Célébrités oloronaises en six stèles


Oloron est probablement l’une des villes de France de sa catégorie qui compte le plus de statues, sculptures, stèles et autres plaques commémoratives au mètre carré. On ne peut que se féliciter de voir ainsi rappelée aux Oloronais l’histoire de leur cité et des hommes illustres qui, à un moment ou à un autre de leur existence l’ont au moins traversée…

Oui, mais voilà, à force de passer devant ces statues, sculptures, stèles et plaques commémoratives, on finit par ne plus les voir. Petite piqûre de rappel en présentant aujourd’hui une série de stèles posées au tout début du siècle par la municipalité Lucbéreilh 1 dans le cadre de la politique de développement des Itinéraires du Patrimoine. Au tout début du siècle actuel, bien sûr !

Au nombre de six, ces stèles ont été érigées en l’honneur de Louis Barthou, Jules Supervielle, Jean-Bernard Pourailly, Maurice Seyrat, Richard Vibert et Émile Despax. Honteux et confus, je reconnais que sur ces six personnages célèbres, quatre étaient de parfaits inconnus pour moi. Séance de rattrapage.

Médaillon de Louis BarthouLouis Barthou (1862-1934), né à Oloron, fut l’un des hommes politiques les plus influents de la IIIème République. Il fut tour à tour ou dans le même temps (le cumul des mandats ne date pas d’aujourd’hui) conseiller municipal de Pau, député, ministre, président du conseil, président du conseil général des Basses-Pyrénées etc. Mais c’était aussi un homme de lettres. Ce qui le conduisit jusqu’à l’Académie française. Bien qu’Immortel, il connut, on le sait, une fin tragique : il fut assassiné dans un attentat en même temps que le roi Alexandre 1er de Yougoslavie. Une sorte d’accident du travail.

Sa stèle est dressée en bordure du gave d’Aspe, sur l’emplacement de la rue Sablière qui, à cet endroit, est parallèle à la rue qui désormais porte son nom, Louis Barthou. Si un élu municipal lit ce billet, pourrait-il intervenir auprès des services pour que cette stèle bénéficie d’un petit nettoyage ?

Médaillon d'Émile DespaxÉmile Despax a vécu à Oloron durant quelques années pour des raisons professionnelles. Il y était sous-préfet au moment de sa mobilisation lors du premier conflit mondial. Un sous-préfet qui était également fin lettré. C’était monnaie courante en ce début du XXème siècle. Son œuvre majeure s’intitule « La Maison des Glycines ». Dix poèmes la composent. Comme Louis Barthou, il connut une fin tragique : la mort dans une tranchée en 1915. Quelques compléments d’information sur Émile Despax ici.

Sa stèle se trouve, comme il se doit, à l’entrée de la sous-préfecture.

Médaillon de Jean-Bernard PouraillyJean-Bernard Pourailly (1775-1828) fut général de brigade et baron d’Empire sous Napoléon Ier. Il est né à Lées-Athas, il est mort à Paris après avoir fait carrière hors du Béarn. J’avoue donc ignorer le lien particulier qu’il pouvait entretenir avec Oloron.Quelques compléments d’information sur Jean-Bernard Pourailly ici.

Sa stèle est installée près de l’école Navarrot, dans le quartier Notre-Dame.

Médaillon de Maurice SeyratMaurice Seyrat (1905-1983) est né à Oloron où il passera son enfance. Dès son adolescence, Maurice SEYRAT choisit d’être poète sous le pseudonyme de Paul DAMARIX. À l’âge de 22 ans, il s’installe à Nice. Il y sera à la fois libraire, éditeur et poète. Quelques compléments d’information sur Maurice Seyrat-Damarix ici.

On peut voir sa stèle à l’angle de la rue Labarraque et de la rue de l’Union.

Médaillon de Jules Supervielle Jules Supervielle (1884-1960) n’est pas né à Oloron, mais en Uruguay. Il n’y est pas mort non plus, mais y est enterré au cimetière de Sainte-Croix. Il fit quelques séjours dans notre cité qui était celle de ses parents. C’est l’un des grands poètes de notre pays. Il fut même élu « prince des poètes » par ses pairs en 1960. Quelques compléments d’information sur les liens entre Jules Supervielle et Oloron ici.

Sa stèle surplombe le gave d’Aspe, à l’une des entrées du pont Sainte-Claire. Y est gravée la première strophe de son poème « Oloron-Sainte-Marie ».

Médaillon de Richard VibertRichard Vibert (1907-2003). Sa stèle, implantée au pied du gave d’Aspe, au bout de la passerelle qui part du parvis de la médiathèque, nous rappelle qu’il a été ingénieur des Eaux et Forêts à Oloron. Il s’y impliquera avec succès dans la connaissance et la protection du saumon de nos gaves. La stèle le présente aussi comme le fondateur de l’ichtyologie (la science des poissons) française. Ce qui est exagéré, cette science remontant à l’Antiquité. Richard Vibert (mais cela, la stèle ne le dit pas) est également l’inventeur d’une boîte qui porte son nom. Petite boîte en plastique connue par bien des pêcheurs, elle assure un meilleur alevinage. Quelques compléments d’information sur Richard Vibert ici.

Ci-dessous, une galerie de ces six stèles. Il suffit de cliquer sur une photo pour la visionner plein écran.

9 commentaires sur « Célébrités oloronaises en six stèles »

  1. C’est bizarre pour le Général Pourailly, la société des Sciences, lettres et arts de Pau affirme dans un bulletin qu’il serait mort à Oloron. J’ai trouvé sur Google Books d’autres ouvrages anciens affirmant la même chose ; en fait il se serait retiré ici. Il semblerait aussi qu’une des rues longeant la mairie ait porté son nom. WIkipédia n’est pas toujours juste…

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  2. L’Association pour la conservation des monuments napoléoniens comme Émile Garet dans son Histoire du Béarn le font mourir à Paris. Comme il est enterré au cimetière du Père Lachaise, cela semble accréditer cette version.

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