Accueil des réfugiés : ça bouge aussi du côté de l’opposition municipale


Dans mon billet d’hier, j’évoquais le collectif qui vient de se mettre en place pour permettre l’accueil de réfugiés syriens et/ou irakiens sur Oloron. D’autres initiatives se font jour…. même du côté des élus municipaux. Témoin la lettre que les élus de l’opposition municipale (qualifiée plus justement dans ce qui suit, vu les circonstances de « minorité municipale ») viennent d’adresser à Hervé Lucbéreilh. En voici le texte intégral :

« Monsieur le maire,
Sous nos yeux se déroule actuellement une tragédie d’une ampleur historique.
Il faut revenir aux heures noires des années 30/40 pour trouver un exode similaire et encore, celui que nous vivons reste, par son importance et par ses causes, inédit pour nos pays occidentaux.
Mises en demeure de relever ce nouveau défi, sauf à renoncer aux valeurs qui ont cimenté les pays européens d’après guerre au sein de leur union, les nations s’organisent et sollicitent leur population, leurs régions et leurs communes, pour être à la hauteur de l’enjeu qui est devant nous.
Dans ce contexte, notre ville ne peut pas rester inerte.
Son histoire, ses qualités d’accueil et de solidarité, démontrées pour les réfugiés espagnols et désormais inscrites dans son patrimoine immatériel, obligent ceux qui la dirigent maintenant, à se montrer dignes de leurs prédécesseurs.
Quelquefois, le contexte révèle les hommes qui se grandissent alors, pour se mettre à la hauteur de la situation.
Mais ils peuvent aussi illustrer par leur attitude rabougrie, les propos du général de Gaulle quand il disait:  » A force de raisonner petit, on prend le risque de le devenir »
En tout cas pour nous, le choix est fait, clairement, sans hésitation ni faux fuyants, juste pour pouvoir regarder en face, ces hommes, ces femmes, ces enfants, qui fuient la mort, la barbarie, la soumission.
Ce faisant, nous n’aurons pas à baisser les yeux devant notre propre lâcheté.
Mais il ne faut plus attendre.
C’est ainsi que nous vous demandons, d’adhérer immédiatement au réseau des villes d’accueil qui se met en place, en dépassant les appartenances politiques et de prendre les initiatives nécessaires.
En même temps, vous devez mobiliser les forces vives locales qui voudront s’engager pour participer à la résolution de ce défi.
Nous n’ignorons rien des difficultés, des différences de contexte selon les pays ou selon les territoires, nous restons lucides vis à vis des difficultés que vivent nos concitoyens, nous voyons bien les réflexes de repli et de craintes.
Mais nous préférons faire preuve du courage nécessaire, pour dominer ces réserves que le temps rendra relatives.
Maintenant, il faut agir, simplement, concrètement, c’est la condition qui nous est imposée pour rester des hommes et des femmes qui dans quelques années, seront fiers de leurs décisions et reconnus dans l’honneur par les générations futures.
Nous n’imaginons pas, monsieur le Maire, que vous puissiez répondre par la négative à notre demande.
Les élus du groupe minoritaire du Conseil municipal d’Oloron Ste Marie »

Preuve que la situation est historique, mon interlocuteur se garde de toute polémique quand il précise dans la transmission de ce courrier l’esprit dans lequel s’effectue cette démarche : « S’agissant d’une situation dans laquelle les clivages politiques classiques n’ont pas de sens puisque des communes de gauche de droite du centre et d’ailleurs se portent volontaires, j’espère que notre proposition trouvera une majorité au CM d’Oloron. Connaissant bien nos collègues, nous ne revendiquons pas le monopole de la solidarité et de la compassion, ni celui de l’intelligence devant cette tragédie. Simplement nous voulons que notre ville ressemble à son histoire. »

Un vent nouveau soufflerait-il sur notre ville ? Monsieur le maire saura-t-il aller dans son sens ? N’y aura-t-il aucune velléité de récupération d’une action citoyenne qui doit être avant tout celle de tous les Oloronais quels qu’ils soient ? La mairie apportera-t-elle ses moyens administratifs et techniques pour permettre la réussite de l’opération ? Réponse à toutes ces questions dans les prochains jours.

3 commentaires sur « Accueil des réfugiés : ça bouge aussi du côté de l’opposition municipale »

  1. Belle invite lancée par l’ancien maire d’Oloron. A titre personnel, j’espère qu’elle sera écoutée et suivie d’effets. Mais, et c’est sûrement mon esprit critique indécrotable, je n’ai pas souvenir que les élus socialistes du département (ce qui ne concerne pas M. Uthurry, quoique, ce sont tout de même ses collègues) furent aussi généreux avec les MEI. Ce signe désigne en fait les Mineurs Etrangers Isolés, accueillis par l’ASE, compétence départementale. Au mépris des textes en vigueur, les consignes du département étaient, et sont toujours je crois, de ne pas soutenir le parcours de ces jeunes mineurs. Je parle d’expérience, ayant été responsable du Foyer départemental de l’enfance. Cela donne lieu à des bras de fer réguliers, le mineur au milieu, entre le Parquet qui cherche à faire respecter la loi, et l’ASE qui n’écoutant que ses élus, tentent de ne pas la suivre. Résultat, des mineurs sans papiers, sans indentité, sans existence légale en France pendant des mois. Pourquoi ? Pour ne pas faire « appel d’air » ! Alors je suis méfiant sur les effets d’annonce opportunistes…

    J'aime

  2. C’est votre avis. Cela étant, on peut s’envoyer éternellement à la figure ce que n’ont pas fait les uns ou les autres. C’est une bonne méthode pour ne rien faire.
    Et comme je ne suis le représentant ni de Monsieur Uthurry, ni de l’opposition municipale, je vous laisse débattre avec elle du sujet sur laquelle vous l’interpellez..

    J'aime

  3. Quoi qu’il ensoit, et je parle au niveau national, je suis effaré de la levée de boucliers qui se fait jour et qui dévoilent des relents xénophobes qui n’augurent rien de bon.

    J'aime

Les commentaires sont fermés.