Oloron : qu’elle soit de droite ou de gauche, une opposition municipale pour quoi faire ?


Une lectrice a laissé un commentaire sous le précédent billet : « Et l’opposition locale ? Disparue ? ». Si l’efficacité d’une opposition se mesure à sa capacité à occuper l’espace médiatique, on peut en effet se poser la question. Encore faudrait-il pour ce faire qu’elle ait des choses à dire, cette opposition. Et si, tout simplement, elle ne sortait pas de son silence parce qu’elle n’a rien d’autre à proposer que ce qui est fait aujourd’hui avec plus ou moins de réussite par la municipalité en place ?

Poussons le raisonnement jusqu’au bout. Qu’est-ce qui, dans une petite ville comme Oloron, distingue le mode de gestion d’une municipalité de gauche et celui d’une municipalité de droite ? Y a-t-il, dans une cité qui compte à peine plus de 10 000 habitants, une manière de gauche et une manière de droite d’entretenir la voirie ? de tondre la pelouse ? de rénover les bâtiments scolaires et autres biens du patrimoine communal ? d’assurer l’approvisionnement en eau des foyers ? d’éclairer les rues ? Et cette énumération de tâches qui mobilisent en fait l’essentiel du budget communal pourrait se poursuivre à l’infini. Un signe ne trompe pas : plus de 90% des décisions du conseil municipal, aujourd’hui comme il y a deux ans, sont prises à l’unanimité.

Une idée largement répandue voudrait pourtant que la gauche soit plus sensible dans son action aux questions touchant le domaine social ou le domaine associatif. Si l’on excepte une polémique (la suppression de la subvention à Territoire de Mémoire(s) et de Lutte), l’opposition oloronaise a-t-elle trouvé quelque chose à redire dans ces deux domaines depuis l’élection de 2014 ? Quelle différence faire encore entre la gestion d’une municipalité de droite qui plombe la dette (c’était sous le mandat 2001-2008), qui alourdit sensiblement les impôts ou recrute à tour de bras et la gestion d’une municipalité de gauche… qui serait bien en peine pour critiquer de tels agissements puisqu’elle a agi de même lorsqu’elle était aux affaires. Et vice versa.

En résumé, si droite et gauche administraient la ville de concert, le quotidien des Oloronais n’en seraient guère bouleversé. Qui plus est l’énorme énergie perdue aujourd’hui en combats stériles pourrait être canalisée vers une action plus bénéfique puisque tout le monde tirerait dans le même sens. Mais arrêtons là l’utopie : à droite comme à gauche, à Oloron comme ailleurs, l’idéologie interdira toujours ce genre de consensus. Il y aura toujours, par alternance, une majorité et une opposition. Retour ici à la case départ : une opposition pour quoi faire ?

Au risque là encore de passer pour un doux rêveur, j’attends comme beaucoup de citoyens une opposition (qu’elle soit de droite ou de gauche) non pas qui s’oppose, comme le voudrait son appellation, mais une opposition qui propose. Sous le présent mandat comme sous le précédent, combien de fois l’opposition a-t-elle utilisé son droit de déposer des amendements pour corriger une délibération qui était soumise au vote du conseil ? Non, elle préfère voter contre ou, pire, s’abstenir (l’abstention, c’est le non-choix par excellence).

J’attends aussi une opposition qui joue un rôle de contre-pouvoir. Une opposition qui veille à ce que les élus de la majorité, notamment le premier d’entre eux, n’abusent pas de leur pouvoir. Une opposition qui contribue à l’information de la population, favorisant ainsi une gestion municipale plus transparente. Une opposition qui surveille la bonne utilisation des deniers publics. La loi lui donne beaucoup de moyens pour exercer ce type de missions. Encore faut-il qu’elle s’en donne la peine et les moyens.

En conclusion, j’attends d’une opposition, qu’elle soit de droite ou de gauche, qu’elle s’inspire des propos de l’écrivain Robert Sabatier : « S’opposer n’est autre que proposer. Une opposition sans proposition n’est autre qu’un mouvement d’humeur ». Et qu’elle ait toujours à l’esprit ce mot de l’écrivain suisse Henri-Frédéric Amiel : « Gare à la mauvaise humeur, le dépit l’arrose ».

