Projet de carrières : ça va être chaud du côté de Soeix ce 14 septembre !


Lycée agricole de SoeixLe site Amis de la Forêt et du Piémont-Oloron nous apprend qu’une réunion de quartier se tiendra le lundi 14 septembre à 20 heures 30 à la salle du Centre nautique de Soeix. L’invitation est lancée par les membres du comité de quartier de Soeix et du Bager qui précisent que « des représentants de la municipalité y seront interpellés ».

Il convient toutefois de préciser que cette réunion de quartier était programmée de longue date… avant même que le projet de carrières n’ait reçu la publicité qu’il a aujourd’hui.

Ordre du jour principal : le projet de carrières, bien sûr. Il reste à espérer que les « représentants de la municipalité » maîtrisent suffisamment le dossier pour répondre avec précision aux questions qui leur seront posées par l’assemblée. Vu le contexte, le maire n’enverra-t-il au feu que des fonctionnaires sans aucune représentativité ni pouvoir ? Ou bien un adjoint lambda ? Fera-t-il lui-même le déplacement ? Si oui pour faire quelle déclaration fracassante ou promesse mirifique ? Réponses, le 14 septembre.

En attendant, la pression continue de monter. Témoin ce panneau dont la photo (en ouverture de ce billet) m’a été transmise par une lectrice de ce blog, panneau que l’on retrouve également sur la page Facebook « Non aux Carrières du Bager forêts Oloron Sainte Marie ». Apposé sur les grilles du lycée professionnel agricole de Soeix, il témoigne de l’inquiétude exprimée sur le devenir de l’établissement que trois projets concomitants (la déviation, les carrières, le lotissement) menacent d’amputer d’une bonne partie de ses terrains : 20 hectares de moins selon l’inscription portée sur le panneau.

Comme on le voit, le débat ne devrait pas manquer d’intérêt ce 14 septembre au Centre nautique… à condition que les élus municipaux, vu le lieu de la réunion, n’hésitent pas à se mouiller. Rappelons pour terminer que les réunions de quartier sont ouvertes à tous. Rien n’empêche donc tout Oloronais qui veut faire entendre sa voix sur le sujet de faire le déplacement. En souhaitant que partisans et opposants puissent s’exprimer en restant à l’écoute les uns des autres. C’est aussi ça, la démocratie.

15 commentaires sur « Projet de carrières : ça va être chaud du côté de Soeix ce 14 septembre ! »

  1. Intervenant pour cette municipalité comme prestataire, je m’applique en règle générale un devoir de discrétion. Mais je suis aussi habitant de cette ville, mon fils y grandit en partie, et donc, le patrimoine oloronais soulève mon intérêt au plus haut point, sans compter que j’aime la montagne et la nature en général. Comme beaucoup, je me pose des questions environnementales sur ce projet. Mais je n’ai pas les réponses, et actuellement, personne n’en a. Pourquoi ? Parce qu’il faut réaliser les études, faire l’enquête d’utilité publique, et j’espère, des travaux et des débats participatifs. Parce que beaucoup de fantasmes sont déjà audibles aux détours des conversations. De vrais questions, mais beaucoup de fantasmes.

    Pourquoi ? Parce pour des raisons de stratégie personnelle, comme cela semble être le cas ici, certains prennent plaisir à atiser les esprits. Qu’on en juge par cet article qui rêve d’une confrontation avec les élus, et surtout en manipulant un Comité de quartier. Ce n’est pas démocratique, c’est populiste. Je ne viens pas défendre la municipalité, qui n’a aucun besoin de moi pour cela, mais je m’exprime ici en amoureux de la démocratie, respecteux de la parole de chacun quand elle est honnête et franche ; ce qui visiblement n’est pas le cas. Un débat démocratique, que j’imagine dans une dimension agonistique, suppose l’expression de tous librement, sans être manipulé ; l’étude de tous les points de vue, avec l’aide de personnalités compétentes, et bien sûr, une écoute tout aussi honnête et sincère. S’emparer d’un comité de quartier (dont certains membres ont déjà fait savoir qu’il n’étaient pas d’accord avec cet ordre du jour de dernière minute) et l’utiliser à d’autres fins qu’un débat démocratique est simplement déloyal, inique, et desservira toutes les parties par manque de quiètude que le sujet suppose.

