Le banc de la discorde


Histoire de montrer sa réactivité et son pouvoir, un maire a parfois tendance à répondre immédiatement à la demande d’un seul habitant d’un quartier, sans se préoccuper de ce que pensent les autres habitants de cette demande. Ce manque de concertation est souvent source de conflits de voisinage. En voici un dans le quartier Notre-Dame, raconté avec la manière par l’un de ses protagonistes, Serge Auré. Pas de quoi fouetter un chat, penserez-vous; peut-être, mais de quoi pourrir l’ambiance dans un coin paisible de la ville.

« Derrière chez moi, devinez ce qu’il
y a ? … Il y avait un banc, le plus beau des bancs,
banc de bois, petit banc de bois derrière chez
moi… »

Et puis, il y a des jeunes, 3 ou 4, des jeunes
filles d’une quinzaine d’année, un peu remuantes,
pas plus vulgaires que TF1 et sûrement moins braillardes
que des supporters de football, mais bon d’accord, un
peu bruyantes quand même…

Il y avait aussi mon papa qui
fumait sa pipe. Quelques fois avec les jeunes écervelées
qui étonnamment s’humanisaient..

Et puis, ceux que l’on
nomme monsieur et madame « tout le monde », de tous
les âges, avec ou sans poussette, le chien en laisse et le
bonjour facile, qui posaient un « cul » et
échangeaient quelques mots..

De longues heures, le banc ne
recevait aucun derrières, mais il se tenait toujours prêt.
Il faut dire que sur cette petite zone verte collée entre
l’ancien et le nouveau quartier, à l’ombre de
quelques arbres qui avaient enfin réussi à pousser, il
savait qu’il aurait forcément son lot de visites
habituelles.

Ce petit oasis est un morceau de la prairie que
M. Lucbéreilh avait consenti à nous laisser lors de la
construction de son magnifique lotissement moderne
« des Pyrénées ».

Et puis, à côté de ce banc,
une nouvelle famille s’installe, un couple ne supportant
pas le langage fleuri des demoiselles posées là! Il
demande à M. le Maire d’enlever le mobiliser urbain pour
chasser la racaille.

Mr Lucbéreilh réagit promptement (y a des
citoyens qui savent se faire entendre) et
le lendemain tout est démonté et repoussé de
l’autre côté du quartier, là, ou probablement la
patience a moins de limite.

Quelques
voisins râlent, s’interrogent, je me fends d’un
courrier et nous voyons arriver un médiateur. Celui ci,
après nous avoir rencontré au moins une fois, disparaît
à son tour.Nous avons été le rechercher, espérant le
trouver sur notre banc, de l’autre côté, mais rien!

Nous
décidons alors de porter notre voix vers les réunions de
quartier, où après une écoute attentive de la
représentante de la municipalité, et des promesses, la
situation reste inchangée.. Le mot d’ordre de la mairie
semble être : « il est urgent de ne rien faire »

Mince, zut et
crotte!! moi qui passe mon énergie à me battre contre
l’implantation de carrières, de militer pour
différentes causes et combats.. Il va falloir lancer la
grande croisade pour juste faire revenir notre banc en
l’honneur de mon père et pour le vieux que je serai
demain et mon envie de voir passer la vie à l’ombre des
ces quelques arbres que j’aurai vu grandir.

Aller,
j’y vais, pétitions, banderoles et pourquoi pas
l’association pour la défense du droit
à s’asseoir dans notre ville

Il y a des jours ou je
regrette d’avoir jeté ma télé

2 commentaires sur « Le banc de la discorde »

  1. Comment les jeunes peuvent-ils respecter l’espace public… si personne ne vient discuter avec eux, partager une boisson, un viennoiserie… Quand les adultes repoussent les jeunes et se plaignent ensuite de leurs conduites… Parlez démocratie, parlez mode de vie. Triste histoire lourde de symbole.

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  2. Nous savons à Oloron qu’il arrive qu’une seule personne veuille dicter ses envies ou volontés à tous, je crois qu’il est maire….
    Mais dans le quartier de Serge ce doit être un gus du genre qui vient habiter à la campagne mais supporte pas le chant du coq qu’il faut abattre…
    Ce sont ceux-là qui veulent améliorer la ville, la rendre accueillante, être à l’écoute de tous….
    Serge je m’inscris à ton association, nous irons pétitionner au marché.
    A moins que tu la fasses tout seul, occupant tous les postes comme le despote à qui tu t’adresses.

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