Une ville n’appartient pas à son maire mais à l’ensemble des citoyens


C’est quand même curieux cette manie qu’ont les hommes de pouvoir de s’approprier les hommes ou le territoire sur lesquels ils sont censés exercer leur puissance. « Mes hommes », dit le colonel en parlant des soldats du régiment. « Mes » collaborateurs, dit le patron en évoquant les salariés de l’entreprise. « Mon » diocèse, dit l’évêque. « Ma » circonscription, dit le député. « Ma » ville, dit le maire. Curieux et, il faut bien l’avouer, un rien agaçant.

Car ni le patron, ni le colonel, ni l’évêque, ni le député, ni le maire ne sont des propriétaires. Ce sont tout au plus des locataires. Ils sont là pour un temps donné. Leur mission ? Administrer ce qu’ils ont reçu de leur prédécesseur, ne pas le dilapider mais au contraire le faire fructifier de façon à transmettre à leur successeur un corps de troupe, une entreprise, une circonscription territoriale encore plus performants.

Restons-en à ce qui est la raison d’être de ce blog, notre ville d’Oloron. Elle n’appartient pas à son maire (pas même la forêt du Bager…. si vous voyez à quoi je fais référence), mais à tous les Oloronais. Et que sont-ils en droit d’attendre de leurs élus et de leur maire au premier chef ? Une ville moderne, inventive, dynamique sans doute. Mais aussi une ville où, les finances étant ce qu’elles sont, on sache dégager les priorités, où l’on ne privilégie pas le bling-bling, le clinquant, les caprices, au détriment du quotidien des administrés. Où l’on organise peut-être moins de concerts et d’animations, mais où l’on s’astreint à un entretien plus suivi des routes, des groupes scolaires etc.

Une ville aussi où l’on prend soin du patrimoine architectural comme environnemental. Oui, la commune est sans doute propriétaire de bâtiments qui ne lui servent à rien dans son activité quotidienne. C’est donc une bonne idée que de chercher à les vendre. Mais comment prétendre en tirer un bon prix si, faute d’entretien, ces locaux se transforment peu à peu en ruines ?

Maison
Un arbuste en toiture
Maison Combellas4
Du lierre à l’attaque de la façade

Prenons l’exemple de la maison Combellas, dont je vous ai déjà présenté dans un précédent billet l’intérieur à l’état d’abandon et en cours de dégradation. Voyez (cf photo ci-contre) le lierre qui monte à l’assaut de la façade. Il y a même un arbuste qui commence à pousser dans la toiture détruisant la couverture d’ardoises autour de lui. Comment escompter obtenir 190 000 € de cet immeuble – c’est la mise à prix par la ville – si on laisse la façade extérieure donnant sur le gave d’Ossau se délabrer ainsi ?

Quel Oloronais ne souhaiterait pas que la municipalité qui sera élue en 2020 soit dans l’impossibilité d’invoquer l’héritage déplorable laissé par l’équipe précédente (c’est le lot de toute équipe nouvelle que d’invoquer la mauvaise gestion de celle qui l’a précédée) ceci avec pour seul objectif de justifier de sa propre incapacité à agir ? Est-ce qu’on en prend vraiment le chemin ?

4 commentaires sur « Une ville n’appartient pas à son maire mais à l’ensemble des citoyens »

  1. Je suis tellement d’accord avec toi Joël. Une Municipalité ne peut pas tout faire. Je dis bien Municipalité, puisque il y a Conseil Municipal et celui-ci est tout aussi responsable de laisser tout et n’importe quoi se faire.

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    1. Je te trouve un peu trop sévère à l’égard du simple conseiller municipal, André. Face à un maire omniprésent, omnipotent et convaincu d’être omniscient, que peut faire le conseiller municipal de base de la majorité qui la plupart du temps est informé par la presse de ce qui se passe en mairie ? Forcément il se démobilise et dit « amen » à toutes les décisions qui lui sont soumises.
      Mais cela n’est pas une excuse. C’est une simple explication.
      En revanche, le conseiller municipal d’opposition devrait à mon avis se montrer un peu plus curieux, chercher à creuser les dossiers, être davantage une force de propositions… même si l’on sait par avance le sort que le maire omnipotent etc. réservera aux dites propositions.

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  2. Ta remarque est très judicieuse Joël, mais je ne saurais rester dans un Conseil Municipal où je ne peux m’exprimer sur aucun dossier. Quel intérêt ?….

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