Suggestion humanitaire à l’adresse de Monsieur le Maire d’Oloron


Voilà un sujet qui nous éloigne de la polémique sur le coût des écoles ou l’émoi suscité par le projet menaçant 200 hectares de forêt communale. Voilà un sujet qui nous ramène aux principes de la vie en société et au premier d’entre eux notamment, la solidarité. Qu’est-ce que ce « sermon » vient faire sur ce blog, me direz-vous ?

Peut-être avez-vous entendu parler de la prise de position de 11 maires de la banlieue toulousaine ? Jeudi, ils se sont déclarés « prêts à accueillir » des migrants, après l’image « insoutenable » d’un jeune Syrien mort noyé sur une plage turque. Ajoutant : « Nous connaissons la complexité de la question des migrants, mais nous voulons d’abord réagir en êtres humains, en républicains ».

Et si le maire d’Oloron s’inspirait de cet exemple et prenait lui aussi ce genre d’initiative ? J’entends d’ici les objections : « Oui, on se laisse dominer par la dictature de l’émotion », « Commençons d’abord par soulager les Français qui souffrent », « Nous n’avons pas vocation à accueillir toute la misère du monde », « Nous payons assez d’impôts comme ça », « Fausse générosité » (comme dit ce salopard d’Eric Ciotti) etc. etc.

À n’en pas douter, la réaction des Oloronais serait sur le sujet à l’image de celle de la majorité des Français : défavorable. Mais nous serions aussi un certain nombre à y adhérer, à aider concrètement à mettre en place le projet et même – allez, soyons fous ! – à accepter que les impôts communaux subissent un petit, tout petit coup de pouce pour financer une opération qui ne menacerait tout de même pas l’équilibre du budget municipal.

Monsieur le Maire, vous qui savez aller à l’encontre de la pensée unique, vous à qui il arrive de vous occuper de sujets qui ne relèvent pas directement de la gestion municipale, osez, inspirez-vous de l’exemple de vos collègues toulousains, contribuez à nous faire sortir de notre égoïsme, faites que la commune d’Oloron accueille une famille de réfugiés. Le patrimoine immobilier de la ville devrait d’ailleurs vous permettre de régler immédiatement la question de l’hébergement. Soyez l’élément moteur de cette noble cause. Et si vous le faites, promis, j’arrête de dire du mal de vous.

(actualisé le 4 septembre à 22 heures) Cette suggestion a bien peu de chances d’être entendue : l’association Civitas, dont Monsieur le maire est proche, est à l’origine en ce début septembre d’une pétition dont le titre se suffit à lui-même « Stop à l’immigration – Fermons nos frontières ». Civitas va même jusqu’à qualifier les mouvements migratoires actuels de « fléau pour l’Europe ». Voilà des catholiques qui ont bien assimilé le message d’accueil de l’Évangile !