Jean Lassalle veut rassembler les Français… mais diviser les Hauts-Béarnais


Sans doute suis-je loin d’être l’un des premiers à l’observer, mais avez-vous remarqué la forte similitude qui existe entre la carte de la Corse et celle de la communauté de communes de la Vallée d’Aspe ? Ceux qui voudraient encore s’en convaincre peuvent le vérifier en comparant les deux photos ci-dessous.

 

Seul un sociologue (et encore…) pourrait l’affirmer avec aplomb, mais peut-être qu’il faut trouver dans cette forte ressemblance des contours géographiques une explication à l’égal souci d’indépendance dont font preuve depuis la nuit des temps les hommes et les femmes qui peuplent ces deux contrées. Côté Vallée d’Aspe, nous vivons en ce moment un nouveau témoignage de cette affirmation de souveraineté sourcilleuse.

Jeudi soir en effet, lors du conseil communautaire, le maire de Lourdios-Ichère a levé l’étendard de la révolte. Pas question pour lui d’approuver l’arrêté du préfet prévoyant la fusion de la communauté de communes de la Vallée d’Aspe avec ses voisines de la vallée de Josbaig, de la vallée de Barétous et du Piémont oloronais. Cette opposition à la fusion serait partagée par une majorité de communes de la vallée.

Oui, mais comment y échapper ? Le Béarnais, fut-il aspois, est par nature procédurier. Pour le maire de Lourdios-Ichère, le préfet aurait omis une étape sur le long chemin des actes administratifs menant à la fusion. Et ce loupé pourrait justifier un recours devant le Tribunal administratif. Après tout, pourquoi pas ? Mais ce ne serait là qu’une manœuvre dilatoire.

Car, au pire, l’arrêté du préfet sera retoqué par la Justice. Mais alors, la procédure reprendra dans les formes. Et il est bien peu probable qu’il soit donné la possibilité à une collectivité de moins de 3 000 habitants (2 787 selon la préfecture), de vivre tel le village gaulois, repliée sur elle-même. Surtout à une époque où, restrictions financières aidant, les collectivités ont tout intérêt à jouer la carte de la mutualisation et du partage.

J’avoue que dans ce dossier la stratégie du maire de Lourdios-Ichère m’échappe. Ce maire, chef de file des opposants, n’est autre que Jean Lassalle. Jean Lassalle, accessoirement député et, encore plus accessoirement candidat déclaré à la présidence de la République. Un homme politique qui s’est mis « En Marche ! ». Avant même Emmanuel Macron. Jean Lassalle qui, s’il veut conquérir le pouvoir, a donc l’ambition de rassembler le plus de Français possible. Mais qui sur le plan local joue la division.

Incompréhensible. Comment, lorsque l’on ambitionne d’occuper les plus hautes fonctions, peut-on faire preuve d’une telle étroitesse de vue ? Comment peut-on ignorer, ou feindre d’ignorer, que l’avenir de nos territoires passe par l’échange, la coopération, l’élargissement ? Ou bien, seconde hypothèse, Jean Lassalle, qui a oublié d’être sot, poursuit un objectif connu de lui seul. Dommage que ce soit au détriment d’une vallée qu’il dit chérir plus que tout.

« L’union est un combat », proclamaient – proclament encore ? – les communistes. Daniel Lacrampe, le président de la communauté de communes du Piémont oloronais, pourrait reprendre la formule à son compte. Lui qui, à longueur de journées, prépare– avec l’appui de techniciens et d’élus parfois aspois – la fusion des quatre communautés de communes de façon à ce qu’elle se passe au mieux, se serait sans doute volontiers passé de ce coup d’éclat. Qui risque en plus de finir en coup d’épée dans l’eau.

4 commentaires sur « Jean Lassalle veut rassembler les Français… mais diviser les Hauts-Béarnais »

  1. Bonne pioche encore une fois.Superbe analyse d’une anomalie politique Jean Lassalle.Malheureusement espèce politique pas prêt de disparaître dans nôtre pauvre contrée.amicalement .Ph.Garcia

    Philippe GARCIA

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