Destination du camping municipal : la transparence n’est pas au rendez-vous


Il y a eu au moins un point d’accord entre majorité et opposition lors du dernier conseil municipal. Un point d’accord sur un sujet important : le camping municipal. Tout le monde considère en effet que la délégation de service public, mode de gestion qui a présidé au fonctionnement de cet équipement jusqu’au 31 décembre dernier, n’était sans doute pas le système le mieux adapté.

Mais les avis divergent tout de suite dès qu’il faut trouver un plan B :
• La majorité municipale, par la (seule ?) voix du maire, opte pour la vente des terrains à un particulier. Pour quelle destination ? Mystère. Quoi que….
• L’opposition, qui souhaite que la commune conserve un droit de regard sur la destination des terrains penche de son côté pour la mise à disposition des terrains à un particulier sous forme de bail (bail commercial ou bail emphytéotique par exemple).

Les jeux semblent pourtant déjà faits. Lors du conseil municipal, le maire a annoncé que cinq acquéreurs potentiels s’étaient fait connaître. Et le prix de vente prévu au budget, 469 000 €, est d’une précision tellement chirurgicale (en effet, pourquoi 469 000 € et pas un chiffre rond ?) qu’il est vraisemblable que l’heureux futur propriétaire est déjà désigné.

Ce n’est pas pour critiquer (!), mais tout cela donne encore une fois le sentiment d’une décision prise sans préparation et dans la précipitation. Comment le dossier aurait-il été traité dans une ville soucieuse de la transparence et de l’intérêt général ?
• Dans un premier temps, élus et spécialistes auraient étudié toutes les possibilités qui s’offraient à la commune (vente, bail etc.) en dégageant les avantages et inconvénients de chacune d’entre elles. Ils auraient alors préconisé celle qui leur paraissait la meilleure pour la commune et ses administrés.
• Dans un second temps, et même si la loi n’oblige en rien le recours à ce type de procédure, les différents repreneurs intéressés auraient été mis en concurrence. À charge pour chacun de faire connaître non seulement son offre de prix, mais aussi son projet. Leurs propositions auraient ensuite été examinées en toute transparence par la commission d’appel d’offres…. ou par le Cesel. Le conseil municipal aurait alors pu se prononcer en toute connaissance de cause.

Transparence, vous avez dit transparence ? Mais pour certain édile, c’est un gros mot, une « altération de la démocratie ». Attendons la suite des évènements. Je ne manquerai pas de faire amende honorable si, contrairement à ce que je crains, et je ne suis pas le seul, cette affaire est traitée en pleine lumière.

Post-scriptum qui n’a rien à voir avec ce qui précède : dans un article plus que sûrement inspiré par la réception d’un communiqué de la mairie, Sud-Ouest répond ce matin aux remarques faites dans le billet d’hier sur la création d’un point de restauration au jardin public. Rassurez-vous, braves gens, il y aura selon cet article un appel d’offres en bonne et due forme pour désigner le gérant des lieux. Un regret toutefois : le communiqué de la mairie ne répond pas, via l’article de Sud-Ouest, aux deux questions soulevées dans mon billet et qui me semblent les plus importantes : 1/ le conseil municipal a-t-il délibéré pour décider de la réalisation des travaux en cours au jardin public ? 2/ les crédits correspondant au coût de l’opération figuraient-ils avant le lancement des travaux au budget communal ? On comprend pourquoi il n’y a pas eu de réponses à ces deux questions. Elle auraient embarrassé la commune.

11 commentaires sur « Destination du camping municipal : la transparence n’est pas au rendez-vous »

    1. @marsiho Excellentes questions ! À aucun moment, dans le débat du conseil municipal, il n’a été question du projet de la mairie pour ce terrain (maintien de sa destination actuelle ? autre activité ?); à aucun moment il n’a non plus été question du (des ?) projet(s) des repreneurs. Et personne autour de la table du conseil n’a demandé à en savoir plus.

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    1. Après avoir réécouté l’enregistrement du débat qui s’est instauré en conseil municipal sur le devenir du camping municipal, je suis moins catégorique que dans mon message précédent : le maire a bien laissé entendre que cet équipement resterait affecté à de l’hébergement touristique. Mais géré par un privé. Sans plus de précision.

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  1. Cela ferait un dossier d’étude excellent pour le CESEL. L’occasion d’innover et de sortir ce camping de son peu de visibilité. Mais il semble que l’impasse soit déjà faite…

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    1. Le camping municipal, voilà en effet un dossier « transversal », comme on dit maintenant, intéressant économie, urbanisme, tourisme etc. qui aurait justifié une saisine du Cesel par le maire. Jean-Étienne Gaillat y a d’ailleurs fait allusion dans son intervention. Malheureusement, près d’un an après son lancement, le Cesel est dans l’attente de sa première saisine par le maire. Le seul travail de quelques-unes de ses commissions résulte de leur auto-saisine. C’est déjà ça, mais ce ne doit pas être uniquement ça.

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  2. Petite précision. J’étais au conseil municipal, et le maire a précisé que les repreneurs voulaient engager les millions d’euros de rénovation pour réhabiliter le camping. L’opposition a alors rajouté que si la vente se faisait, ils espéraient que le dossier serait assez bien bouclé pour empêcher tout acheteur de changer la destination du lieu pour ne pas permettre n’importe quelle construction (lucrative).

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    1. En réécoutant l’enregistrement de cette partie du conseil municipal, je n’ai pas entendu que « le maire a précisé que les repreneurs voulaient engager les millions d’euros de rénovation pour réhabiliter le camping ». Il a en revanche indiqué qu’une étude réalisée par la municipalité précédente avait conclu qu’il fallait de l’ordre de 1 M€ hors taxes pour remettre le camping en état. Et que le mieux était donc d’avoir affaire à des professionnels.

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    1. J’ai compris que l’opposition considérait que la délibération soumise à leur vote était illégale en l’état parce qu’elle ne prévoyait pas que le camping municipal cessait d’avoir sa destination de camping. C’est ce qui a amené le maire à retirer la délibération, dans l’attente d’un complément d’information.

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