La CCPO dit oui au préfet – Du bout des lèvres


À huit jours d’intervalle, après la réunion du conseil municipal d’Oloron, voici la séance du conseil communautaire de la Communauté de communes de Piémont Oloronais (CCPO). Et oui, ce n’est pas tout de créer un blog pour narrer quelques aspects de notre vie locale. Encore faut-il l’alimenter et pour ce faire courir des réunions sur des sujets plus ou moins passionnants.

Une évidence : un conseil communautaire de la CCPO ne ressemble en rien à un conseil municipal oloronais. L’ambiance y est beaucoup plus détendue et les débats, car il y en a, se déroulent dans un climat respectueux. À cela, deux raisons. D’une part le président de la CCPO, maître des lieux (il va détester cette appellation ! – tant pis) n’est pas dans le rapport de force et la provocation permanentes. D’autre part, la majorité de la majorité oloronaise, maire en tête(et c’est là sans doute la principale explication de cette atmosphère sereine), y pratique de façon assez régulière la politique de la chaise vide. Par « majorité de la majorité » j’entends les délégués oloronais à la CCPO qui faisaient partie de la liste d’Hervé Lucbéreilh au premier tour des municipales.

Le plat principal qui attend les élus des 24 communes en ce 1er décembre est consistant. Ils sont appelés à se prononcer sur le schéma départemental de coopération intercommunale proposé par le préfet. En clair pour ce qui nous concerne : quel avis avez-vous sur une nouvelle communauté de communes issue de la fusion de la CCPO et des communautés de communes de Barétous, Josbaig, Aspe et Ossau ? Le rapport soumis par la présidence de la CCPO au vote des élus tient en trois points :
– on ne s’immisce pas dans les débats qui peuvent agiter les quatre autres communautés de communes ;
– on tient à ce que les regroupements pédagogiques intercommunaux soient maintenus une fois la grande intercommunalité créée ;
– on trouve le périmètre proposé par le préfet pertinent.

Le débat qui suit la présentation de ce rapport donne l’occasion à de nombreux élus de faire part de leur inquiétude par rapport à l’éventuelle suppression de ces regroupements pédagogiques. Une certaine forme de résignation est perceptible : de toute façon le préfet fera ce qu’il voudra. D’autres élus veulent rester optimistes : nous avons encore une partie de notre sort entre nos mains. Au final, 6 conseillers communautaires votent contre le schéma départemental proposé par le préfet, 6 s’abstiennent et une large majorité se prononce en sa faveur.

Et maintenant ? Au vu des votes des communes et intercommunalités, le préfet va arrêter un projet de périmètre qui après avoir reçu l’aval d’une commission départementale, reviendra pour avis devant les communes et intercommunalités. Au final (je fais court) les nouvelles communautés de communes (la nôtre, la communauté de communes du Haut-Béarn, devrait rassembler 67 communes et 42 000 habitants contre 24 communes et 25 000 habitants pour la seule CCPO) devraient voir le jour le 1er janvier 2017. La route est donc encore longue et le chemin semé d’embûches.

Devinette qui n’a rien à voir avec ce qui précède : quelle personne assistant au conseil d’administration d’une fondation oloronaise a brusquement quitté la séance en claquant la porte, furieux qu’un membre dudit conseil d’administration lui ait dit : « Quand tu avais 7 ou 8 ans, je t’ai filé deux gifles parce que tu étais insupportable. J’aurais mieux fait de t’en donner huit » ? Indice : le furieux est un homme politique de notre ville.

5 commentaires sur « La CCPO dit oui au préfet – Du bout des lèvres »

  1. si la démarche préfectorale à marche forcée peut être critiquée (en fait, il nous reste à peine plus de 6 mois pour réaliser le travail de préfiguration de cette nouvelle intercommunalité : le vote devant intervenir avant le 15 juin 2016), la seule question qui vaille est : a-t-on envie d’élargir notre territoire de projets et de faire ensemble ?
    Il est vrai que le travail de mise en cohérence des compétences et de mutualisation des services est et va être compliqué. Il est vrai aussi qu’il y aura moins de places à l’exécutif pour les élus.
    Mais en matière d’organisation territoriale, je ne crois pas que « small is beautiful » et cette nouvelle intercommunalité rendra le Haut-Béarn plus fort, en terme d’image, d’attractivité et de services rendus à la population. En tout cas, je l’espère …

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    1. Puissent des communes qui se plaignent à juste raison d’une forte diminution de leurs ressources comprendre que leur salut passe par une plus grande mutualisation de leurs moyens, donc par un renforcement significatif de l’intercommunalité

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  2. Otez-moi d’un doute : depuis des années j’entends parler de mutualisation un peu partout et à toutes les sauces ; alors que dans la réalité je vois le millefeuille des structures de toutes sortes enfler un peu plus à chaque fois… Cédric, à titre d’exemple, combien de groupements divers et variés ont à un moment leur mot à dire sur la gestion, par exemple, de la Baïse ?

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    1. a priori, seul le SIVU pour l’aménagement et la gestion des cours d’eau du bassin des baises (sous réserve)
      c’est un des buts de cette réforme : supprimer le maximum de syndicats intercommunaux
      là où je te rejoins, c’est que les réformes ne vont jamais au bout pour les causes que l’on imagine. C’est pourquoi j’étais pour la suppression des départements avec leurs compétences reprises par les intercommunalités et la région (restait le RSA : Région ou Etat ?)

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  3. Il y a aussi le Syndicat Mixte du bassin du gave de Pau. Et même la fédération de p^che pour certaines études. Et il me semble que j’en avais trouvé un quatrième quand je m’intéressais au sujet. Vais le retrouver…

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