Quels sont les responsables de la situation financière actuelle de la commune d’Oloron ?


Autant le dire tout de suite : je n’attends rien de positif du débat sur les orientations budgétaires 2016 qui opposera les deux camps du conseil municipal lundi prochain. La discussion va vite tourner à la partie de ping-pong. Les uns mettront en cause le bilan des autres… qui les renverront à leurs propres errements. Pour tenter de démêler le vrai du faux dans ces affirmations contradictoires et péremptoires, voici des tableaux dressés à partir de chiffres puisés dans une base de données irréfutable (pour accéder au site du ministère, cliquer ici). Ils sont publiés sur le site du ministère de l’économie et des finances. Ils proviennent des budgets réels (et non pas prévisionnels) constatés pour la commune d’Oloron entre 2002 et 2014. Une période qui couvre à la fois un mandat Lucbéreilh et un mandat Uthurry.

Le produit des impôts locaux
La charge pesant sur chaque Oloronais a carrément doublé entre 2003 à 2014, passant de 157 € par habitant à 315 € par habitant. Le tableau ci-dessous montre que cette charge monte de façon régulière année après année. Il prouve aussi que les Oloronais, comme le soutiennent à juste raison Messieurs Lucbéreilh et Uthurry, sont bien moins imposés que les habitants des communes d’égale importance (200 € de moins par habitant en 2014). Mais depuis, il y a eu 2015 et sa très forte augmentation, non prise en compte dans ce tableau, les chiffres n’étant pas encore officiels.

Impôts locaux

 

Le coût du personnel
Il faut savoir que les frais de personnel représentent de l’ordre de 50% des coûts de fonctionnement d’une commune. C’est donc un poste très lourd. Le tableau ci-dessous montre qu’entre 2003 et 2014, elles ont augmenté à Oloron très régulièrement et à un rythme plus élevé que la moyenne des communes françaises de même importance (+50% contre +36%). En 2014, les charges de personnel représentaient 541 € par Oloronais.

Charges de personnel

 

Le poids de la dette
Le tableau ci-dessous est révélateur : depuis 2003, municipalité Lucbéreilh ou municipalité Uthurry, la dette oloronaise n’a cessé de progresser. Jusqu’en 2009, elle restait peu ou prou inférieure à la dette que connaissaient en moyenne les communes de la même importance qu’Oloron. Elle est supérieure depuis et représentait en 2014 la charge non négligeable de 1 198 € par Oloronais. En clair, si nous voulions que notre dette retombe à 0 du jour au lendemain, il nous faudrait chacun mettre la main à la poche à hauteur de 1 198 €. Il faut cependant reconnaître que les efforts entrepris depuis le début du nouveau mandat Lucbéreilh devraient nous faire repasser au niveau de la moyenne nationale.

Encours de la dette

 

La dotation globale de fonctionnement                                                                                           La dotation globale de fonctionnement est la principale aide financière versée aux communes par l’État. Comme l’indique le tableau ci-dessous, elle a enregistré une augmentation, ô certes modeste, tous les ans entre 2002 et 2013 au profit d’Oloron comme des communes françaises de même dimension. Seule différence notable, Oloron percevait une dotation plus faible (147 € par habitant contre 236 en moyenne nationale). Cette différence à notre détriment s’explique en partie par le mode de calcul de la dotation. Plus les habitants d’une commune sont imposés, plus l’État leur verse une dotation importante. Et comme, on l’a vu plus haut, nous payons moins d’impôts communaux que les autres, l’État nous aide moins. Il faut noter que depuis 2014, cette dotation est en chute libre, pour nous comme pour les autres. Cette situation incite des communes à réfléchir en ce moment à une possible fusion entre elles (Ance et Féas ou Monein et Lacommande pour ne citer que ces deux cas).

Dotation globale de fonctionnement

 

En conclusion
La présentation de ces quatre ratios (produits des impôts locaux, charges de personnel, poids de la dette et montant des aides de l’État) n’a bien sûr pas la prétention de résumer à elle toute seule le situation financière de la commune d’Oloron. Mais ce sont là des indicateurs significatifs. Et pour répondre à la question qui ouvrait ce billet, les quatre tableaux démontrent que la responsabilité (attention, cela ne veut pas dire la culpabilité, car chaque équipe municipale a fait à n’en point douter ce qu’elle pensait être le mieux pour nous… et puis elles nous laissent une situation loin d’être catastrophique) de la situation financière actuelle de la commune d’Oloron est très largement partagée par les équipes municipales qui se sont succédées à sa tête. Aucune des deux dernières municipalités n’a de leçons à donner à l’autre en ce qui concerne l’augmentation de la dette, des impôts locaux ou des charges de personnel. Alors de grâce, mesdames et messieurs les élus, lundi prochain, évitez de vous renvoyer la balle sur vos parts de responsabilité respectives. Au lieu de ressasser le passé, projetez-vous un peu dans l’avenir. Ce sera plus bénéfique pour tous. Et d’abord pour vos administrés.

