Le maire fait « péter » ses galons


Lettre du maire aux riverains Palassou007

« Faire péter ses galons » : expression de l’argot militaire qui désigne – c’est du moins ma définition – une personne qui fait une crise d’autorité du style : « C’est moi le chef, ici ! », phrase qu’elle accompagne d’un coup de menton.

Ce matin, dans les boîtes (avec accent circonflexe) aux lettres de la rue Palassou,les riverains ont trouvé une lettre signée du maire. Objet de la missive : leur rappeler que les bacs à ordures doivent être rentrés après le passage de la benne de collecte. Et une menace à l’appui : les réfractaires qui ne se soumettraient pas à cette obligation subiront les pires représailles. Ils seront  en effet soumis à une « contravention de 1ère classe conformément à l’article 23 de l’arrêté municipal du 05 novembre 2012 ».

Un courrier très administratif, on le voit, qui aurait sans doute mérité une rédaction davantage à la portée de ces pauvres riverains peu au fait du jargon juridique :

  • tous les riverains n’ayant pas l’arrêté municipal du 5 novembre 2012 comme livre de chevet, n’eût-il pas été plus clair de leur préciser à quoi s’exposent concrètement ceux qui ne rentreraient leur bac en temps et en heure ? Et puis, quel est le coût d’une contravention de 1ère classe ? Un rapide tour sur Internet (qui n’a pas question informations la fiabilité de La République !) semble indiquer qu’elle va de 11 € à 17 € (pour les infractions aux règles de stationnement) et peut atteindre 33 € si elle n’est pas payée dans un certain délai.
  • dans les immeubles qui bordent la rue, qui prendra la « douille » si le bac non rentré est utilisé par tous les habitants de l’immeuble ? Le syndic ? Les copropriétaires ? Les locataires ? La société de nettoyage de l’immeuble ?
  • Le camion-benne passant dans le rue Palassou à 5 heures 30 du matin, à quelle heure au plus tard doivent être rentrés les bacs ? À 6 heures du matin ? À 10 heures ?

Que le maire, bardé de ses pouvoirs de police, rappelle les administrés à leurs devoirs, rien de plus normal. Encore faut-il que ce soit dans un langage compréhensible par tous. Et à condition que tous les riverains de toutes les rues de la ville où le même problème est rencontré aient été eux aussi avertis.

Et puis, tant qu’il y était, pourquoi le maire n’a-t-il pas écrit à tous les automobilistes qui garent leurs véhicules sur des emplacements non autorisés. Rien que dans la rue Palassou, les amendes récoltées en cas d’infraction pourraient couvrir une partie du déficit du budget communal !

Un troisième courrier pourrait même être adressé aux riverains de cette rue qui m’est chère : une lettre pour nous donner enfin le résultat du référendum organisé par la mairie avant de décider du maintien ou de la suppression de la mise à double sens de cette voie. Manifestement, il est des décisions beaucoup plus difficiles à prendre que d’autres.

 

4 commentaires sur « Le maire fait « péter » ses galons »

  1. Cela m’amuse car je voulais à travers votre blog entamer une discussion, un dialogue et une réflexion sur les containers de poubelles qui sont laissés toute l’année devant les maisons ! J’aimerais qu’il y ait une prise de conscience de nos concitoyens sur ce probleme !!

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    1. Il y a en effet un problème. Mais il n’est pas interdit de tenter de le régler avec un minimum de pédagogie. Je crains que la manière choisie ici par la commune en soit un peu démunie.

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      1. Apparemment cela ne doit pas arriver dans votre rue
        Être obligé de sortir de sa voiture pour remettre une poubelle le long du mur tous les jours au bout d’un moment cela devient insupportable
        Alors vos commentaires je m’en passe fortement

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  2. Henri, je me suis mal exprimé puisque vous m’avez mal compris. En résumé : j’approuve le rappel à la réglementation ; en revanche je trouve que la manière (courrier rédigé en jargon administratif et juridique) aurait dû revêtir une forme plus accessible et moins comminatoire.

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