Un séisme, c’est comme la politique : il y a la réalité…. et il y a le ressenti


La ville d’Oloron a connu le 11 mai un tremblement de terre. Sa magnitude : 3,9 selon les données communiquées par le Réseau national de surveillance sismique basé à Strasbourg. L’échelle d’intensités macrosismiques telle que la publie le Bureau central sismologique français va de 1 à 10. Une intensité de 4 se traduit par aucun dégât sur les bâtiments vulnérables, aucun dégât sur les bâtiments peu vulnérables et une perception humaine modérée du phénomène.

Pourtant, la presse publie des bribes de témoignages qui démontrent que le ressenti a été très différent selon les personnes. Certains ont trouvé la secousse forte quand d’autres, tout en l’ayant perçue, ne la jugent pas violente. Certains ont eu très peur, d’autres un peu moins, d’autres pas du tout. Pourtant, ces témoins parlaient du même tremblement de terre, de la même intensité (3,9) pour tout le monde.

Oui mais voilà, nous ne sommes plus ici dans la réalité objective (3,9), mais dans le ressenti. Il est évident qu’une personne couchée ou assise aura une impression beaucoup plus vive de l’évènement qu’une personne debout qui est en train de s’activer à la préparation du repas ou, déjà, à la vaisselle. Même différence d’appréciation entre quelqu’un qui est au rez-de-chaussée de sa maison et quelqu’un qui est au sixième étage d’un immeuble. Et pour chacun d’entre nous ce ressenti prime sur la réalité objective.

Cette différence ressenti/réalité objective se retrouve en politique. Pour évaluer l’action d’une municipalité, nous avons à notre disposition des éléments concrets : ses réalisations, des tableaux de bord analysant l’activité des services, des ratios financiers extraits des budgets. Mais la plupart du temps, ce n’est pas sur ces données rigoureuses que nous nous déterminons. C’est davantage sur le sens de la communication de tel ou tel élu-phare, son aptitude à nous laisser penser qu’il est le meilleur, et, quand il en a, sur son charisme.

Sans doute est-il plus confortable pour chacun de s’en tenir aux apparences plutôt que d’aller chercher ce qui se cache derrière. Et ici prend fin la leçon « café du commerce » du jour.

3 commentaires sur « Un séisme, c’est comme la politique : il y a la réalité…. et il y a le ressenti »

  1. Oh que c’est juste !
    Et pas seulement pour une municipalité, mais peut-être aussi, plus haut, pour un gouvernement, de quelque coté qu’il soit…

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