    Que ceux qui rêvent de faire flamber cette municipalité en se servant de ce projet (c’est à dire pour l’instant une « projection », pas une réalisation) réflechissent bien aux conséquences possibles. Le risque de voir débarquer des « zadistes » qui n’auront que faire du débat local mais viendront pour s’opposer au système, va vite devenir possible. Quand on allume un incendie, on n’en maitrise jamais les risques. Sivens, en plus d’un jeune homme décédé, et un site dévasté par ces « défenseurs » de la nature en est un exemple. De plus, sur le plan intellectuel, je pose cette question : combien de personnes se sentent réellement concernées ? Un petit groupe au nom de la « démocratie » s’empare de la parole publique et se revendique de la parole de tout un pièmont ? Encore une fois, je précise que ce projet, tel que présenté jusqu’ici, me pose question ; mais je n’oublie pas non plus qu’il y a aussi des enjeux économiques, et des emplois. Nos jeunes n’en ont pas besoin ? Il vaudrait donc mieux plutôt que de hurler, regarder ailleurs ce qui se fait en matière d’extraction, et en fin d’exploitation, ce qui a été réalisé. COmbien de lacs créés pour des raisons industrielles, dont aujourd’hui personne ne voudrait les voir disparaître. Même le lac de Brenelis en Bretagne, créé à l’époque pour une centrale nucléaire et aujourd’hui un lieu incontournable des Monts d’Arrée. Une démarche agonistique idéale serait de prendre en compte tous les avis, et de voir comment y répondre au mieux du projet ; et si cela parait impossible et le résultat trop nuisible, alors là oui, en demander l’arrêt pur et simple. Je ne crois pas que les élus de cette municipalité soient insensibles aux forêts qui nous entourent. Je ne crois pas que quiconque à notre époque autoriserait un projet « salopé ». Un débat démocratique commence par tenter de se faire confiance pour obtenir, non pas un compromis acceptable, mais la bonne solution. Ce n’est pas en piégeant des élus aux détours d’une réunion qu’on obtient cela…

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    1. Merci de votre contribution, Monsieur Liocourt.

      Permettez-moi de déceler une petite, oh toute petite contradiction dans vos propos. Vous invoquez la démocratie participative. Très bien. Mais jusqu’ici, quelle initiative municipale a été prise pour informer la population du projet ? Rien, nada, pas même dans la délibération autorisant les études il n’est fait état du lieu de l’opération. Si c’est ça la transparence….

      Vous préjugez ensuite de la tournure que prendront les débats le 14 septembre. Volant au secours d’élus qui, par parenthèse, sont assez grands pour se défendre eux-mêmes, vous voyez dans ce comité de quartier un tribunal révolutionnaire qui n’hésitera pas à pendre séance tenante haut et court le conseiller municipal qui aura eu le malheur de se glisser au milieu de cette réunion. Pour ce que je pense de la manière dont doivent se dérouler les débats je vous renvoie au dernier paragraphe de mon article. L’avez-vous lu ? Sont-ce là les écrits d’un boutefeu ?

      Je suis persuadé d’une chose : ceux qui ont voulu avancer masqués, qui ont fait en sorte que le dossier reste sous le boisseau, ce sont eux les responsables de la situation actuelle. À eux de la gérer.

      Au début de votre commentaire, vous annoncez la couleur : vous êtes prestataire de la ville d’Oloron. Félicitations : vous ne mordez pas la main qui vous nourrit.

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  2. Je n’avance jamais masqué, et quant à mordre la main qui me nourrit, ce n’est pas un problème pour moi, sinon j’aurais fait une carrière de fonctionnaire 😉 J’ai claqué plus d’une porte dans mon parcours quand j’étais en désaccord déontologique, quitte à bouffer des raviolis pendant quelques semaines. Comme je l’ai écrit, je me pose aussi des questions, mais je sais que les réponses ne se trouvent pas dans l’opposition de principe ni dans la critique perpétuelle. La municipalité actuelle est, il me semble, pour la liaison Pau/Oloron ; moi je suis contre ; mais j’ai fait partie du collectif Code Béarn pour me faire une idée argumentée. Code Béarn est d’ailleurs un bon exemple : jamais de revendication inutile, mais un travail de fond et « d’expertise citoyenne » qui a finit par démontrer à certains élus l’abération du projet. Un bel exemple démocratique.
    Vous voyez, je n’ai aucun scrupule à afficher mes convictions, même à la main qui me nourrit pour reprendre votre expression. Je m’exprime ici en citoyen d’Oloron Sainte Marie, ville pour lequel je souhaite un bel avenir, mais que toutes ces oppositions systèmatiques navrent au plus haut point.

