Les réunions de comités de quartier interdites à la presse : de quoi la mairie a-t-elle peur ?


Le 13 avril, le journaliste de La République s’est vu interdire l’accès de la réunion du comité de quartier Sainte-Croix par l’adjoint au maire chargé de la sécurité. Jean-Jacques Dall’Acqua pensait-il avoir affaire à un dangereux fauteur de troubles ? Ou bien a-t-il vu dans le stylo dont était muni le journaliste une arme de destruction massive ? Toujours est-il que les lecteurs du quotidien n’auront pu, en raison de cette interdiction, avoir un compte-rendu direct et sans intermédiaire de ce qui s’était dit au cours de la réunion.

L’explication de son attitude donnée a posteriori par l’adjoint est plus prosaïque. Et, accessoirement, à mourir de rire : « Même si ces assemblées sont publiques, les conversations qui s’y déroulent sont parfois d’ordre privé, et n’ont pas à être relayées dans la presse ». Je savais le maire fanatique du partenariat public-privé, mais pas au point de s’y référer également dans les actions municipales touchant la démocratie participative.

De quoi la mairie a-t-elle peur en voulant éviter que la presse assiste à une rencontre entre élus et citoyens ? Craindrait-elle que certains de ces citoyens confient haut et fort, devant des oreilles indiscrètes…. et rapporteuses par profession, leur mécontentement sur la gestion de tel ou tel dossier par la municipalité ? Redouterait-elle que certains soient témoins de l’embarras des élus présents devant des questions forcément pertinentes de l’assemblée, un embarras confirmant à nouveau une grande méconnaissance des dossiers municipaux ?

Une première explication se niche dans la volonté municipale de contrôler tout ce qui touche à sa communication. Quand les représentants de la commune souhaitent que la presse se fasse l’écho d’un projet ou d’un dossier, elle organise un point-presse où tout se veut cadré.  Pas question de se laisser déborder par des interventions intempestives de citoyens en présence des journalistes.

Ainsi en est-il de la présentation du projet des « voisins vigilants » devant le comité de quartier de Sainte-Croix. Je suis sûr que la réaction des participants a été mitigée devant une initiative que certains considèrent comme un encouragement à la délation… ou comme le risque de s’attirer des représailles. Action numéro 1 de l’opération communication : on évite la rencontre entre la presse et les habitants. Action numéro 2 : on provoque un point-presse où sera exposé le seul point de vue de la municipalité, à l’exclusion de tout avis des citoyens.

Mais l’attitude municipale peut avoir une seconde explication. En réalité la « démocratie participative » en serait restée à un simple slogan de campagne électorale. Un bout d’os à ronger que l’on donne aux citoyens pour se donner bonne conscience. Mais à côté, on continue de gérer la collectivité comme on l’entend, sans tenir compte d’aucun avis. Pourquoi plus de la moitié des membres du Cesel ont-ils déjà rendu leur tablier ? Pourquoi les réunions des comités de quartier tournent-elles en rond, les mêmes sujets revenant à l’ordre du jour d’une réunion à l’autre, devant la même vingtaine ou trentaine de participants ?

Ne soyons pas dupes ! Ceux qui nous gouvernent voudraient nous raconter une belle histoire. Grâce à l’action qu’ils mènent au quotidien, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. La réalité est parfois un peu plus nuancée. C’est peut-être la révélation de cette nuance, par médias interposés, qu’ils craignent.

11 commentaires sur « Les réunions de comités de quartier interdites à la presse : de quoi la mairie a-t-elle peur ? »

  1. Alors là les bras m’en tombent…
    Les comités de quartier sont ouverts à toutes et tous. De plus, ils ne reposent sur aucun réglement.
    Refuser la presse c’est juste de l’obstruction à l’information citoyenne. On est dans le fief à Balkani ici ???
    Je ne comprends même pas que Jean-Jacques accepte de telles pratiques.
    Que restera t-il de ce mandat dans les mémoires ?…

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  2. … le 2 mai 2016, comité de quartier Notre-Dame avec je pense le même sujet. Mais là il y a un hic ! Un journaliste de la République est habitant du quartier et participe toujours au comité de quartier… Alors on fait quoi ? Il sort, il reste… Peut-être qu’il sort et reste va savoir ! Vivement le 2…

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    1. Ni autocensure, ni prudence. Rencontre, à sa demande, avec l’une des personnes citées. J’ai considéré que ses arguments pouvaient être entendus.Et j’ai donc décidé de retirer le billet.

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      1. Petite génuflexion!!!
        Oú légère torsion du poignet ???
        La liberté de ton eT difficile même sur un blog perso qui  » n’intéresse  » personne 😉
        Bonne soirée

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    1. Le retrait d’un article du blog. Apparemment, il était apprécié par Monsieur Duchmol qui l’avait assorti d’un commentaire que j’ai bien sûr supprimé en même temps que l’article.Ce qu’il semble regretter à l’évidence.

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  3. Pour revenir au thème de cet article, à la lecture de celui ci, je n’ai pu m’empêcher, de penser à la peur que peuvent avoir certaines personnes, ou groupe de personnes face à la presse, à la liberté d’expression je n’ai pu m’empêcher de penser aux actes autoritaires dont ils font preuve pour la faire taire ; la finalité est celle-
    là.

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