Création d’un café-librairie à Oloron : le parcours du combattant d’un porteur de projet


« Faire d’Oloron une ville plus attractive ». Voilà l’objectif proclamé par le maire lors de la cérémonie des vœux 2016. Et bien il a du pain sur la planche s’il faut en croire le témoignage un rien désabusé de Bertrand qui a réagi à un commentaire publié par un lecteur, Serge, à la suite de l’article d’hier. Bertrand compte créer un café-librairie. Il nous donne ici un aperçu des difficultés auxquelles il est confronté : aucun encouragement ni de soutien des élus locaux pour l’aider à valider son projet, frilosité des banques, immobilier hors de prix etc. Il faut certes se garder de tirer d’un seul témoignage une vérité générale.Seulement ce témoignage est corroboré par bien d’autres. »

Je laisse la parole à Bertrand :

« Un sujet de « café philo »… Tiens ça m’énerve ça… Pas la remarque de Serge, mais ce qu’elle éveille en moi, en lien avec ce billet, par rapport à mon parcours du combattant pour créer un commerce qui soit aussi culturel, et lieu de discussion. Quand je suis arrivé sur ce territoire, j’ai trouvé cette ville intéressante, jolie, (une fois passées les affreuses entrées de ville) et bien située géographiquement. Tout pour plaire, tout pour entreprendre… Sauf qu’il n’y aucun des élus, de cette mandature ou de la précédente, pour y croire ! Ça se plaint, ça envoie la faute aux autres, ça communique sur tout, ou pire, certain(e)s ne sont même pas visibles, mais au final, rien, nada… . Et je ne parle pas des derniers arrivés en mairie au niveau des services qui s’enferment dans leur tour d’ivoire avec mépris des habitants de cette ville. Si au moins ce mépris n’avait d’égal que leurs compétences, mais même pas… Et si demain l’opposition reprend les rênes rien ne changera.

Tenter l’aventure économique à Oloron tient de l’absurde dans ces conditions. Certes, quand je croise des élus, y compris de la comcom, on me demande si ça va, où en est le projet (pour l’instant au point mort), mais pas un début d’idée pour le faire avancer. Ces élus devraient écouter « carnet de campagne » sur Inter, ou regarder la chaine « Demain.fr » pour se rendre compte que si une petite commune veut maintenir et développer son territoire, il faut qu’elle y mette de l’énergie et accompagne les créateurs ! Il faut des idées, et là, un vrai débat constructif entre majorité et minorité serait utile ! Leurs passes d’armes sont une honte à la politique locale. Ce ne sont pas les grosses boites qui font vivre un territoire, ce sont les PME. Elle fait quoi la Commission économie de la ville ? Là où siège également M.Uthurry ?

Aujourd’hui, si j’habitais sur Ousse des Bois (je cite parce que je connais), je pourrais m’adresser au Club Emploi du Hameau, et trouver des personnes d’expérience pour m’aider à amorcer le projet, avoir un accompagnement, trouver un local, des personnes qualifiées pour me dire s’il est aux normes ou pas (sécurité, handicap). Sur d’autres quartiers, j’ai moi-même développé des réseaux de parrains avec des entrepreneurs fraichement retraités… Mais ici, rien. A tel point que certaines banques ne comprennent pas pourquoi vouloir créer sur cette ville « moribonde » dixit l’un d’eux… Alors Messieurs mesdames les élu(e)s, Monsieur le Maire, Monsieur le Président de la ComCOm, M. Uthurry, si bien placé au niveau décisionnel, quand allez-vous vous bouger vos neurones, et ouvrir vos esgourdes ? Et surtout, innover ? J’ai aujourd’hui plus de communication avec les services de la DIRRECTE* et du ministère de M.Macron, qu’avec vous que je croise tous les jours ! »
*DIRRECTE = Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi. Fermez le ban !

Bertrand poursuit en évoquant la frilosité des banques :

« Commentaire écrit sous le coup de l’émotion… Donc pas très bien rédigé et à peine relu. Il y a beaucoup à dire sur ce sujet, y compris sur les banques (c’est pour ça que je me suis retrouvé en contact avec le ministère et la DIRRECT) qui n’ont guère l’intention d’être réactives quand il s’agit d’Oloron… Aujourd’hui, si je veux être suivi il faut que je lance un crowdfunding qui soit d’un montant conséquent et bien sûr positif à l’arrivée. En clair, que je me démerde tout seul. Quant aux collectivités sur ce sujet, je le répète, nada. A tel point que la seule piste que j’ai c’est de contacter le pays du Haut-Béarn et espérer être éligible au programme LEADER (fonds européens). Paradoxal non ? J’en saurais plus demain sur ce sujet. »

Bertrand clôt ses réflexions par une remarque sur le prix de l’immobilier à Oloron :

« Je pourrais évoquer aussi les prix délirants des loyers, des murs ou des fonds… Par exemple, rue Barthou, à l’angle de la passerelle, les anciens locaux d’un opticien sont à vendre 130 000 euros ! Petite surface dans une rue à l’avenir totalement incertain et qui depuis des années ne draine personne… Certes, chacun vend ce qu’il veut au prix qu’il veut, mais dans d’autres villes et d’autres régions, j’ai croisé des élus qui avaient mis en place une commission chargée de jouer au médiateur entre offre et demande. Ce qui au final permettait au vendeur d’avoir une vente moins élevée mais plus rapide, et à l’entrepreneur de démarrer son activité avec moins de charges sur le dos. J’en ai des idées sur le sujet, d’expérience ou de réflexion, ce qui me rend d’autant plus énervé devant l’absence quasi totale de nos élus à être entreprenants et volontaires sur ce sujet économique. »

Toutes ces difficultés auront-elles raison de la volonté de ce porteur de projet de mener sa création d’activité à bonne fin ? Oloronblog gardera l’œil sur l’avancée de son dossier. Et sur la mobilisation concrète, c’est-à-dire au-delà des simples déclarations d’intention, des autorités locales pour renforcer l’attractivité économique de notre cité.

