Faute de local, la voiture de son animatrice sert de bureau à l’association des commerçants


Le titre de l’article exagère à peine la situation. Récit

Essayer de trouver son chemin dans l’organisation du commerce et de l’artisanat du piémont oloronais, c’est un peu comme tenter de cheminer dans le dédale des courants du parti socialiste. Je résume :
• Sur le plan institutionnel, la communauté de communes du piémont oloronais (CCPO) a compétence pour l’animation et la promotion du territoire (accueil et assistance aux porteurs de projets) et pour la création et la participation à un Office du commerce
• Sur le plan institutionnel toujours, la mairie d’Oloron a compétence…. pour tout ce qui n’est pas de la compétence de la CCPO
• Une partie des commerçants de la CCPO (surtout des Oloronais) sont réunis au sein d’une association, les Vitrines du O’Béarn qui regroupe 60 adhérents
• Une partie des artisans de la CCPO sont réunis au sein d’une association, l’association des artisans du piémont oloronais qui compte eux aussi une soixantaine d’adhérents
• Cerise sur le gâteau, un Office du commerce et de l’artisanat du piémont oloronais (OCAPO) réunit les Vitrines du O’Béarn, l’association des artisans oloronais et les garagistes
Tout le monde suit jusqu’à présent ? Parce que ce n’est pas fini.

Pour assurer le fonctionnement administratif de ces divers organismes :
Les Vitrines du O’Béarn emploient une animatrice à plein temps
L’OCAPO emploie une secrétaire à plein temps payée pour partie par la CCPO et pour partie par les commerçants et artisans
• La mairie d’Oloron « délocalise » à mi-temps sur l’OCAPO l’une de ses secrétaires

Passons maintenant à l’organisation de l’ensemble :
• Durant quelques mois, l’OCAPO (et donc les trois secrétaires) a été hébergé rue Louis Barthou, dans un local appartenant à la ville d’Oloron
• Depuis le 7 mars, l’OCAPO occupe le kiosque de la place de la Résistance, une autre propriété de la ville. Il a déménagé là-bas avec armes et bagages ? Pas tout à fait.

Un désaccord a pointé entre commerçants et artisans sur les associations qui devaient intégrer le kiosque. Alors que les commerçants estiment que nous étions en présence d’un simple transfert de ce qui existait rue Louis Barthou, les artisans ont considéré que le kiosque devait uniquement héberger l’Office du commerce et de l’artisanat. Pour eux, les associations membres de l’Office devaient donc trouver un point de chute pour leurs propres bureaux. Par voie de conséquence, les artisans s’opposent à ce que les Vitrines du O’Béarn et leur animatrice disposent d’un bureau dans le kiosque… contrairement à ce qui se passait rue Louis Barthou. La mairie d’Oloron, qui avait prévu un espace d’accueil pour les Vitrines au sein du kiosque a renoncé, probablement en raison de la tournure prise par les évènements, à signer avec les Vitrines une convention d’occupation l’autorisant à intégrer les locaux.

Les artisans ont quand même donné 3 mois aux commerçants pour qu’ils trouvent un nouveau point de chute à leur association. Au regard des tensions que pourrait créer cette cohabitation, les commerçants ont préféré refuser cette proposition. Et voilà pourquoi l’animatrice des Vitrines du O’Béarn tient maintenant le bureau de l’association dans sa voiture. J’exagère à peine.
En quête d’une solution, les commerçants se sont tournés vers le président de la CCPO. Daniel Lacrampe leur propose un local dans la pépinière d’entreprises, zone Lanneretonne. Trop excentré.

Conclusion provisoire du blogueur : le commerçant comme l’artisan sont des personnes individualistes par nature. Parvenir à regrouper plusieurs commerçants au sein d’une même association tient déjà de l’exploit. Dans ces conditions, tenter de réunir commerçants et artisans au sein d’un même groupement, fut-ce un Office du commerce et de l’artisanat, est quasiment tâche impossible. C’est là que les politiques ont un rôle à jouer : un rôle de médiation et de coordination. Aider chaque association à exercer son activité en toute indépendance et, dans le même temps, faire en sorte que commerçants et artisans du piémont oloronais, au lieu de se tirer dans les pattes, tirent tous dans le même sens pour le développement de notre territoire.

4 commentaires sur « Faute de local, la voiture de son animatrice sert de bureau à l’association des commerçants »

  1. C’est d’un triste …
    C’est à croire que les termes pluridisciplinarité et mutualisation des compétences ne font plus/pas partis du langage commun de nos chères associations.

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    1. Quelle que soit la nature de l’association (anciens combattants, syndicats, sport, culture etc.), cette dernière veille jalousement à ce qu’aucune autre association de même nature ne donne l’impression de vouloir empiéter sur son pré carré. Il en est de même ici. C’est sans doute au détriment de l’intérêt général, mais ainsi va le monde.

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  2. … c’est pour ça qu’à Oloron nous avons 308 associations et que nous sommes largement au dessus de la moyenne en nombre d’associations par rapport au nombre d’habitants…

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