CO2.
    Nos politiques, nos élus locaux veulent-ils la mort non seulement de notre région et son tourisme, mais également de sa population?…

    Par contre notre blogueur pose une question dans un commentaire
     » le terrain resterait-il propriété communale ou serait-il vendu à GC Conseil ? » .
    Sur la délibération du conseil municipal du 31/07/2014 était indiqué que la mairie vendrait les parcelles au prix fixé par les domaines (moins 30% comme à son habitude)…

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    1. 1/ Je ne comprends pas le calcul de 800 camions/jour de Serge.
      2/ Une question à creuser (je n’ai pas la réponse) : si la commune veut passer un contrat de fortage pour l’exploitation de la carrière, ce qui lui permettrait de percevoir une redevance sur chaque mètre cube extrait, ne doit-elle pas rester propriétaire des terrains ?

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  3. Le calcul est simple, vous parlez de 3 millions de tonnes par an (option régional) .. À raison de 15 tonnes par camion, divisé par 50 semaines, redivisé par 5 jours, vous arrivé â 800 camions… Le compte est bon Joël !! .. Mais, je me répète, nous parlons que d’une carrière !! Il faut en rajouter 6 pour faire bonne mesure..

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  4. Le calcul de Serge. semble faux. Surement c’est il emporté à la lecture de cet article….
    200 000 tonnes par an divisé 15 tonnes qui est la moyenne transportée par des camions classique, donne 13333 camions à l’année.
    Au dires de Costanzo le besoin régional est au moins 5 fois supérieur, ce qui donnerait environ 70000 camions/ an.
    Donc 267 camions/jour multiplié par deux, puisqu’il y a toujours un allé/retour…. (534 passages)

    Je rectifie donc mes calculs également.
    Ce sera donc environ 106 800 tonnes de CO2 par an, ce qui est tout de même énorme.
    J’espère ne pas m’être trompé ce coup-ci :/

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    1. Serge n’a pas tort dans le cas d’une extraction de 3 millions de tonnes par an (puisque Constanzo parle de « plusieurs millions de tonnes » dans le cas d’une couverture des besoins régionaux).
      Et tu n’as pas tort si on parle d’un million de tonnes par an.
      Le problème, c’est que Constanzo avance des chiffres différents selon les articles ! Normal donc qu’on s’y perde 🙂

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  5. Whaouuu ! on a écrit en même temps et je ne sais d’où sortent ces 3 millions de tonnes…
    J’ai vu écrit des millions de tonnes..
    On se perd tellement c’est énorme !

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    1. Les « 3 millions de tonnes », c’est mon interprétation du « plusieurs millions de tonnes » de Constanzo. Mais, effectivement, « plusieurs millions de tonnes », ça peut commencer à 2 millions 🙂

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  6. la délibération de juillet 2014 fait état d’une vente de terrain au prix des domaines (pas très élevé pour de la forêt) et en aucun cas de droit de fortage ?
    au delà des nuisances pour les riverains, je ne suis pas persuadée que la Commune soit réellement gagnante dans cette affaire.
    peut être que la presse pourrait poser cette question à Monsieur Constanzo (le payeur) lors de sa prochaine venue ?
    « a combien s’élèvent les droits de fortage ? »
    la réponse risque d’être cinglante !
    je dis ça, je dis rien…

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    1. Exact : la délibération du 31 juillet parle de vente de terrain et non de contrat de fortage. L’histoire du contrat de fortage, le maire l’a sortie dans la presse quand l’affaire carrière a commencé à faire du bruit. Pour laisser entendre aux Oloronais que ce contrat pourrait rapporter à la ville des centaines de milliers d’euros par an. On aimerait en effet avoir la position de Monsieur Costanzo sur la question.

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  7. J’ai bien peur que concernant ce sujet nous ne puissions faire plus confiance à l’un qu’à l’autre, puisqu’ils semblent de connivence et que la réalité nous sera cachée jusqu’à ce que le dossier soit suffisamment avancé pour avoir être voté en mairie.
    Voté par un conseil municipal qui, comme à son habitude, votera les yeux fermés sans en savoir davantage.
    Le poids de ce vote leur incombera d’ailleurs des dizaines d’années lorsqu’on ne parlera plus de Mr Lucbereilh.

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