6 commentaires sur « Oloron : qu’elle soit de droite ou de gauche, une opposition municipale pour quoi faire ? »

  1. Bonne question! ça pourrait faire un bon sujet dans une soirée, genre café philo! Pour la partie de la question concernant « l’opposition », je trouve votre développement pertinent. J’irai jusqu’à pensé que l’opposition reste présente pour garder sa chaise jusqu’au prochaine élection (il faut rester prudent). Par contre, concernant l’opposition gauche/droite, je pense bien avoir repéré « qui est de droite », mais pourriez vous m’éclairer sur « qui est de gauche »?

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  2. Qui est de gauche ? Bonne question ! Je crois que Robert Bareille est de gauche. Pour le reste, je sais qui se dit de gauche; mais qui l’est vraiment, j’avoue ne pas avoir la réponse.

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  3. En total accord avec toutes tes remarques. Il est vrai que le non positionnement de l’opposition lors des conseils municipaux m’a déçu et nous mets dans un embarras dont se serait passé. Facile de critiquer en suite, mais il faut agir….
    Bonnet blanc et blanc bonnet, voilà où nous en sommes 😦

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  4. Un sujet de « café philo »… Tiens ça m’énerve ça… Pas la remarque de Serge, mais ce qu’elle éveille en moi, en lien avec ce billet, par rapport à mon parcours du combattant pour créer un commerce qui soit aussi culturel, et lieu de discussion. Quand je suis arrivé sur ce territoire, j’ai trouvé cette ville intéressante, jolie, (une fois passées les affreuses entrées de ville) et bien située géographiquement. Tout pour plaire, tout pour entreprendre… Sauf qu’il n’y aucun des élus, de cette mandature ou de la précédente, pour y croire ! Ca se plaint, ça envoie la faute aux autres, ça communique sur tout, ou pire, certain(e)s ne sont même pas visibles, mais au final, rien, nada… . Et je ne parle pas des derniers arrivés en mairie au niveau des services qui s’enferment dans leur tour d’ivoire avec mépris des habitants de cette ville. Si au moins ce mépris n’avait d’égal que leur compétences, mais même pas… Et si demain l’opposition reprend les rênes rien ne changera.

    Tenter l’aventure économique à Oloron tient de l’absurde dans ces conditions. Certes, quand je croise des élus, y compris de la comcom, on me demande si ca va, où en est le projet (pour l’instant au point mort), mais pas un début d’idée pour le faire avancer. Ces élus devraient écouter « carnet de campagne » sur Inter, ou regarder la chaine « Demain.fr » pour se rendre compte que si une petite commune veut maintenir et développer son territoire, il faut qu’elle y mette de l’énergie et accompagne les créateurs ! Il faut des idées, et là, un vrai débat constructif entre majorité et minorité serait utile ! Leurs passes d’armes sont une honte à la politique locale. Ce ne sont pas les grosses boites qui font vivre un territoire, ce sont les PME. Elle fait quoi la Commission économie de la ville ? Là où siege également M.Uthurry ?

    Aujourd’hui, si j’habitais sur Ousse des Bois (je cite parce que je connais), je pourrais m’adresser au Club Emploi du Hameau, et trouver des personnes d’expérience pour m’aider à amorcer le projet, avoir un accompagnement, trouver un local, des personnes qualifiées pour me dire s’il est aux normes ou pas (sécurité, handicap). Sur d’autres quartiers, j’ai moi-même développé des réseaux de parrains avec des entrepreneurs fraichement retraités… Mais ici, rien. A tel point que certaines banques ne comprennent pas pourquoi vouloir créer sur cette ville « moribonde » dixit l’un d’eux… Alors Messieurs mesdames les élu(e)s, Monsieur le Maire, Monsieur le Président de la ComCOm, M. Uthurry, si bien placé au niveau décisionnel, quand allez-vous vous bouger vos neurones, et ouvrir vos esgourdes ? Et surtout, innover ? J’ai aujourd’hui plus de communciation avec les services de la DIRRECT et du ministère de M.Macron, qu’avec vous que je croise tous les jours !

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