11 commentaires sur « Quels sont les responsables de la situation financière actuelle de la commune d’Oloron ? »

  1. Très intéressant. On remarquera tout de même de grosses inflations en 2010 et 2011 en ce qui concerne les impôts loaux et les charges de personnel, ce qui recoupe tout de même certains propos de la campagne… M. Uthurry et son pitt-bull devraient donc faire profil bas lundi soir. Ce qui n’est pas donner un satisfecit à l’équipe en place qui, personnellement, me décoit de plus en plus. On ne peut pas être et avoir été… Réduire les déficits c’est louable, mais pas n’importe comment et au gré des humeurs…

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    1. Sans vouloir tomber dans le travers du « tous pareils », je pense que question hausse des impôts locaux, personne n’a rien à envier à personne.Sauf que, comme je le précise, le choc Lucbéreilh est intervenu en 2015 et n’apparaît donc pas dans le tableau.
      Quand à la réduction des déficit, si elle est souhaitable, je suis d’accord avec vous : elle doit intervenir avec un minimum de réflexion préalable, et dans la concertation.

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  2. Bon article… Néanmoins votre conclusion me laisse dubitatif au regard du tableau « encours de la dette ». Si je l’interprète bien, fin 2007 la dette était de 669 euros par habitant et fin 2013 elle était de 1269 euros par habitant. Lorsqu’il est dit que la dette a doublé sous le mandat Uthurry, au regard de ces chiffres, personne ne pourra dire le contraire. Mais en toute sincérité, ce qui me semble important ce n’est pas de savoir qui a été le meilleur gestionnaire et qui a fait quoi, c’est plutôt de savoir à quoi ont servi les fonds. Pour que chacun puisse se faire son opinion, il faudrait un article (appel du pied) établissant, sans parti pris, la liste des actions menées sous les différents mandats. Ensuite, nous saurons si les fonds engagés l’ont été à juste titre. Disperser un million inutilement ou en « tape à l’oeil » est plus préjudiciable que d’engager des dizaines de millions dans l’intérêt de la collectivité… Mais il est vrai que de se renvoyer la balle en permanence n’a pour but que d’éloigner un peu plus le citoyen lambda des sphères politiques.

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    1. Concernant le mandat Lucbéreilh, je pense qu’il faut prendre en compte les chiffres uniquement à partir de 2003 et non de 2002. En effet, la création de la CCPO remonte au 1er janvier 2003. Cette création a donc entrainé entre 2002 et 2003 des transferts de charges de la ville d’Oloron vers la CCPO.
      Pour en revenir à votre remarque sur l’encours de la dette : il était de 313 €/habitant au 31/12/2003 et de 661 €/hab au 31/12/2007. Soit + 111%. Et entre le 31/12/2007 et le 31/12/2013, il est passé de 661 €/hab à 1269 €/hab, soit +91%. Match nul donc entre les deux équipes à peu de chose près.
      Et vous posez la bonne question : à quoi ont servi ces emprunts ? Réponse : il est très difficile d’y répondre. Je m’explique : il fut une époque où on contractait un emprunt pour le financement d’une partie plus ou moins importante d’un investissement clairement identifié (la construction d’une salle polyvalente, d’une école etc.). maintenant, on contracte ce que l’on appelle un « emprunt globalisé ». Il est donc destiné à financer une partie de l’ensemble des dépenses d’investissement de la commune, mais n’est pas spécialement affecté à telle ou telle opération.

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      1. Tout à fait d’accord avec vous avec un petit bémol, 111% d’augmentation représente 348 euros/habitant alors que 91% d’augmentation représente 608 euros/habitant. Le match ne semble pas être nul lorsqu’on parle d’euros et non de pourcentage. Les pourcentages sont généralement réservés aux « politiques » ou aux « politisés ». Les euros de dette concernent les habitants….

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  3. Merci Joël pour votre regard sur la situation économique de notre ville. Le ping pong peux commencer nous avons déjà un pré-regard sur la partie. Les citoyens qui aiment se faire mal à la démocratie, sont conviés à assister au match! Ok! ils faut des ressources pour alimenter les caisses de la ville, mais deux questions sont à poser : comment gagner cet argent? et pour faire quoi?
    Gagner de l’argent : en augmentant les impôts locaux? de qui? et ceux qui son déjà au bord du gouffre? En faisant des carrières ? pour quel profit? au déprimant de la nature, de l’eau potable, du tourisme, du bien être de notre cité, ect. ? en vendant tous les biens communaux ?
    J’imagine que cette liste pourrait s’allonger de nombreux exemples..
    Pour quoi faire? Pour couvrir la rue louis Barthou?
    Il me semble qu’en matière d’embauche, les postes de jardiniers ou autres manuels ne sont pas privilégier, il s’agit plutôt de communicants et autres cadres qui à défaut d’embellir la ville, nous vende que la ville est plus belle.
    Mais heureusement, il y a le Cesel et les comités de quartier qui sont la en force de propositions et de contre pouvoir!!

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    1. Je vais sans doute vous étonner, Serge, mais je ne doute pas de la bonne volonté de ceux qui administrent notre cité. Je leur reproche juste d’avoir une trop grande conscience de leur valeur, d’être persuadés qu’ils détiennent la vérité. En résumé, je regrette qu’ils ne soient pas à l’écoute des citoyens de base. Et sans doute cherchent-ils par le truchement de la « démocratie participative » (Cesel et comités de quartier) à donner un os à ronger à ces citoyens. Mais, telle qu’elle balbutie à Oloron, il est à craindre que ce ne soit que du vent.

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      1. Je suis tout à fait d’accord avec vous, ce n’est que du vent ! Alors qu’il ne faudrait pas grand chose pour que ça fonctionne pleinement.

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  4. Vous m’étonnez pas et nous sommes finalement d’accord! peut-être pourrions nous faire des profits avec tout ce vent.. des éoliennes,,

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