Les responsables d’une possible fermeture de la maternité déjà identifiés par le maire


Le compte-rendu du conseil communautaire de la CCPO qui s’est déroulé hier soir laisse entendre que c’est une question d’actualité posée par Robert Bareille qui a constitué le point le plus important de l’ordre du jour. Question portant sur l’avenir plus qu’incertain de la maternité de l’hôpital d’Oloron.

L’occasion pour le maire, président du conseil de surveillance dudit hôpital de se montrer à la fois rassurant et pessimiste. Rassurant quand il déclare que le nombre de naissances enregistrées dans l’année (supérieur à 300) et ses multiples contacts avec l’Agence Régionale de Santé (ARS) n’ont pas de raison de faire craindre le pire. Pessimiste lorsqu’il considère, à juste raison, que la démographie médicale (les médecins ne veulent pas venir à Oloron) devrait poser d’ici quelques années un gros problème.

Et de proposer de trouver des solutions pour inciter les médecins à s’installer chez nous. Il en avance une : leur payer leur deux dernières années d’études en échange d’un engagement de travailler à l’hôpital cinq ou dix ans. Première remarque : le maire ne précise pas qui paierait ces deux années d’études. Seconde remarque : sauf erreur de ma part, les étudiants en médecine effectuent leurs deux dernières années d’études en qualité d’internes en médecine. Et ils sont déjà payés à ce titre.

En réalité, la seule question à se poser n’est-elle pas la suivante : qu’est-ce qui motive le peu d’intérêt pour Oloron quand, je le suppose, Pau ou la Côte basque ne rencontrent aucun souci de ce type ? Tant que ces raisons n’auront pas été identifiées (et le paiement des deux années d’études n’est certainement pas la préoccupation majeure de ces futurs médecins), il est vain de proposer des solutions. Il est de surcroît probable que certaines de ces raisons risquent de mettre à mal notre fierté d’Oloronais.

Qui plus est, le maire a lors de son intervention déclaré la guerre au corps médical de l’hôpital, désigné comme l’ennemi principal du maintien de la maternité. Tout cela parce que le corps médical aurait adressé un courrier à l’ARS pour l’informer de l’état catastrophique dans lequel était la maternité. Première question : s’il arrivait effectivement un gros pépin à la maternité, qui serait le premier à hurler avec les loups en jugeant que le corps médical n’a pas joué son rôle d’alerte auprès de l’ARS ? Seconde question : le rassemblement de toutes les énergies et de toutes les compétences n’est-elle pas préférable au clivage et à la désignation hâtive de coupables ? N’est-ce pas là ce que nous attendons des politiques, à Oloron comme ailleurs ?

3 commentaires sur « Les responsables d’une possible fermeture de la maternité déjà identifiés par le maire »

  1. Un outil local a été mis en place dès octobre 2013 pour rassembler toutes les énergies et toutes les compétences, afin de mieux coordonner les politiques de santé, pour réduire les inégalités d’accès à la santé et aux soins. Cette démarche est inscrite dans le Contrat local de santé d’Oloron- Haut Béarn signé le 18 décembre 2014 pour 3 ans. Le CLS a été conclu avec l’ARS, le Syndicat Mixte du Pays d’Oloron-Haut Béarn, le Département, la Préfecture.
    Le Syndicat Mixte du Pays d’Oloron-Haut Béarn est l’acteur local qui fédère autour de lui, notanment la CCPO.
    Dans les axes stratégiques du CLS, il figure dans l’Axe 3 Promouvoir les opérations de prévention et de promotion de la santé, un item « Améliorer la prise en charge de la grossesse et de la périnatalité ».

    A la lecture du compte rendu de la réunion de la CCPO, sur mon journal préféré du Sud-Ouest, j’ai été surpris que personne n’intervienne, pour rappeler la démarche du CLS , préciser son avancement, indiquer la plus-value attendue. Dommage que les politiques de la CCPO ne relaient pas ces informations essentielles, car l’objectif est  » Agir ensemble pour la santé des citoyens au cœur des territoires »

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  2. J’ai en effet entendu dire que le Contrat Local de Santé (CLS) issu d’une réflexion engagée au niveau du syndicat mixte contenait des préconisations très intéressantes pour tout le territoire en matière de santé. Il faut donc espérer que la CCPO saura un jour pas trop lointain reprendre ces préconisations pour les concrétiser

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  3. Un réveil va sans doute survenir, avec l’annonce dès lundi, de la signature du contrat local de santé de l’agglomération Pau-Pyrénées entre l’ARS, l’agglomération, le Département et l’Etat.

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