Mais à quoi peuvent donc bien servir les conseillers municipaux à Oloron ?


Conseil municipal OloronUne remarque toute récente d’un lecteur de ce blog m’a donné l’idée du billet du jour. Ce lecteur, revenant sur l’autorisation donnée d’étudier l’ouverture de carrières sur 200 hectares de la forêt du Bager, soulignait avec raison que chaque conseiller municipal est responsable de son vote. Il n’y a pas de responsabilité collective derrière laquelle il leur serait commode de s’abriter.

Tout citoyen qui a assisté à une séance du conseil municipal peut en témoigner : il est très exceptionnel qu’un conseiller municipal – hormis ceux de l’opposition, mais c’est bien le moins que l’on puisse attendre d’eux – prenne la parole pour demander une explication, faire une proposition ou même pour expliquer son vote. Ils sont tous là à fourgonner dans leurs papiers, à envoyer des textos, à tailler la bavette avec leurs voisins ou à rêvasser. Ils attendent que ça se passe.

On pourrait trouver une explication à leur désintérêt manifeste : ils ont déjà étudié en commissions les dossiers qui viennent en discussion et n’ont donc plus rien à dire ou à apprendre le soir du conseil. Encore faudrait-il qu’il y ait eu effectivement des commissions préalables au conseil pour aborder les dossiers importants. Encore faudrait-il en plus que, si tant est que ces commissions aient été convoquées, les conseillers municipaux y aient assisté.

J’ai pour ma part une autre explication : face à un maire omniprésent, omnipotent, convaincu qui plus est d’être omniscient, les conseillers municipaux sont totalement démobilisés. Ils sont pris entre un édile qui décide de tout et une technostructure (les fonctionnaires municipaux) qui ne rend compte qu’au maire et considère les autres élus au mieux comme des incapables ou, plus généralement, comme quantité négligeable. Difficile dans ces conditions de mettre du cœur à l’ouvrage. Il y aurait pourtant tellement de manière de les impliquer davantage dans la vie politique municipale. Mais à l’évidence les mots participation, concertation et délégation sont ici rayés du vocabulaire.

Chacun d’entre nous peut se livrer à cet exercice : de combien de conseillers municipaux connaissons-nous le nom ? Je suis persuadé que la plupart des Oloronais seraient bien en peine de citer plus de 5 noms… sur les 33 qui composent l’assemblée municipale. Revenons à la question initiale : à quoi peuvent servir les conseillers municipaux à Oloron ? Réponse : à rien. Pour le moment.

5 commentaires sur « Mais à quoi peuvent donc bien servir les conseillers municipaux à Oloron ? »

  1. Je veux bien croire tes écrits Joël. Je sais que tu parles en connaissance de cause, mais ceci ressemblerait presque à une politique d’un autre temps, lorsque c’était le Seigneur qui décidait 🙂

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  2. Au-delà des considérations théoriques – ce devrait être comme ci, ce devrait être comme ça – il convient d’être pragmatique en la matière : dans n’importe quelle commune, beaucoup de sujets présentés en CM puis soumis au vote sont techniques, sont le fruit d’un ensemble de paramètres liés à tout un tas de domaines. En un mot ne sont compréhensibles que de celui qui les a initiés, de son staff rapproché pour peu qu’il ait bien voulu en débattre avec lui, et des fonctionnaires territoriaux qui de par leur fonction et leur technicité, ont une vision globale du sujet. On voit là que la démocratie directe atteint ses limites, sauf à construire des process lourds et obligatoires d’information préalable des conseillers. Et/ou d’avoir une majorité de conseillers « ordinaires » qui ont et prennent le temps de suivre quotidiennement l’action en cours sur le territoire, questionnent, étudient, etc… Bref on est dans le domaine de l’utopie pure.
    Alors, merci aux citoyens comme Joël de bien vouloir servir de tour de garde, détenant les compétences utiles, y consacrant sans doute pas mal de temps, et ayant le sens de la communication.

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    1. Merci de ce commentaire, Bernard. Je pense pour ma part que toute question, même la plus complexe, peut être expliquée de façon simple (mais pas simpliste !) au commun des mortels. Mais il y a parfois, chez certains élus ou fonctionnaires, la volonté de rester volontairement très techniques : c’est une manière comme une autre de conserver son pouvoir.

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