Le débat sur les orientations budgétaires 2016 de la ville d’Oloron


Pas de mise en bouche ou d’entrée légère pour les élus qui se retrouveront lundi soir à 18 heures 30 autour de la table du conseil. Ils attaqueront le menu de leur séance de travail directement par le plat de résistance. La première question inscrite à l’ordre du jour sera en effet la plus importante de la soirée. Il s’agira du débat (non sanctionné par un vote) sur les orientations budgétaires de l’année 2016.

Le budget, c’est le document par lequel une commune se donne les moyens financiers de réaliser en tout ou partie ses projets et, accessoirement, les promesses que sa majorité a faites lors de la campagne électorale. Voilà l’objectif auquel le budget doit répondre. Mais pour l’atteindre, il faut à ceux qui sont aux commandes de notre ville naviguer entre des récifs aussi appelés contraintes.
– Il y a les contraintes qu’ils subissent : la diminution des aides de l’État, le poids de la dette ou des charges de personnel laissés par les municipalités précédentes, les dépenses incompressibles pour l’entretien des équipements communaux etc.
– Et puis il y a les contraintes que ceux qui sont aux commandes se donnent. Par exemple, ne pas augmenter les impôts, ou recourir le moins possible à l’emprunt, ou ne pas réduire les subventions versées aux associations municipales etc.

On le voit, en raison de toutes ces contraintes, les marges de manœuvre sont très réduites.

Et le débat sur les orientations budgétaires dans tout ça ? C’est un débat qui s’instaure entre les élus quelques semaines avant le vote du budget. Il s’appuie sur un document, le rapport d’orientation budgétaire (ou ROB) qui détaille toutes ces contraintes et qui doit permettre aux élus de valider les objectifs qu’ils comptent atteindre cette année.

Le rapport d’orientation budgétaire qui sera débattu par nos conseillers municipaux est riche d’une trentaine de pages de graphiques, tableaux et commentaires. Quelques éléments d’information glanés au fil de ces pages :
– Entre 2012 et 2016, Oloron aura perdu près de 450 000 € au titre de la dotation globale de fonctionnement (une « subvention versée par l’État)
– En n’empruntant presque pas en 2014 et pas du tout en 2015, la ville a réduit le montant de sa dette de près de 1 800 000 €. Mais elle se prive ainsi de recettes d’emprunt qui lui permettraient d’investir. Le maire pense que l’effort doit se poursuivre, mais n’exclut pas le recours à un emprunt de l’ordre de 300 000 € cette année
– La ville n’augmentera pas les impôts en 2016 (après le coup de massue de 2015, c’est bien le moins). Une conférence budgétaire sera organisée en juin prochain. Il y sera notamment débattu d’un éventuel rétablissement des abattements sur la taxe d’habitation. Mais il faudra alors trouver des recettes nouvelles pour compenser la perte de recette fiscale découlant d’une telle décision (ou des économies supplémentaires…)
– Les dépenses d’investissement (remboursement de la part en capital de la dette inclus) devraient atteindre en 2016 un montant de 2 500 000 €.
– Les dépenses de personnel représenteront 55% des charges de fonctionnement de la commune. Cette proportion importante place Oloron dans le haut du classement des communes de même importance.
– Les cessions immobilières de bâtiments et terrains appartenant à la commune vont se poursuivre cette année. Elles devraient représenter pour les seules ventes 2016 une recette globale de l’ordre de 700 000 €. Si elles se concrétisent. Car si la ville n’a pas en main les promesses de vente signées avec les acquéreurs au moment du vote du budget, elle ne peut les prévoir dans ses recettes et doit donc équilibrer son budget d’une autre manière.

Il serait souhaitable que le débat tourne lundi soir autour de toutes ces questions. Et de bien d’autres. Seul problème : le débat d’orientation budgétaire est en règle générale l’occasion pour majorité et opposition de se renvoyer leurs bilans respectifs à la figure. On est donc assez loin des propositions constructives. Mais dans ce domaine comme en beaucoup d’autres Oloron n’est pas un cas à part. Comment s’étonner après que les citoyens prennent de plus en plus de recul à l’égard de la chose publique ?