5 commentaires sur « Création d’un café-librairie à Oloron : le parcours du combattant d’un porteur de projet »

  1. Addenda : j’ai eu rv avec les services de la ComCom pour ce projet (très à l’écoute et très sympa), et savoir concrétement s’il existe des aides locales ou pas pour les porteurs de projets.
    Mais pas avant avoir reçu une petite volée de bois vert d’un élu local qui n’a pas goûté mes propos publiés sur ce blog… Je comprends sa réaction cela dit, il fait partie des élus qui ont, je le crois, un véritable et fort attachement pour ce territoire et qui dépense de l’énergie pour le faire vivre. Mais d’une part, mon coup de gueule était adressé à tous les élus censés nous représenter (et j’en connais plusieurs personnellement dont je me demande aujoud’hui où sont passées leurs belles intentions préalables) ; et ensuite, puisque nous sommes dans un système représentatif, il faut bien de temps à autres, revenir sur les faits et ne pas rester sur les intentions ou les programmes électoraux. Je suis désolé que mes propos puissent heurter, mais je n’en retire aucun ; entreprendre dans et pour cette ville est difficile. Mais si nous avons les mêmes objectifs pour Oloron, il faudrait commencer par regarder dans la même direction. Je sais que ce territoire est souvent susceptible, prompt à rejeter ceux qui osent dire que l’on peut faire autrement… Mais c’est aussi un territoire qui ne peut se passer de forces vives nouvelles sous peine de mourir lentement…

    Les faits aujourd’hui, ce sont les difficultés à entreprendre dans notre pays, et donc à Oloron. Il faut tordre les projets pour espérer trouver des aides ; et quand vous proposez un projet atypique, qui ne rentre pas dans les cases toutes faites, alors là c’est le parcours du combattant. Les banques n’aiment pas ce qu’elles ne comprennent pas tout de suite, et c’est là que les aides locales auraient du sens, parce que pouvant rassurer les banques en donnant une sorte de validation du projet et de son adéquation au local. Si le crowdfuding se développe ce n’est pas par hasard, la nature ayant horreur du vide ; mais faut-il encore que ce soit le citoyen qui donne de sa poche pour aider au développement de son terrtioire quand il paye déjà des taxes et impôts pour cela ? On me dit « c’est comme ça, il faut faire avec » ; ce à quoi je réponds que non, je ne suis absolument pas d’accord, et que si régles n’ont pas de sens, il faut les changer ! Un boulot d’élus, non ?

    Alors au final ? Sous certaines conditions, il existe une aide sur notre territoire : l’Opération Urbaine Collective. Cette opération permet de financer de projets individuels de commerçants et d’artisans (modernisation, sécurisation des locaux, travaux d’accessibilité…) mais aussi d’accompagner des projets collectifs (promotion, communication, événement…). Elle correspond à une subvention de 30% sur un budget d’environ 40 000 euros. Ce n’est pas rien, bien tourné ça peut apparaître comme un apport supplémentaire vis-à-vis des banques, et je pense que nous déposerons un dossier. Mais… Cette aide n’est accordée qu’aux activités ayant déjà une année d’existence… Il n’existe donc rien localement concernant la création, du moins en ce qui concerne les commerces (il existe une couveuse d’entreprises). Et quand je parle de tordre les projets pour obtenir des aides, ça illustre bien mon propos. Je vais donc devoir faire complétement autrement pour que ce café-librairie voit le jour.

    Aucune aide à la création ? Pourquoi ????? Et pourquoi les aides imposent-elles systèmatiquement d’éclater les projets (allez jeter un oeil sur les aides proposées par la Région par exemple…). Un peu de globalité serait peut-être bienvenue, non ? La prochaine fois je vais rencontrer cet établissement étrange qu’est le syndicat de pays du haut-béarn… Sauront-ils m’aider ???? To be continued.

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  2. Il y a un organisme que vous n’évoquez pas : la CCI. La Chambre de commerce et d’industrie n’aurait-elle pas vocation, sinon à vous apporter les subsides que vous recherchez, à tout le moins à vous aider à débroussailler ce maquis des subventions et des démarches ?

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  3. Bien sûr je me suis dirigé vers la CCI dès le début. Mais sincèrement, une fois brossé le dispositif national existant (ACCRE et NACRE)… Ils proposent également des formations de quelques jours à la création. Mais sinon, cela ne m’a été d’aucune utilité. Aujourd’hui, le plus actif sur ce sujet de la création sur notre secteur, c’est l’EPI : Espace de Travail Partagé (14 rue Despourins) qui organise des rencontres entre acteurs et « investisseurs ». Par exemple, le 5 février Gérard Portet, le créateur de cet espace, fait venir l’ADIE.

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