Je ne suis pas communiste, mais….


Non : je ne suis pas communiste, mais…. Voilà qui nous éloigne de la chronique oloronaise, cible principale d’Oloronblog ? Pas tant que ça. Mais pour la clarté de la démonstration, il me faut pour commencer vous infliger quelques instants d’autobiographie.

J’avais encore les culottes courtes, les communistes représentaient pour moi l’abomination de la désolation. Pire que les socialistes, c’est dire. Des gens qui n’avaient que la contestation et la revendication en tête et le mot révolution à la bouche. Des sectaires ayant pour seule visée de nous imposer leur « dictature du prolétariat », promesse de lendemains déchantants pour ceux qui ne seraient pas sur la même ligne qu’eux.

Et puis, j’ai été contraint de les côtoyer pour de bon dans le cadre de ma vie professionnelle.Sur le bassin de Lacq qui était alors leur bastion béarnais. Pour preuve, Mourenx, la ville-centre du Bassin, s’est donnée un maire communiste durant 18 ans. Un maire communiste qui a ensuite mal tourné : il a viré écolo.

Le travail avec les élus communistes n’était pas de tout repos. Écartés des instances décisionnelles du regroupement de communes (ça s’appelait à l’époque un district), ils tombaient souvent dans les récriminations victimaires, accusant le pouvoir local en place de satisfaire bien peu de leurs demandes. On peut le reconnaître aujourd’hui car il y a prescription, c’était là des plaintes en bonne partie justifiées. Oui, durant de longues années, et ce n’est là qu’un exemple, l’intercommunalité ne réalisa pas le moindre investissement digne de ce nom sur Mourenx.

D’autres auraient rendu les armes, se seraient dégoûtés devant le peu de cas que l’on faisait de leurs demandes, auraient pratiqué la politique de la chaise vide. Pas eux. Ils continuaient à assister aux séances du conseil, ne rataient pas une occasion d’y pourfendre la politique gouvernementale nationale (les communistes ont en effet la manie de tout rattacher au national), montaient au créneau dès que la moindre inquiétude pesait sur le devenir des salariés du Complexe de Lacq. Un travail de militants que rien ni personne ne saurait détourner de la mission dont ils s’estiment investis.

Toutes ces belles considérations nous éloignent d’Oloron ? Pas du tout. À Oloron, les communistes sont minoritaires. Cela ne les empêche pourtant pas d’être l’un des acteurs principaux du débat citoyen.Qui vient de relancer le dossier sur le devenir de l’hôpital, un dossier que nombre de politiques auraient sans doute préféré traiter de façon beaucoup plus confidentielle ? Qui a fait prendre conscience aux Oloronais de l’injustice fiscale provoquée par la majorité municipale avec sa décision de supprimer les abattements sur la taxe d’habitation ? Qui s’apprête à mettre en place un observatoire pour donner à la population les chiffres réels de la dette  (chiffres qui font l’objet d’une polémique sans fin entre majorité et opposition)… à charge pour chacun d’entre nous de donner ensuite à ces chiffres l’interprétation qu’il voudra ?

Attention ! Il ne s’agit pas ici d’un coming-out politique ! Comment d’ailleurs faire l’éloge d’une idéologie sur laquelle il y aurait beaucoup à redire ? Je veux simplement souligner ici le rôle de ses militants dans la vie démocratique locale oloronaise. Souvent lanceurs d’alerte, parfois poil à gratter, ils savent soulever de vrais problèmes que d’autres sensibilités politiques se gardent bien d’aborder. Sans doute ces autres sensibilités jugent-elles qu’il s’agit là de questions trop sérieuses pour être seulement connues de citoyens.Non, je ne suis pas communiste, n’ai aucune raison de le devenir, mais… j’espère qu’ils continueront à prendre des initiatives pour animer notre vie démocratique locale.

Post-scriptum qui n’a rien à voir avec ce qui précède – Dans un premier mail, les membres du Cesel étaient invités le 19 février à débattre sur l’ordre du jour du conseil municipal (cf mon précédent billet). Machine arrière toute dans un mail d’aujourd’hui qui corrige le précédent : nous ne débattrons plus de l’ordre du jour du conseil, mais nous aurons droit à une présentation de ce qu’est un budget communal, cours du soir dispensé par le percepteur et par la responsable des services financiers de la commune. La démocratie participative avance !

5 commentaires sur « Je ne suis pas communiste, mais…. »

  1. entièrement d’accord avec vous sur les militants communistes oloronais.
    Quant à André C., même si il a « mal tourné », vous ne pouvez pas lui retirer son militantisme, son « désintéressement » et sa dénonciation des injustices, malgré son mandat de 18 ans à la Mairie de Mourenx. Reste-t-il aujourd’hui des élus aussi désintéressés ?

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  2. Je ne retire rien au militantisme, au désintéressement et à la lutte contre les injustices d’André Cazétien. Ce « il a mal tourné » était bien sûr à prendre au second degré. Je suis d’ailleurs persuadé qu’il a dû vivre sa rupture avec le PCF comme un déchirement. Car on ne remet pas en cause ainsi plusieurs dizaines d’années d’engagement au service d’un idéal sans le ressentir comme un échec.

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  3. Expliquer les finances à ceux qui n’en ont pas l’habitude fait partie des objectifs fixés. Comment instruire des dossiers si l’on ne sait pas comment fonctionne un budget ? Par contre, que cela remplace l’ordre du jour initial… Encore une fuite en avant face à la démocratie participative. Il faut avoir bien peu confiance en soi pour agir ainsi.

    Quant aux communistes, c’est vrai, le militantisme a toujours était la règle de base. La méthode est bonne, mais la vision des choses partisane ne peut que nuire à cette méthode. « Le zéro et l’infini »… Et puis je ne peux m’ôter de la tête la vision d’un élu communiste, qui un dimanche midi, après une commémoration patriotique locale, a mangé dans un restaurant de ma connaissance et n’a pas oublié de se faire dresser une facture… Mouais… Bof bof…

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    1. Bof, bof, comme vous dites. Mais faut-il mesurer le militantisme de tous à l’aune de celui-là ?
      Concernant la présentation du budget, c’est une bonne chose. Et puis ça me ramènera à quelques années en arrière, du temps où je faisais ce type de présentation à des élus et à des aspirants-élus, ou à des syndicalistes territoriaux. Mais à mon avis, cette formation serait tout aussi profitable à une bonne partie des conseillers municipaux en place. Non ?

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