L’opposition municipale a (re)trouvé son mordant


Au mois de janvier dernier, je décrivais dans deux billets différents ma conception de ce que devrait être une opposition municipale et le constat que je faisais de sa présence effective dans la vie politique oloronaise.

J’attends aussi une opposition qui joue un rôle de contre-pouvoir. Une opposition qui veille à ce que les élus de la majorité, notamment le premier d’entre eux, n’abusent pas de leur pouvoir. Une opposition qui contribue à l’information de la population, favorisant ainsi une gestion municipale plus transparente. Une opposition qui surveille la bonne utilisation des deniers publics. La loi lui donne beaucoup de moyens pour exercer ce type de missions. Encore faut-il qu’elle s’en donne la peine….

…Il y a quelques jours, j’évoquais, pour la déplorer, l’absence quasi complète de l’opposition qui ne s’exprime sur quasiment aucun des sujets qui font pourtant l’actualité politique, économique, culturelle (…) oloronaise. Elle laisse ainsi presque tout l’espace médiatique à un maire qui n’en demande pas tant…

Tout en admettant bien volontiers, mon ego dût-il en souffrir, que mes écrits n’y sont pour rien, je note que depuis quelques semaines elle est en train de se refaire une santé. Pas plus tard qu’aujourd’hui, dans La République, elle se positionne sur deux dossiers :

  • La désormais fameuse délibération du 11 avril sur le camping municipal qui lui a donné l’occasion de se fendre de deux lettres successives aux préfet et sous-préfet. La première pour leur demander, arguments à l’appui, « d’annuler cette délibération et de faire savoir au Maire qu’il doit en soumettre une nouvelle, corrigée des erreurs initiales, afin de la rendre clairement conforme à la légalité ». La seconde pour dénoncer le fait que la délibération adressée au contrôle de légalité ait été modifiée par rapport à celle que le conseil municipal avait approuvée, un fait qualifié de « faux matériel ».
  • L’interdiction d’accès d’un représentant de la presse au comité de quartier de Sainte-Croix a également permis à l’opposition, qui est à l’origine de la création de ces comités, de rappeler que « la citoyenneté suppose un travail d’information, le plus approfondi, le plus juste et vrai possible ». Manière de dire que les médias ont toute leur place dans ce genre de réunion.

Il faut dire que l’opposition a trouvé un allié de poids dans sa reconquête de l’espace médiatique : le maire d’Oloron. Par sa gestion parfois intempestive et souvent sans concertation des affaires de la ville, il lui donne du grain à moudre. Cela étant, pour en avoir discuté avec nombre d’entre eux, je sais que ces élus préféreraient mille fois être associés à des dossiers qui apportent quelque chose à la ville plutôt que de passer leur temps, même si c’est à bon droit, à rappeler à l’exécutif le respect des bonnes manières démocratiques.

Premier post-scriptum : les élus du conseil municipal ont sans doute été les premiers surpris d’apprendre ce matin par la presse que la ville comptait vendre le lotissement de Soeix à un promoteur privé. Par parenthèse et si l’on en croit un professionnel, pour une mise à prix exorbitante si l’on considère la situation actuelle du marché de l’immobilier. Ni dans le cadre des orientations budgétaires, ni lors du vote du budget cette hypothèse n’avait été évoquée.

Quel est le motif de ce changement de pied ? Ce serait le fruit d’une réflexion qui aurait amené à considérer qu’avoir affaire à un seul investisseur garantirait une meilleure cohérence architecturale des constructions. Et on n’y avait pas pensé avant ?

Second post-scriptum : les personnes dans le besoin comptant se rendre ce vendredi au Centre communal d’action social ont buté sur une porte close. « Fermeture exceptionnelle » indique une affiche apposée sur la vitre. Pour une bonne information de ce public, n’aurait-il pas été judicieux d’indiquer également, comme cela se fait dans d’autres administrations, les motifs de cette fermeture exceptionnelle (personnel en formation, sous-effectif, autre raison….) ?

Troisième post-scriptum : La République a interrogé à plusieurs reprises la mairie « sur l’existence d’éventuelles règles interdisant à la presse d’assister aux comités de quartier ». Et n’a toujours pas obtenu de réponse. On peut la lui donner : à ce jour il n’existe aucune délibération du conseil municipal approuvant un quelconque règlement intérieur qui s’appliquerait aux comités de quartier. Je me demande même s’il existe une délibération du conseil municipal décidant de la création des comités de quartier…..

Un commentaire sur « L’opposition municipale a (re)trouvé son mordant »

  1. Il n’y aura pas de réponse car il n’existe aucun réglement intérieur concernant les Comités de quartier. Et aucune délibération n’existe non puisque la création en a été « encouragée » par la mandature précédente.
    Dans le magazine municipal de l’époque (mai 2009), on pouvait lire ceci :

    « Durant la campagne des municipales de mars 2008, l’équipe conduite par Bernard Uthurry avait entendu les nombreux messages d’Oloronaises et d’Oloronais, regrettant de n’être pas suffisamment associés aux enjeux locaux. L’un des engagements forts de la nouvelle équipe s’était alors traduit par la volonté de mettre en place des instances de débat et de réflexion dans chaque quartier et ce très rapidement.
    Moins de 10 mois après l’élection municipale, cette promesse a été tenue, accompagnée notamment par Véronique Pebeyre, adjointe déléguée à la vie des quartiers. Dès l’automne, des réunions publiques ont été organisées dans tous les quartiers et ont rencontré un vif succès auprès de la population. « Nous avons respecté le découpage naturel de la commune » , souligne Véronique Pebeyre. Notre-Dame, Sainte-Marie, Sainte-Croix, Soeix-Bager et Saint-Pée, se sont ainsi dotés d’instances de concertation démocratiques et autonomes.
    En effet, la volonté municipale était de ne pas interférer dans les débats et les choix des comités de quartiers. « Des élus assistent à toutes les réunions mais pour apporter des compléments d’information, pour prendre en compte des demandes urgentes ou pour nourrir l’échange d’informations »  »

    Les Comités de quartier n’ont donc jamais fait l’objet du moindre réglement, et l’équipe précédente voulait bien se garder d’y interférer. A tel point d’ailleurs que peu de choses sont finalement sortis des Comités…

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