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    1. Total respect pour votre parcours, Monsieur Liocourt, total respect.
      Vous évoquez « un travail de fond et d’expertise citoyenne ». Comment cela pourrait-il être le cas ici en l’état actuel des choses ? Comment les citoyens pourraient-ils exercer leur expertise sur un projet que l’on se garde bien de leur dévoiler ? Pouvez-vous comprendre leur réaction et leur suspicion quand ils découvrent par hasard qu’il se prépare quelque chose dont on ne leur a rien dit ?

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  3. Voilà une remarque plus intéressante. A laquelle je plussoie. Mais en ce qui me concerne je ne doute guère de l’intention municipale de mettre cela en débat. Attention, quand j’écris cela, je ne donne que ma perception, je ne suis pas dans le secret des dieux. Mais pour anecdote, cet été, et surtout au mois d’août, j’ai voulu me faire faire des semelles : on m’a répondu de revenir en septembre ; idem pour un branchement électrique sur ma voiture ; pareil pour le tatoueur ; et je ne parle même pas d’un artisan oloronais de ma connaissance qui laisse en friche une terrasse en construction chez des amis pour partir deux mois en vacances… La France semble s’arrêter en été, et au mois d’août elle est carrément prise d’une crise d’immobilisme, même les radios changent de grilles comme si le monde lui-même connaissait moins de troubles en période estivale. Vous connaissez des mairies réactives en été vous ?… Et franchement, sur ce dossier, il n’y a pas le feu au lac comme on dit chez moi. Qui va piano, va sano. Et la démocratie y gagnera.

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  4. Quant à parler de hasard… Pour qui va régulièrement au COnseil Municipal et/ou lit la presse du lendemain, il n’y aucun hasard, c’était écrit noir sur blanc.

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    1. Alors là, je suis moins d’accord avec votre commentaire. Reprenez la délibération du conseil municipal, relisez le compte-rendu des débats, relisez la presse du lendemain et dites-moi si à un seul moment il est fait mention de la situation du projet dans la forêt du Bager.

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  5. Je ne peux pas argumenter en l’état ce soir puisque le site de la République ne veut pas remonter aussi loin… Quant au site de la ville, il est effectivement (je vous lis parfois) assez daté…

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  6. J’aime bien l’idée d’un futur lac , là même où se trouvent des collines actuellement. Quelle façon de voir les choses…
    Les jeunes ont besoin d’emploi, oui. Démontrez monsieur combien il y a d’emplois directs dans une carrière et en contre partie, combien de perdus, dans les gites, le tourismes , etc…..
    Quel amour de la montagne et de la nature ! Ça m’inspire une vielle chanson de Johnny qui dit « je l’aimais tant, que pour la garder, je l’ai tué  » , requiem pour un fou……
    Tout ceci est bien navrant et ressemble à une argumentation politicienne. Bien des mots, pour ne rien dire et pur fantasme concernant le Comité de quartier . Les citoyens veulent seulement savoir, être au courant, se faire leur propre idée
    …..

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  7. Votre propos illustre bien mon blabla.
    Je ne peux rien démontrer moi-même, mais un travail collectif le pourrait. Cela donnerait une vision objective. Vous connaissez le « Nimby » ? Vous savez, ces gens qui aiment profiter des espaces aménagés dans la nature, à commencer par l’exploitation forestière, mais qui changent de position quand cela se construit chez eux… Logique bourgeoise.

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  8. En fait, le problème est facile à poser, mais la solution difficile à trouver. Le problème : qu’est-ce qui doit l’emporter entre les avantages économiques supposés du projet (les avantages en faveur de l’exploitant en particulier) et ses nuisances prévisibles (à l’égard de l’environnement en particulier) ? La solution : pourquoi ne pas donner la parole à tous les Oloronais en organisant un referendum (ou une « consultation citoyenne ») à l’issue bien entendu d’un débat contradictoire arbitré par des personnes à l’impartialité et à la compétence reconnues ? Cette solution aurait en plus le mérite de mettre en pratique de manière concrète le nouveau dogme communal : la « démocratie participative »

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