Devenir de la maternité du centre hospitalier : la réaction de Pierre Boeuf à mon article précédent


Le 13 avril, oloronblog publiait un article intitulé : « Devenir de la maternité : et si les médecins étaient dans le vrai ? ». Cet article faisait suite à la prise de position, par point de presse interposé, de représentants des médecins généralistes et des médecins hospitaliers. En réponse à mon billet, je viens de recevoir de Pierre Boeuf un commentaire ayant pour titre : « Et s’ils avaient complètement tort ? ». Il a souhaité que je le mette en ligne. Ce que je fais bien volontiers. Ce n’est pas en effet parce que nous avons des approches différentes sur cette question que son point de vue n’est pas aussi respectable que le mien. Il est même sans doute plus autorisé : son épouse exerce à Oloron comme médecin dans la spécialité gynécologie-obstétrique. La parole est à lui :

Et s’ils avaient complètement tort ?

Et tout d’abord quels éléments ont-ils pour dire que la sécurité n’est pas assurée à la maternité ?  Ont-ils plus d’informations que l’ARS qui, a plusieurs reprises, a fait des contrôles, des enquêtes sans constater que les règles de sécurité n’avaient pas été respectée, que les moyens mis en œuvre étaient parfaitement adaptés ? Et, compte tenu du contexte on peut assurer que l’ARS est plus que vigilante.

 Dire que 50% des femmes vont accoucher à Pau est-ce une preuve qu’il y a de l’insécurité ? De tous temps pour des raisons personnelles, il y a eu de l’évasion sur Pau, elle s’est accéléré ces derniers mois bien plus à cause de l’incertitude sur l’avenir de la maternité plutôt que sur un sentiment d’insécurité et cela est bien compréhensible. Ce n’est certainement pas l’article que tu relais qui va arranger les choses. Connaît-on les taux d’évasion vers Pau, Bordeaux etc. … des autres spécialités ? on pourrait peut-être alors avoir quelques surprises et pour autant parle-t-on de sécurité ?

 Mais il y a aussi, tous les ans, une bonne dizaine de femmes qui auraient souhaité accoucher à Pau et qui, dans l’urgence, restent à Oloron. Que se passera-t-il alors si la maternité de l’hôpital d’Oloron ferme ? Des articles sympathiques dans la presse locale d’un bébé qui est né en haut de Bel Air dans la voiture de ses parents, cela fera aussi malheureusement des articles tragiques qui relateront la mort d’un bébé ou (et) de sa mère dans l’ambulance des pompiers sur la route de Pau. Et, à ce moment là on s’interrogera vraiment sur la sécurité et on cherchera alors des responsables à ces catastrophes humaines.

 Et au nom de quoi et au service de quel objectif cet acharnement de certains médecins de l’hôpital a vouloir faire fermer la maternité ? Au tout début, lors du transfert de la polyclinique vers l’hôpital, pour le « petit confort personnel » de certains, mais ils ont perdu et cela s’est fait. Ensuite pour des intérêts personnels car certains pensent que les moyens alloués à la maternité leurs seront affectés. Eux aussi ont perdu quand l’ARS a confirmé sa volonté de conserver une maternité de proximité.

 Alors il fallait trouver autre chose. Et nous y voila !

 Ils sont prêts à tout pour faire fermer la maternité, à n’importe quel prix, même à celui du déshonneur.

 Amicalement.

 Pierre Boeuf

5 commentaires sur « Devenir de la maternité du centre hospitalier : la réaction de Pierre Boeuf à mon article précédent »

  1. Bonsoir,

    Et merci pour la publication de la réponse de monsieur Bœuf. En effet, cela éclaire l’affaire sous un autre angle… Cependant, l’avenir est incertain si aucun obstétricien ne vient lors de la retraite des actuels praticiens… Bien cordialement

    Annie Coutin

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  2. Bonsoir,
    Donc nous savons qu’il va manquer d’obstetricien à l’hôpital d’Oloron. Est ce que l’administration de l’hôpital a lancé une campagne active de recrutement pour palier à ce manque annoncé ?

    Merci pour vos articles

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    1. Merci de votre message.
      Je pense qu’on en saura vite beaucoup plus sur les intentions de l’Agence régionale de santé à l’égard de la maternité du centre hospitalier. Elle maintient ? Elle transforme en centre de périnatalité ? Et en fonction de la décision qu’elle prendra, elle prendra les dispositions nécessaires (appel à candidature, mise en réseau avec l’hôpital de Pau etc.)

