Conseil municipal du 23 novembre : notes prises au vol


2 heures 30 de séance pour une réunion du conseil municipal qui, si l’on excepte une délibération, ne changera ni dans l’immédiat ni à terme le quotidien des Oloronais. Ce n’est pas pour autant qu’il n’y a rien à en dire. Voici, dans le désordre, quelques notes prises au vol au fil des dossiers.

Les échanges entre Hervé Lucbéreilh et Jean-Étienne Gaillat dépassent souvent la simple joute verbale entre deux adversaires politiques. S’il est de notoriété publique qu’il y a une animosité personnelle entre les deux élus, l’enceinte municipale est-elle bien l’endroit le plus propice pour régler des comptes ? Se mesurer un matin à l’aube, sur un pré de Saint-Pée ou du Faget, en la seule présence de deux témoins, voilà qui aurait de la gueule !

Les membres de l’ACOBB (association contre les carrières de Soeix et du Bager) étaient venus en nombre. Peut-être dans l’espoir que le maire confirme ses propos du 5 octobre : les premiers résultats des études devaient être connus courant novembre et une réunion plénière sur le sujet décidée en suivant. Si tel était leur attente, ils sont venus pour rien : il ne s’est pas trouvé un seul conseiller municipal pour relancer le maire… qui s’est bien gardé d’aborder lui-même la question.

J’avais parié que le conseil municipal émettrait un avis défavorable sur le projet de réorganisation territoriale présenté par le préfet. Je me suis planté. La majorité municipale a (si l’on excepte trois de ses membres) voté en faveur de la fusion des 5 communautés de communes du Piémont oloronais, de Josbaig, Barétous, Aspe et Ossau. Elle a assorti cet avis favorable de trois conditions ou réserves. C’est l’une d’entre elle qui a amené les élus PS à voter contre : la majorité municipale « exige » que la commune d’Oloron ait de droit un siège au sein du bureau de la future communauté de communes. Le maire se retranche derrière une proposition du préfet pour présenter cette exigence… qui est tout simplement contraire à la loi, comme l’a souligné Jean-Étienne Gaillat. Un Jean-Étienne qui s’est inquiété à juste raison (décidément, je lui trouve bien des qualités aujourd’hui) de l’effet déplorable que pourrait avoir ce type de prétention à l’égard de toutes les autres communes du futur groupement qui craignent déjà qu’Oloron les croque tout cru.

Remarque complémentaire au paragraphe ci-dessus : à la place d’Hervé Lucbéreilh j’exigerais non pas que la commune d’Oloron soit de droit membre du Bureau de la communauté de communes, mais que ce soit son maire qui soit de droit membre du Bureau. Cela lui éviterait à l’avenir la désillusion qu’il a connue en 2014.

Normalement Oloron compte tirer profit de la vente d’immeubles qui ne lui servent à rien. Pourtant le conseil municipal décide de céder à l’entreprise Naya un bâtiment industriel pour un prix de 270 000 € alors que France Domaine l’avait estimé à 370 000 €. Belle affaire pour l’entreprise qui gagne ainsi 100 000 €. Le maire a beau nous expliquer que c’est parce que l’opération permettra de reloger une autre entreprise installée dans un autre local également propriété de la ville qui lui-même pourra être alors vendu, la justification est à la fois un peu confuse et un peu courte.

Toujours concernant les ventes d’immeubles, le maire affirme que la commune a une marge de manœuvre négociation de 30% par rapport à l’estimation de France Domaine. C’est faux. Les marges de manœuvre de la commune sont sans limite, dès lors qu’elle justifie sa décision.

Si la commune vend des immeubles, il lui arrive aussi d’en acheter. Elle a ainsi décidé d’acquérir pour 25 000 € les locaux de l’ancienne coopérative basco-béarnaise. Pour quoi faire ? Le moins que l’on puisse dire, c’est que le projet est un peu flou. En donnant l’impression d’improviser à l’instant la réponse, le maire nous parle d’y installer les trois clubs de vélos, ou des associations (dont France-Portugal… il faut espérer que Madame Godfrin était déjà au courant !). Question subsidiaire : ces travaux de réaménagement qui s’ajouteront aux 25 000 € de l’achat ont-ils été chiffrés ?

