Siège(s) de la mairie d’Oloron


À la lecture du titre du billet d’aujourd’hui, certains pourraient imaginer qu’une horde de contribuables mécontents, Robert Bareille à leur tête, boucle tous les accès à la mairie tant que le maire n’aura pas rétabli les abattements sur la taxe d’habitation. Ou bien que les opposants aux carrières du Bager et de Soeix, menés par Jean-Claude Dutter, ont dressé une barricade place Clémenceau à l’aide de rochers empruntés à la carrière d’Asasp, histoire d’obtenir que le maire close dès à présent le dossier. Ou encore que les opposants à la déviation Gabarn-Gurmençon, et au premier rang Martin Rieussec, ont organisé un setting pacifiste (cela va sans dire) à l’entrée de la rue Mendiondou dans l’attente du référendum qu’ils demandent.

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Les quatre fauteuils – Cliquer sur l’image pour l’agrandir

Rien de tout cela. Un siège, c’est aussi un meuble fait pour s’asseoir. Mercredi soir, au sortir d’une conférence, mon attention a été attirée par quatre fauteuils sagement alignés contre un mur, salle du conseil municipal, à deux pas du bureau du maire. Des fauteuils revêtus d’un tissu noir sur lesquels sont tracés, genre graffitis ou tags, un certain nombre de mots. Pas des mots en béarnais ou en français, non. En anglais. Une concession sans doute à la mondialisation.

Trouver un dictionnaire anglais-français. Quelques mots sont simples à traduire : inspiration, vision voyage, passion, concept. C’est un peu plus compliqué pour d’autres : idea = idée ; fashion = mode ; spirit = esprit ; airkey = ? ; restyle = changer de style. Rien donc de révolutionnaire ni de subversif dans cette litanie.

La présence de ces fauteuils est tout de même incongrue en ce lieu. Comment l’expliquer ? Trois hypothèses : 1/ prenant en compte le contraintes budgétaires, la mairie s’est fournie dans un vide-grenier ou une déchetterie. 2/ voulant encourager la création artistique et ne regardant pas à la dépense, la mairie a acheté l’œuvre d’un grand designer, genre Philip Starck. 3/ cherchant à remobiliser ses troupes, le maire a tenu à leur mettre sous les yeux des messages subliminaux leur enjoignant de faire preuve de plus d’idées, d’inspiration, d’esprit, de vision, de mieux manier les concepts, bref, de changer de style.

Depuis Platon, on débat à perte de vue sur la notion du Beau. En art, elle est très subjective. Est-il possible dans le cas présent, quitte à passer pour un inculte attardé, de trouver ces quatre fauteuils particulièrement moches ? Je connais même certains râleurs qui pourraient se dire en les découvrant : « Voyez où passe l’argent des contribuables ! ».

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