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  3. Je partage tout à fait la réaction de Mr Boeuf, j’ai été très étonnée de l’article et de la position des médecins, au lieu d’inciter les femmes à accoucher sur Pau il faudrait plutôt que le corps médical et les politiques se mobilisent pour inciter les professionnels à s’installer à Oloron! C’est fou, on n’est pas au fin fond de la France dans un trou perdu quand meme !! Ce n’est pas nouveau que les femmes accouchent sur Pau et sur St Palais c’est même logique vu les exemples pris, celles de la Vallée d’Ossau et de la Soule qui sont plus tournées vers ces villes pour ttes leurs démarches de manière générale tt simplement! Mais allez rassurer une jeune maman du haut d’Arette ou d’Aydius, qu’elle devra aller accoucher sur Pau et qu’elle aura intérêt de s’y connaître sur les premiers signes annonciateurs de l’accouchement !!! Si ça c’est la sécurité, merci!! Normalement il est dit que 25 minutes est le temps raisonnable et secure pour se rendre à une maternité…Et puis il y a qd même 300 naissances à Oloron, ce n’est pas rien qd même? !Je ne comprends pas, j’espère vraiment qu’une solution favorable sera trouvée.

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  4. L’illusion d’avoir été des lanceurs d’alerte…

    Tout était choquant dans cette page entière de vindicte contre la maternité d’Oloron, même les sourires satisfaits des auteurs sur la photo était indécents.
    Comment un service public peut-il renier à ce point sa mission ?
    Qu’un groupe privé de cliniques fasse des choix stratégiques bassement budgétaires sur le maintien ou non de certaines activités, malheureusement on connait des exemples. Mais ici il s’agit d’un service public, donc de notre argent. On est en droit d’attendre des services publics complets avec notre argent. Pour qui se prennent ces médecins pour décider ce dont on peut bénéficier à Oloron ?
    De quelle sécurité parlent-ils ? L’argument de la répétitivité des actes pour un bon niveau de pratique dont ils parlent est erroné. Un accouchement n’est pas un acte. Dans un accouchement physiologique, le médecin n’a aucune intervention.
    On leur rappellera à ces hommes d’une part, non obstétriciens de surcroît mais ça ne les excuse pas, que l’accouchement est un phénomène naturel, et que le rôle d’un médecin accoucheur, ou d’une sage-femme est de préserver la physiologie de la naissance et de mettre en place toutes les conditions matérielles et affectives pour assurer à la parturiente un confort maximal pour lui permettre de mettre son enfant au monde.
    Contrairement à un chirurgien, dont le geste chirurgical devient plus précis et plus sûr au fur et à mesure de la répétition de son geste. On parle là de technique chirurgicale.
    Au fait, l’activité chirurgicale du bloc de l’hôpital d’Oloron est-elle aussi soutenue pour être sûrs que les médecins qui y travaillent atteignent un bon niveau de pratique ?
    Hélas non, le taux d’occupation du bloc d’Oloron a fortement baissé ces dernières années, et on comprend qu’il soit sous-utilisé vu l’état « en bout de course » de cet outil, comme l’a fait remarquer le nouvel ophtalmologiste le Docteur LIM.
    Si l’objectif est de réduire le déficit abyssal de l’hôpital d’Oloron, le collectif des médecins hospitaliers a foncé droit sur la maternité, cible plus facile que le personnel non médical, direction et administratifs qui lui progresse sans fin depuis plusieurs années.
    Enfin, en manque de reconnaissance peut-être, ces médecins se sont approprié la charge décisionnelle qui revient aux services de l’Etat sur le problème de l’hôpital d’Oloron. Il est certain que l’Agence Régionale de Santé voit à Oloron une atypie qu’elle n’aurait jamais imaginée : un hôpital les supplie de fermer leur maternité, là où partout en France les hôpitaux sont vent debout en faveur du maintien d’un service public quand la menace d’une fermeture de maternité se profile.
    Ils sont même allés jusqu’à donner le schéma organisationnel au directeur de l’ARS, en traitant des nouvelles fonctions des sages-femmes, de l’organisation du service maternité de l’hôpital de Pau !
    Quant à la prise en charge des femmes enceintes par les médecins généralistes, qu’ils ne se fassent pas trop d’illusions, les futures mamans sont très bien informées : une grossesse c’est sage-femme OU obstétricien. Les généralistes ne sont pas référents dans ce domaine.
    De même que les chiffres sur les fuites des futures mamans à Pau, c’est évident et on imagine très bien les mots du médecin généraliste qui veut convaincre une femme enceinte de ne pas accoucher à Oloron. Cela doit fonctionner très bien sur des personnes déjà inquiètes par leur état, sauf celles qui gardent leur opinion intacte. Et on est surpris d’entendre au gré des rencontres et des discussions, comment une jeune femme explique ce « choix » d’aller à Pau…
    Au vu des réactions à cet article de quelques « ventres ronds » rencontrés, cela a créé un réel émoi chez elles, et c’est totalement destructeur de semer la panique comme cela. La réponse, est souvent que ces médecins hospitaliers sont désormais bannis.
    Une balle dans le pied pour ces médecins d’Oloron.
    Cela avait-il été mesuré, et en valait-il la chandelle pour un instant de défoulement ?…

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