Un temps non négligeable de la séance a été consacré aux modifications apportées au règlement intérieur du marché hebdomadaire. Point central du débat : peut-on, doit-on interdire toutes les distributions d’affiche et tracts à caractère politique, religieux, syndical… et autres ? Le maire se fonde sur une décision de la plus haute juridiction administrative française, le Conseil d’État pour démontrer la légalité de sa proposition. Les élus de l’opposition montent au créneau par Robert Bareille interposé. Le maire se laisse convaincre et lâche du lest : il propose de supprimer le « … et autres » et d’ajouter après « politique » les mots « sauf en période électorale ». Et au final, rejoignant en cela Bernard Uthurry qui juge cette interdiction inutile, Hervé Lucbéreilh convient que son respect sera très difficilement applicable.

Question d’actualité pour finir. Par la voix de Robert Bareille, l’opposition demande une réunion pour évoquer la fiscalité et en particulier le rétablissement des abattements. Le maire lui donne rendez-vous début 2016. La loi rend en effet obligatoire, la communication d’informations financières lors du vote du budget. Ce sera sans doute un grand moment où majorité et opposition se renverront à la figure leurs bilans respectifs. Personne n’y comprendra rien et aucune décision ne sera prise. Des échanges stériles, il arrive aussi que ce soit ça, l’exercice de la démocratie locale.

4 commentaires sur « Conseil municipal du 23 novembre : notes prises au vol »

  1. En fait, ce qui m’a surpris, c’est la redéfinition de ce que Mr Lucbereilh appelle le marché, puisque notre Maire précise que celui-ci s’étend jusqu’à l’entrée de la rue Jean Mendiondou. Justifiant cette modification par des propos assez flous.
    J’ai compris le pourquoi par la suite….. Il serait interdit de distribuer des tracts, affiches, etc… sur le marché…… Ni stand, ni brouette comme l’a fait Mr Robert Bareille agissant pour la défense du pauvre contribuable Oloronais.
    La redéfinition du lieu dit « marché » serait-elle un hasard n’ayant pas de relation avec la modification du règlement intérieur de celui-ci ?….
    On aurait pu croire qu’il ne s’agirait que du marché couvert. Dans ce cas, j’aurais pu comprendre, mais dans la rue c’est une entrave à la liberté d’expression…
    Que de bidouillages pour éviter toute opposition.
    Mais au dires de Mr le Maire ce sont les marchands en place qui se sont plaints d’être gênés par trop de pétitionnaires et distributeurs de tracts.
    Un sondage serait intéressant.. Je souris (jaune)…
    Un sondage devrait-être fait? …

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  2. Sur la définition du périmètre du marché : n’ayant en mains ni le règlement initial, ni ses modifications, bien difficile de savoir ce qui a changé. Mais pourquoi, s’il s’agit de ne pas importuner les marchands, le périmètre s’arrête-t-il à l’entrée de la rue Mendiondou ? Il y a en effet pas mal de stand au-delà. Même jusqu’à l’avenue Sadi-Carnot.
    Quant à dire que les commerçants se plaignent d’être importunés, vaste rigolade. Il suffit de se rendre régulièrement sur le marché pour se rendre compte que les distributeurs de tracts sont très rares sur le marché, et en nombre, et en fréquence de présence. Non, cette clause du règlement intérieur, c’est juste le signe d’une réaction épidermique en réponse à l’action humoristique de Robert Bareille.

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  3. En tant que militant contres les carrières, je n’attendais pas de nouvelles déclarations du Maire! Je n’ai donc pas été déçu de ce coté. Par contre je suis de votre avis sur ce triste constat d’un dialogue pauvre qui est plus basé sur l’attaque de l’autre que sur le fond des dossiers (il y avait une conférence sur la communication non violente à la médiathèque d’Oloron jeudi dernier qui aurait fait du bien à nos duellistes). Je vois que dans ce triste constat, nous rejoignons à nouveaux nos interrogations sur la pratique de la démocratie. Tout ce théâtre pourrait prêter à rire (si l’on ne s’est pas endormi avant) s’il n’y avait des personnes à faibles ressources qui en faisaient les frais. Pour ma part j’espère que le Conseil Municipal aura repéré notre présence : nous sommes là!!

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